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Josy Aicha est arrivée aux Comores en 2007. Elle a travaillé comme journaliste successivement pour Al-Balad et Karibu Hebdo. Secrétaire générale de l’association des femmes comoriennes de la presse, elle vient de créer le journal « Femmes des Îles », dont le premier numéro est paru en mai. Interview de la femme du mois.

Quel est votre parcours professionnel ?

Josy Aicha : D’origine malgache, j’ai obtenu une Maîtrise d’histoire à l’université de Tana, en 2000. Après deux années d’enseignement dans une école primaire de la capitale, je me suis ensuite réorientée vers le commerce international. J’ai travaillé de 2002 à 2006 à Maurice, en Thaïlande ou encore à Hong-Kong.

En 2006 je me suis mariée et je suis arrivée aux Comores. J’ai d’abord fait du soutien scolaire avec des élèves de primaire et de 3ème qui préparaient les examens, puis, en 2008, j’ai été embauchée par le journal Al-Balad. Après sa fermeture j’ai intégré en 2015 l’équipe de Karibu Hebdo. C’est en mars dernier que je suis partie pour créer Femmes des îles.

Pensez-vous que l’on parle assez des femmes dans la presse comorienne ?

Les femmes n’ont pas la place qu’elles méritent dans la presse et c’est pour cette raison que j’ai décidé de créer Femmes des îles. La Femme est évoquée lors d’occasions particulières, mais le reste du temps on en parle rarement. Aucun journal n’évoque les sujets qui pourraient intéresser les femmes : la mode, la cuisine, la santé… mais aussi la politique ! Car les femmes ne font pas de la politique de la même façon que les hommes, et la presse doit porter un regard féminin dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres. J’ai d’ailleurs décidé de sortir le premier numéro de Femmes des Îles au moment de l’investiture du gouverneur car je savais que tous les journaux allaient titrer sur lui. Nous avons été les seuls à titrer sur la femme du gouverneur Madame Hassani. De même, lors de l’investiture du Président Azali Assoumani, il y avait beaucoup à dire sur le look de la première dame et c’est un sujet qui n’a pas été traité dans les journaux. En définitive, les femmes ont besoin d’être informées autrement.

Vous dites vouloir poser un regard féminin sur l’actu. Cela veut dire qu’il n’y a que des femmes dans la rédaction de votre journal ?

Non il n’y a pas seulement des femmes : la rédaction est composée de cinq femmes et deux hommes. Les femmes sont en majorité, c’est assez unique dans le paysage journalistique comorien. Dans notre journal nous ne voulons pas seulement parler des femmes en excluant les hommes. Nous parlerons aussi des hommes, mais toujours avec ce souci de rééquilibrer les choses : la Femme reste notre priorité.

Quelles sont les difficultés que vous avez surmontées pour créer ce journal ?

Pour le moment, Femmes des Îles est un hebdomadaire. La première difficulté a été le choix de la périodicité de la publication : hebdo ou quotidien ? La différence c’est la qualité des articles : un quotidien est surtout composé de petits articles, alors qu’un hebdo est composé d’articles fouillés, d’enquêtes, et traite les sujets d’une manière plus profonde. Mais pour faire des articles de fond il faut des journalistes très compétents, alors que mon objectif est aussi de promouvoir le travail de jeunes journalistes tout juste diplômés de l’Université des Comores.

La deuxième difficulté est financière : il est difficile de rentrer dans les frais. Le coût de l’impression est élevé et la vente des journaux ne rapporte pas assez d’argent. Il faut trouver des annonceurs, et ils sont plutôt réticents lorsqu’on les sollicite pour communiquer dans les pages d’un journal.

Nous allons vendre le journal dans les trois îles. Il sera tiré à 1000 exemplaires, car les 500 du tout premier numéro n’étaient pas suffisants.

Vous faites partie de l’association des femmes journalistes. Quel est son objectif ?

L’Association des femmes comoriennes de la presse est une jeune association créée en 2013. Son objectif est de réunir les femmes journalistes et chargés de communication pour qu’elles puissent bénéficier de formations pour se professionnaliser. En cas de problème professionnel nous faisons également front ensemble. Une collègue était par exemple victime de harcèlement au travail et nous l’avons soutenu dans toutes les démarches.

Qu’est-ce qui doit changer pour les femmes dans ce pays selon vous ?

Les femmes doivent apprendre à travailler ensemble et à faire front. Il faut mobiliser et informer pour leur faire comprendre qu’elles doivent se bouger elles-mêmes pour faire bouger les choses. Si une femme se présente à une élection elle ne devrait pas avoir de difficultés à être élue. Après tout nous sommes plus nombreuses que les hommes ! Pourtant aux dernières élections les femmes ont récolté peu de voix, car ici les femmes ne sont pas assez solidaires entre elles.

Avec AmbaFrance Moroni
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