Le chat est sorti, la souris danse

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Le chat est sorti, la souris danse. On aperçoit bien Razida, un jour sur deux, nous servir une petite mise en scène politique, parfois sans même l’orc

LE CHAT EST SORTI, LA SOURIS DANSE


Le chat est sorti, la souris danse

La femme qui semblait avoir anesthésié une partie de l’opposition comorienne vient finalement d’être arrêtée par la gendarmerie de Moroni. Après plusieurs recherches, l’arrestation est enfin intervenue. Il était peut-être temps.

Et voilà qu’un drôle de spectacle commence à se dessiner dans le paysage politique comorien.

Pendant que certains membres de l’opposition commencent désormais à applaudir des travaux majeurs qui avancent dans le pays, une question devient incontournable : mais où est donc passée l’opposition comorienne ?

Le pays est en chantier, comme aime à le répéter haut et fort le grand consultant NONO de la République. Des routes, des projets, des infrastructures : chacun peut désormais regarder autour de lui et constater que quelque chose bouge.

Et pendant ce temps, l’opposition semble chercher son mode d’emploi.

On aperçoit bien Razida, un jour sur deux, nous servir une petite mise en scène politique, parfois sans même l’orchestre qui va avec. Juste de quoi nous distraire quelques minutes, histoire de ne pas complètement oublier que l’opposition existe encore.

Le chat est sorti, la souris danse.

Mais le plus intéressant est ailleurs.

Il fut un temps où certains opposants avaient décidé de ne même pas appeler Azali « président ». Aujourd’hui, les voilà qui semblent entrer progressivement dans la danse, comme si les réalités du terrain avaient fini par rappeler à chacun que la politique ne se résume pas aux déclarations et aux postures.

Et puis il y a cette fameuse phrase attribuée au « grand homme », rapportée dans son entourage : « On va changer la Constitution, ils vont parler deux jours et après ils vont dormir. »

À regarder la scène actuelle, difficile de ne pas sourire.


Car si l’opposition continue à réagir au lieu d’agir, à commenter au lieu de proposer et à applaudir parfois ce qu’elle combattait hier, alors elle risque effectivement de passer son temps à courir derrière l’agenda du pouvoir.

Une opposition qui attend que le pouvoir fasse le travail à sa place finit toujours par devenir spectatrice de sa propre histoire.

Le véritable problème des Comores n’est donc peut-être plus seulement de savoir ce que fait le pouvoir.

La vraie question est désormais : que propose réellement l’opposition ?

Parce qu’entre les petits spectacles politiques, les retournements de position et les applaudissements occasionnels, le peuple pourrait finir par demander quelque chose de beaucoup plus simple :

Qui conduit réellement la voiture, et qui se contente de klaxonner depuis le siège arrière ?

ISMAEL De Charif

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