Depuis quand le dialogue est-il devenu une faute politique ? Le dialogue n'est pas une faiblesse mais un outil politique essentiel. L'ancien ministre
Dialoguer n'est pas trahir : Soutien à Fahmi Said Ibrahim
La grandeur d'une vie politique se mesure au débat, pas à l'attaque! Il est des moments où le silence devient une forme de lâcheté politique.
Face aux attaques répétées de l'ancien ministre Mhoumadi Sidi contre Fahmi Said Ibrahim, je choisis de parler clairement.Oui, j'ai des liens personnels avec lui. Mais ici, il ne s'agit pas d'affect. Il s'agit plutôt d'un homme public et de la qualité du débat politique dans notre pays.
Que lui reproche-t-on exactement ? D'avoir échangé avec le Président de la République, d'avoir fait ce que tout acteur politique responsable devrait faire en dépit des divergences qui peuvent exister avec ce premier? Depuis quand le dialogue est-il devenu une faute politique ?
Depuis quand l'opposition doit-elle se réduire au silence ou à l'invective permanente?
Je le dis sans détour : refuser le dialogue, c'est appauvrir la politique. Et ceux qui en ont fait un tabou ne défendent pas la démocratie, mais la fragilisent.
Après tout, l'histoire, nous enseigne que l'on dialogue même avec ses adversaires les plus résolus.
Faut-il aller jusqu'à rappeler que, dans l'histoire, on a toujours fini par discuter, y compris avec les régimes les plus durs?
Le dialogue n'est pas une faiblesse mais un outil politique essentiel.
L'ancien ministre des Affaires étrangères n'a pas renoncé à ses convictions en dialoguant et a toujours fait un choix politique clair qui est celui du courage, de la constance et de la responsabilité plutôt que les postures faciles. Mais, Monsieur Sidi, visiblement, a fait de Fahmi Said Ibrahim une obsession. Il scrute chacun de ses gestes, chaque prise de position, avec une constance qui dépasse largement le simple désaccord politique.
Et cela interroge. Car en réalité, comme le rappelle la psychologie des affects, la haine et l'hostilité ne sont pas toujours éloignées d'un lien contrarié. On ne s'acharne pas autant sur quelqu'un qui serait insignifiant. Fahmi Said Ibrahim dérange, oui, parce qu'il pose des sujets de fond. Parce ce qu'il refuse les raccourcis. Parce qu'il oblige au débat sérieux dans un espace public parfois dominé par la médiocrité et les postures.
Par la porté de sa vision politique et sa compréhension des enjeux, il suscite naturellement des oppositions. Je considère, pour ma part, que Fahmi Said Ibrahim est aujourd'hui l'un des rares responsables politiques comoriens à donner de la densité au débat public. Qu'on partage ou non ses positions, il élève le niveau des discussions.
A l'inverse, il faut avoir le courage de le dire, d'autres se contentent trop souvent d'occuper l'espace public sans réelle profondeur politique ou intellectuelle. Dans un pays où l'on s'autoproclame trop facilement "leader"sans construction solide de légitimité, cette différence devient de plus en plus visible.
Au final, les attaques passent. Les postures s'épuisent. Mais les idées et les actes restent.
C'est ainsi que l'histoire politique tranche, implacablement !
Said Omar Badaoui

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