Situation de l’ancien président Sambi : Emprisonnement, trahison présumée et perspectives de réconciliation

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La situation de l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi aux Comores : Emprisonnement, trahison présumée et perspectives de réconciliation. En 2016, Sa

La situation de l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi aux Comores : Emprisonnement, trahison présumée et perspectives de réconciliation


Situation de l’ancien président Sambi : Emprisonnement, trahison présumée et perspectives de réconciliation

Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, ancien président de l’Union des Comores de 2006 à 2011, reste une figure emblématique de la politique comorienne.

Rappelons que Sambi est né en 1958 à Mutsamudu sur l’île d’Anjouan, il est un leader sunnite formé en Iran et en Arabie saoudite, souvent surnommé “l’ayatollah” pour son style charismatique et ses liens avec la politique. Son mandat présidentiel a été marqué par des efforts de stabilisation après des années d’instabilité, mais aussi par des accusations de corruption de par ses opposants qui ont resurgi plus tard.

En 2016, Sambi a joué un rôle décisif dans l’élection d’Azali Assoumani à la présidence. Azali, cet ancien colonel putschiste avait déjà dirigé le pays de 1999 à 2006, a bénéficié du soutien électoral de Sambi, originaire d’Anjouan, pour remporter le scrutin dans le contexte de rotation présidentielle entre les îles (Grande Comore, Anjouan et Mohéli). Les deux hommes avaient conclu un accord informel de gouvernance, visant à partager le pouvoir et à respecter le principe de tournante insulaire inscrit dans la Constitution de 2001. Cependant, cet accord a été rompu unilatéralement par Azali peu après un an de gouvernance commune. En 2018, Azali a initié un référendum constitutionnel controversé pour abolir la limite de mandats, permettant ainsi sa réélection en 2019 et en 2024, malgré des accusations de fraudes et des manifestations violentes.

C’est dans ce climat de tensions politiques que Sambi a été arrêté en août 2018, initialement placé en résidence surveillée pour “trouble à l’ordre public”. Trois mois plus tard, il a été incarcéré à la prison de Moroni ( sa résidence devient une annexe ) . Les charges ont évolué : d’abord accusé de corruption liée à un programme de vente de passeports comoriens à des apatrides (principalement des Bédouins des Émirats arabes unis et du Koweït), il a finalement été jugé pour “haute trahison” par la Cour de sûreté de l’État, une juridiction spéciale critiquée pour son manque d’indépendance. En novembre 2022, Sambi a été condamné à perpétuité, une sentence qualifiée de “politique” par la plupart l’ensemble des comoriens rt des observateurs internationaux, qui dénoncent un procès inéquitable et des conditions de détention dégradantes. À 67 ans en 2026, Sambi reste emprisonné, et ses appels à la libération pour raisons humanitaires (il souffre de problèmes de santé) n’ont pas abouti jusqu’à présent.

Le contexte politique actuel offre toutefois une opportunité potentielle de dénouement. Le président Azali Assoumani, réélu en janvier 2024 pour un mandat de cinq ans, a annoncé en septembre 2025 l’organisation d’assises nationales prévues en février 2026 à Fomboni, sur l’île de Mohéli. Cet événement, programmé autour du 17 février – date anniversaire des Accords de Fomboni signés en 2001 pour mettre fin à la crise séparatiste anjouanaise – vise à promouvoir la “réconciliation nationale” et à consolider l’unité du pays. Dans son adresse à la nation du 5 janvier 2026, Azali a insisté sur la stabilité et le développement, invitant à une collaboration étroite entre les acteurs locaux pour un “horizon 2026” émergent.

Pour les opposants et surtout les partisans de Sambi, ces assises représentent une occasion idéale pour Azali de faire un geste de clémence, comme une grâce présidentielle, afin de véritablement incarner la réconciliation. Des voix dans l’opposition, y compris sur l’île de Mohéli qui réclame la tournante présidentielle en 2026, appellent à la libération de figures politiques détenues pour apaiser les tensions persistantes. Cependant, Azali, qui a nié en janvier 2025 toute intention de passer le pouvoir à son fils Nour el-Fath Azali (secrétaire général du gouvernement), maintient un contrôle ferme sur les institutions, et rien n’indique pour l’instant une telle décision.

En somme, l’emprisonnement de Sambi illustre les fractures profondes de la politique comorienne, entre ambitions personnelles et quête d’unité nationale. Si les assises de février 2026 marquent un tournant vers une véritable réconciliation, une grâce pour Sambi pourrait symboliser un pas vers la pacification, mais cela dépendra de la volonté politique d’Azali Assoumani face aux pressions internes et internationales.

Dr ADAM Jimmy
Militant du parti Juwa

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