"Nous avons fait de vous une communauté du juste milieu" (verset 143 de la sourate 2 "La Vache"). Je refuse de lapider Nourdine Mbae le jour de son ma
"Nous avons fait de vous une communauté du juste milieu" (verset 143 de la sourate 2 "La Vache")
Il me plaît de mettre en exergue de ma publication ce verset du Saint Coran pour rappeler que nous devons, en conformité avec notre religion, éviter les excès que ce soit dans nos paroles ou dans nos actes, que ce soit dans le domaine privé ou dans nos relations sociales. Le célèbre poète de l'Antiquité romaine, Horace, avait écrit plus tôt dans son livre titré Satires "Il faut de la mesure en toutes choses".
Je critique la gouvernance politique et économique du colonel Azali alors que je compte dans mon entourage familial des membres éminents de la CRC. Le maire de la commune de Bambao Yadjou, Al Khatub Zainoudine Ahamada, est à la fois mon maître coranique et le mari d'une de mes tantes maternelles. L'un des piliers de ce régime dont je dénonce régulièrement les atteintes aux libertés individuelles et collectives ainsi que la mauvaise gestion est le cousin maternel de ma mère. Houmed Msaïdié était secrétaire général du Mwangaza et ministre du président Djohar. Je m'opposais à ce régime et je publiais régulièrement des tribunes enflammées contre lui dans les colonnes des journaux Al Watwan et l'Archipel.
Msaïdié n'était pas insensible à mes attaques contre son gouvernement mais cela ne l'a pas empêché d'inviter son neveu rebelle à son Madjlis à Maoueni. Je ne me suis jamais rendu à son bureau pour demander une faveur par contre j'ai répondu présent à son invitation. J'ai côtoyé au Madjlis les caciques du Mwangaza sans avoir eu l'impression d'avoir trahi mes convictions politiques. Ma mère est décédée en 2011 pendant que j'étais à Lyon. Malgré la distance, il s'est déplacé jusqu'à Mkazi pour présenter ses condoléances à sa famille paternelle et m'a adressé des paroles de réconfort. Malgré le fait que je n'ai voté pour lui en 2007 lorsqu'il était candidat au poste de Gouverneur de Ngazidja, mon choix s'étant porté sur le Prince Saïd Ali Kemal.
Je l'inviterai demain à mon Madjlis malgré nos divergences politiques. Houmed Msaïdié et Zainoudine Ahamada seront assis à mes côtés. Ce n'est ni le conseiller politique du président Azali ni le maire CRC que je mettrai à l'honneur mais plutôt le cousin de ma mère, mon oncle, et mon Foundi et mari de ma tante maternelle.
J'ai répondu présent au Madjlis de Nourdine Mbae à Mbeni. Comme par une sorte de pressentiment, j'ai évoqué avec l'un de ses amis l'accueil chaleureux que cette ville noble avait toujours réservé à Mouzaoir Abdallah avec lequel j'ai fait mes débuts en politique. Pour ceux qui ne le savent pas, Mouzaoir et Taki s'entendaient parfaitement avant même que ce dernier ne devienne Président et confie à son frère le ministère de l'éducation nationale alors qu'ils avaient dirigé respectivement les deux grands partis politiques rivaux de l'autonomie interne, le RDPC (les Blancs) et l'UDC (les Verts) et alors que chacun d'eux avait des ambitions présidentielles.
Le Prince Saïd Ali Kemal aimait répéter à ses amis la générosité et le sens de l'accueil de Saïd Hassane Saïd Hachim alors qu'ils n'étaient pas du même bord politique.
J'ai assisté au Madjlis de Djaafar Ahmed Saïd Hassane (lorsqu'il était procureur général) lors de son mariage avec la nièce de Mouzaoir Abdallah. Ce dernier distribuait à la tribune des enveloppes d'argent aux villes et villages invités au Madjlis en compagnie de Moustoifa Saïd Cheikh. Le leader du FD n'a jamais été tendre envers Chehou mais les 2 personnalités ont su mettre de côté leurs divergences politiques pour donner de l'éclat au mariage qui scelle l'union de leurs familles. Je ne pense pas que Moustoifa, l'un des piliers du Mdjidjengo, avait trahi ses camarades de lutte en s'affichant à la tribune aux côtés de Mouzaoir Abdallah qui était nommé président de la cour constitutionnelle par Azali et en honorant le Madjlis du procureur général nommé par le Président de l'Union.
Je m'inscris dans l'esprit d'ouverture et de tolérance de ces illustres prédécesseurs dans le combat politique. Je refuse de renier ma famille de sang le jour où je dois partager mon bonheur avec ceux qui font partie de mon histoire personnelle. Je refuse de demander à la vendeuse de Volo Volo son parti politique avant de lui acheter son poisson. Je refuse de prier seul, "par précaution" au motif que j'ignore l'obédience politique de l'imam. Je refuse d'accepter que la politique détruise toutes les relations sociales. Je refuse de considérer celui qui n'est pas d'accord avec moi comme un ennemi qu'il faut humilier voire éliminer physiquement.
Je refuse de lapider Nourdine Mbae le jour de son mariage traditionnel.
Abdourahamane Cheikh Ali
Mkazi Bambao

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