Présidentielles de 2019: Abbas El-had veut que l’opposition renonce à la politique de la chaise vide pour combattre Azali

Abbas El-Had: "Des stratégies" à l'opposition pour 2019 Ancien ministre de la justice et de la fonction publique, Abbas...

Abbas El-Had: "Des stratégies" à l'opposition pour 2019

Ancien ministre de la justice et de la fonction publique, Abbas El-had veut que l’opposition renonce à la politique de la chaise vide pour combattre Azali lors des présidentielles de 2019.

Il estime qu’avec ou sans l’opposition, les élections seront validées au même titre que les assises nationales et le referendum. Il n’a pas manqué dans son intervention avec Agoi de réclamer l’indépendance de la justice et l’autonomie du CNPA, tout en appelant aux tenants du pouvoir de faire montre de retenue.

Il n’en demeure pas moins qu’il a sympathisé avec la CRC, le parti au pouvoir. Abbas Mohamed El-had, de son nom complet, a fait un long entretien avec l’animateur vedette Abdallah Agoi. Il s’est prêté aux questions du patron du feu La Baraka FM et des internautes qui suivaient en direct cette émission via Facebook.

D’emblée, Agoi et ses confrères de Radio Kaz ont dans une moindre mesure prêché pour leur paroisse. En effet, leurs stations radios respectives étant fermées, Agoi et son confrère de Radio Kaz ont demandé à Abbas El-had ce qu’il en pense des fermetures arbitraires des organes de presse par le gouvernement. Il se trouve qu’Abbas El-had, cumulativement à ses fonctions de ministre de la justice, assurait pendant plusieurs mois l’intérim du ministre de l’intérieur en 2016, pendant la période électorale.

Presse et élections

Sa réponse est très sèche. Sans concession. « Le CNPA (Conseil national de la presse et de l’audiovisuel) est mis en place justement pour éviter la mainmise du gouvernement sur la presse. C’est une structure autonome. Que les autorités lui laisse la latitude de jouir de son autonomie », répond celui qui se jette des fleurs pour n’avoir « jamais » fait montre d’immixtion dans la presse durant son bref séjour à la tête du ministère de l’intérieur chargé de l’information « en dépit des quelques dérives dont [il a] été victime ».

En guise de morale à l’endroit de son successeur Mohamed Daoudou réputé brutal, Abbas El-had assure qu’ « un ministre est le serviteur des citoyens » et qu’à cet effet, « chaque décision doit placer le citoyen au centre ». Sinon, «les décisions arbitraires pourraient coûter cher au gouvernement ». Se voulant équilibriste, il dit néanmoins regretter ces « atteintes répétitives à la vie privée» notamment sur les réseaux sociaux.

Le président en exercice ressasse à longueur les partielles d’Anjouan après le second tour des présidentielles. Une décision qu’il garde sur le cœur et à cause de laquelle il semble en vouloir aux autorités de l’époque. Interrogé à ce sujet, l’ancien ministre en charge des élections n’est pas allé par quatre chemins pour tirer son épingle du jeu. « La gestion des élections a été assurée par le président actuel alors que les votes sont surveillés par la CENI », devait-il se défendre. Pour mémoire, à l’issu des irrégularités constatées au premier tour, les candidats ont du réclamer des garanties avant le deuxième round. Ministre des élections, Abbas El-had s’y est appliqué.

Il a présidé cette séance qui débouchera sur le protocole d’accord du 15 mars 2016, en vue du deuxième tour. Ce pacte permet aux candidats de participer à la conception et la sécurisation du logiciel commun à la CENI, à la Cour constitutionnelle et au ministère chargé des élections. Le candidat Azali avait comme représentant l’actuel ministre de l’intérieur lequel, satisfait, estimait que l’accord était « gage de la paix et de la stabilité du pays ». Reste à savoir si en 2019 les opposants d’hier feront preuve d’ouverture dans la sécurisation des élections pour justement la paix et la stabilité du pays.

Sur le même sujet, Abbas El-had jette des piques aux dirigeants actuels lesquels, pendant les élections de 2016, tiraient à boulets rouges sur la Commission électorale. Pour l’ancien ministre, il ne croit pas que « si Djaza (Ndlr, le président de la CENI) avait commis des bavures, il se serait fait reconduire à son poste ». L’ironie est là-dessus explicite. Abbas El-had, toujours pour sa self-défense, rappelle que si volonté de voler des élections était sienne, il l’aurait fait en faveur du candidat grâce à qui il était membre du gouvernement. Entendez par là Mohamed Ali Soilihi, candidat de l’UPDC, le parti au pouvoir à l’époque, battu à plate couture par le tandem CRC-JUWA.

Updc et justice

Le parti UPDC traverse aujourd’hui une crise. Deux fronts sont nés. Le premier conduit par Mamadou, à la tête de l’opposition. Le second, conduit par l’ancien ministre des affaires étrangères Mohamed Abdoulkarim, sympathise avec le régime.« Moi, j’ai mon autonomie à moi. L’UPDC devait organiser un congrès pour faire le bilan de l’échec moral, financier (et politique), hélas ça n’a jamais été le cas. Les élus du parti ne font que suivre les desiderata du gouvernement au lieu de hausser le ton contre les licenciements et autres actes de ce régime » regrette-t-il. Autre amertume, la division que connait son parti. «Abdou Nassur et consorts qui sont dans la mouvance présidentielles sont venus me voir. Je leur ai dit que bien que le mandat des membres actuels a expiré, nous n’avons pas à nous éparpiller au risque de faiblir ».

Pour ce qui est des sempiternels coups contre les autorités de l’Etat, Abbas El-had n’a point économisé son verbe. Ses cibles ? Et l’exécutif et la justice. Les deux n’ont reçu aucun cadeau de sa part. En effet, il trouve «inconcevable » que les autorités gouvernementales s’empressent à designer des coupables sur une affaire « avant même qu’une enquête ne soit ouverte ». « On ne peut donner un jugement sans procès. Sinon les autres vont en profiter pour dire que ce sont des règlements de comptes. Il faut que les responsables se ressaisissent pour éviter ces jurisprudences dangereuses». Au passage il regrette que les insurgés qui ont semé la terreur à Anjouan aient obtenu le pardon présidentiel alors que certaines personnes « soupçonnées d’avoir voulu commettre des actes » sont jetées en prison.

Il se demande aussi, pourquoi les procès traînent « alors que la justice dit détenir des preuves irréfutables ». Ici il veut évoquer le cas Sambi et des autres prisonniers politiques. La justice a beau assurer avoir des éléments suffisants pour les inculper. Bizarrement, aucun des prisonniers n’est encore condamné. S’il est d’accord que «toute personne, président ou autre» ayant eu à exercer des responsabilités dans ce pays doit rendre des comptes, il insiste sur «l’impartialité» de la justice. Mais également son «indépendance». Une indépendance qui avait commencé à se dessiner avec notamment la mise en place du conseil de la magistrature, aux oubliettes aujourd’hui «alors que ça réduirait les pressions et l’immixtion politiques». 

La crise politique

Le climat politico-institutionnel tendu actuel est le corollaire de l’enterrement de la Cour constitutionnelle selon l’ancien ministre. A l’entendre, Azali a mis la charrue avant les bœufs en s’en prenant à la Cour avant le referendum. « Le régime en place avait bien démarré son mandat avec notamment l’énergie, les infrastructures…On sentait que le pays allait dans la bonne voie. Mais depuis l’affaire de la Cour constitutionnelle, mais aussi les assises, tout a basculé. Les partenaires sont inquiets. Il y a tant de choses qui ternissent l’image du pays. Au regard de tout cela, j’appelle à un dialogue sincère, entre comoriens. Je trouve dommage qu’il faille internationaliser nos querelles internes. Il faut laver nos linges sales en famille. Ce n’est pas normal que chaque régime s’adonne à massacrer le précédent ».

Lui, ministre de la fonction publique, avait recruté des milliers de personnes dans l’administration publique en période électorale. Aussitôt arrivé au pouvoir, le régime d’Azali s’est brutalement débarrassé de ces agents, reprochant à l’ancien régime d’avoir recruté pour faire élire son candidat. « Je ne connais aucun régime qui a réussi à échapper aux pressions politiques en pleine campagne électorale. Quand j’étais directeur de cabinet du ministre des finances sous Azali I, nous avons recruté massivement à la Douane. Malheureusement les Comoriens n’ont pas voté notre candidat. Alors en 2016 nous avons fait la même chose. Et je ne regrette pas d’avoir donné des emplois à des jeunes Comoriens. ET quand il faut le refaire, je le referai », assume-t-il.

Il recommande à l’opposition la meilleure solution pour 2019. «L’opposition doit mobiliser la communauté internationale pour que les élections soient transparentes comme c’était le cas en 2016. La politique ne se fait pas avec passion. Il faut des stratégies ». Seul bémol, l’idée de la sécurisation des élections par la communauté internationale est rejetée par le régime, estimant que «le pays n’est pas en conflit pour faire appel aux partenaires ».

Par TM, ©quotidien Masiwa

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