Discours d'Ikililou sur la célébration du Point d'achèvement de l'Initiative Pays Pauvres Très Endettés

Allocution de Son Excellence Docteur IKILILOU DHOININE Président de l'Union des Comores Sur la célébration du « Point d'achèvement d...

Allocution de Son Excellence Docteur IKILILOU DHOININE Président de l'Union des Comores Sur la célébration du « Point d'achèvement de l'Initiative Pays Pauvres Très Endettés » (IPPTE)
 

Fomboni, le 23 /12/ 2012
Honorable Assistance, Il est des moments dans la vie où l'on se dit que notre passage sur cette terre doit avoir servi à quelque chose. En poussant cette réflexion un peu plus loin, on peut même conclure que c'est probablement le sens de la vie ici-bas.
Persévérer pour donner un sens à notre passage sur terre. Servir à quelque chose. Avoir le sentiment profond qu'on a accompli une mission d'intérêt général, sans euphorie. Se dire qu'on s'est battu, qu'on a donné le meilleur de soi-même, c'est là tout le sens de la vie de l'homme.
D'ailleurs, en tant que croyant, c'est-à-dire un être créé par Dieu et dont la seule mission sur terre se résumerait en : « Servir Dieu le Tout-Puissant », quel puisse encore être son rôle sinon servir les hommes et les femmes de ce bas monde, la société de cette vie éphémère, ou la Umma de ce passage pour l'eternel ?

Mes chers Compatriotes,
Nul doute que vous savez l'objet de ce grand Rassemblement ici, à la place de la Réconciliation Nationale, à Fomboni, capitale de l'Ile de Mwali, la plus petite des îles de l'archipel des Comores. C'est avec une grande fierté, un réel plaisir, une reconnaissance envers tous les Comoriens ainsi qu'à l'égard des pays amis des Comores et des organismes internationaux, partenaires au développement des Comores, qu'ensemble, avec toute la population de Mwali, nous vous accueillons.
Soyez les bienvenus !
Je voudrais donc avant tout, remercier la population de Mwali, les autorités militaires et civiles de l'Ile, notamment le Gouverneur de l'île, mon frère Mohamed Ali Saïd, des dispositions prises pour cet accueil chaleureux et fraternel.
L'évènement que nous sommes venus fêter aujourd'hui peut être qualifié de seconde indépendance de notre pays ; une indépendance économique et financière.
En effet, notre pays, les Comores, a accédé à la souveraineté le 6 juillet 1975. En y accédant, le monde était déjà en pleine guerre froide où il fallait s'aligner soit à l'EST, soit à l'OUEST et subir le jeu dangereux de la course aux armements.
Géopolitiquement, cette situation menaçait inéluctablement la sécurité internationale avec des conséquences gravissimes.

Au même moment, l'Afrique, notre continent, s'émancipait. L'Organisation de l'Unité Africaine s'est fixée comme objectif d'aider les pays africains sous le joug colonial à se libérer. Affranchis, les nouveaux Etats africains se retrouvèrent tributaires du monde dans tous les domaines.
Prenez quelques instants pour imaginer toutes les difficultés que rencontrèrent les Pères Fondateurs de l'OUA, ainsi que les premiers Chefs d'Etat africains qui ont eu à gérer les premiers jours, mois et années, des indépendances.

C'est exactement ce qui s'est passé chez nous, aux Comores.
Je voudrais d'ailleurs, en passant, saisir cette opportunité pour rendre un hommage appuyé au Feu Président Ahmed Abdallah Abdérémane, ainsi qu'à tous ceux qui l'ont accompagné tout au long de son combat politique pour la renaissance de notre pays.
Mais également, à Feu Président Ali Soilihi pour les efforts considérables déployés avec ses compagnons pour la consolidation de l'Unité de notre pays. Ils ont, ensemble, posé les bases d'une réflexion responsable pour un développement de notre pays.
C'est donc parce que les Pères fondateurs de l'OUA ont fait le pari de mobiliser toutes les bonnes volontés s'appuyant sur la solidarité africaine d'abord, ensuite internationale, que notre pays, à l'instar de tous les Etats Africains nouvellement indépendants, a bénéficié d'une aide sous forme de dette publique, d'environ 10 milliards de nos francs.
Cette somme fut destinée à mettre en place une politique de décentralisation accélérée, en vue de préparer le pays à un vaste programme agricole dont l'objectif principal fut l'autosuffisance alimentaire.
Pour atteindre cet objectif, les autorités du moment ont pensé à la mise en place des structures collectives régionales ou villageoises devant gérer cette manne financière. Les principaux bailleurs furent la BAD et la BADEA.

Ensuite, ce fut le retour au pouvoir du Feu Président Ahmed Abdallah Abdérémane avec une nouvelle vision pour le développement du pays.
Ce fut en 1984, que ceux qui géraient le pays présentèrent leur stratégie de développement pour la décennie 80.
Six (6) Axes sont formulés pour soutenir ladite stratégie. Il s'agit de l'Autosuffisance alimentaire, du désenclavement des îles, de la production énergétique et l'approvisionnement en eau, de la politique sanitaire et démographique, de la formation et de l'aménagement du territoire.
En plus, il était prévu de promouvoir les investissements du secteur privé grâce à une banque de développement dont l'installation était prévue pour octobre 1981.
En attendant l'arrivée d'experts pour tout cela, le gouvernement Ahmed Abdallah Abdérémane avait commencé à réfléchir sur un plan intérimaire qui devrait voir le jour dans les mois qui suivaient la définition du programme global.

Honorable Assistance,
Cette stratégie de développement pour la décennie 80 selon les six axes définis, était assortie de programmes de développement sectoriel. Dans le cadre de la politique d'autosuffisance alimentaire, l'élevage et la pêche occupaient une place prépondérante.
Outre un projet avicole d'une valeur de 2,3 millions de dollars financé par le FED, le PNUD et l'UNICEF, qui permit de produire annuellement 4 millions d'œufs et 325 tonnes de viande de poulet, un projet pour l'élevage des bovins était mis en place.
Ce dernier fut prévu pour l'aménagement d'une unité de production de 5.000 hectares à Sangani en Grande-Comores.
Il s'agissait d'une unité expérimentale pour étudier concrètement les possibilités d'extension sur les hauts plateaux.
Pour la pêche, un accord de prêt de 5,1 millions de dollars US pour la période 1981 à 1986, fut signé entre les Comores et la Banque Africaine de Développement (BAD).
Ce projet prévoyait l'acquisition de vedettes motorisées pour le remorquage des pirogues vers les zones poissonneuses et l'installation d'un matériel frigorifique pour la conservation des prises.
Le gouvernement fédéral entreprit diverses actions dans le domaine agricole pour le même objectif de l'autosuffisance alimentaire.

Dans ce cadre, le projet « cocotier » financé par la banque mondiale pour une valeur de 5,2 millions de dollars de 1980 à 1985, visait à augmenter la production de la noix de coco, et par conséquent celle du coprah, en éliminant la population de rats qui détruisait environ un tiers de la récolte.
Le projet « maïs » financé par le Fonds européen de développement (FED) pour 3,1 millions de dollars de 1978 à 1982, se proposait, lui, d'étendre et d'améliorer la culture du maïs qui rencontre aux Comores de bonnes conditions d'adaptation.
Le but final du gouvernement était de substituer, dans l'alimentation de la population, le maïs au riz qui est importé et d'en tirer ainsi d'évidents avantages en termes de valeur ajoutée et d'économie de devises. Ce choix du maïs avait été dicté par les conditions écologiques favorables et par les habitudes de consommation locale.

D'autres projets tels le développement de la riziculture ici à Mohéli où les conditions sont plus favorables qu'ailleurs, ou l'aménagement des salines furent identifiés.
Outre l'aide non remboursable du FED, les Comores étaient signataires de la Convention de Lomé II entre l'Union Européenne et les Pays ACP et, à ce titre, elles bénéficièrent notamment des dispositions du titre II, « Stabilisation des Recettes d'exportation » et du titre III, « Coopération Financière et Technique ». Elles bénéficiaient également des dispositions générales en faveur des Etats ACP les moins développés, enclavés et insulaires.
Le système de stabilisation des recettes d'exportation (STABEX), permit la stabilisation des prix des quatre produits agricoles à savoir ylang-ylang, vanille, girofle et coprah, suite aux fluctuations annuelles des récoltes et prix mondiaux.
Pour le développement de toutes ces activités dans le domaine agricole, de l'élevage et de la pêche, le gouvernement fédéral avait mis en place un centre de conception de coordination et d'appui au développement rural, le CEFADER, au niveau national, qui était assisté au niveau des îles par plusieurs centres secondaires (CADER).

Ces organismes jouaient un rôle crucial dans l'exécution des projets et la vulgarisation agricole. Dotés de l'autonomie financière, ils fournissaient au prix coûtant aux producteurs les semences sélectionnées, les engrais, le petit matériel agricole, les animaux, etc.
Les autorités nationales du moment avaient également compris que sans des infrastructures portuaires, aéroportuaires ainsi que des routes désenclavant nos îles, il était utopique d'imaginer les Comores s'en sortir des défis énormes auxquels notre pays faisait face, après son indépendance unilatérale.
C'est d'ailleurs la raison principale pour laquelle elles ont décidé d'emprunter encore pour la construction en eaux profondes du port international de Mutsamudu que nous venons de baptiser Port International Ahmed Abdallah Abdérémane.

Mesdames et Messieurs,
J'entends comme vous, ici et là, les uns et les autres, s'interroger sur l'utilisation de tous ces fonds qui ont constitué un fardeau lourd à porter pour notre pays.
Je comprends parfaitement que nous nous questionnions sur le bien-fondé des choix économiques faits par nos prédécesseurs.
Mais aujourd'hui, s'agit-t-il vraiment de faire le bilan de plus de 37 ans d'indépendance juste pour se réjouir machiavéliquement des résultats qui ne correspondraient pas à nos espoirs ?

Mes Chers Compatriotes,
cela n'est plus possible. La raison réside sur ce qui s'est passé dans l'environnement international depuis les années 90.
Le temps n'est plus pour cela. Il fallait vite agir et suivre la marche du monde.
En effet, la fin de la guerre froide et ses bouleversements ont complètement changé la face du monde. Toutes les anciennes règles qui régissaient le monde ont subi des modifications profondes.
L'universalité du monde comme ses attributs se sont affirmés davantage et même les considérations par lesquelles se basaient les relations internationales ont également changé.
Le respect des droits humains naturels, des libertés collectives et individuelles ont pris le dessus sur les violations des droits de la personne humaine. Le recentrage de l'homme, de l'individu en tant qu'élément fondateur de l'humanité, est redevenu l'évidence pour tous les Etats.
Cette évolution de la pensée humaine en faveur de l'équité, de l'égalité mais surtout de la transparence, a conduit les Etats dits modernes à réajuster leurs relations avec les Etats dits du Sud.
C'est ainsi que l'aide au développement est conditionné désormais à la capacité du pays intéressé à respecter les principes universels de l'état de droit.
En effet, jusque dans les années 1980, la politique européenne par exemple, consistant à lier la coopération économique à la promotion de l'État de droit, la démocratie, des droits de l'Homme n'était guère la pratique.

Cette tendance reposait probablement sur une certaine éthique de réparation postcoloniale et la bipolarité mondiale issue de la Guerre froide impulsait une logique de non-ingérence dans les affaires politiques et constitutionnelles internes des pays bénéficiaires des financements internationaux.
L'inconditionnalité des financements se trouvait ainsi posée dans les statuts mêmes du Programme des Nations Unies pour le développement.
La fin du communisme et l'implosion du Bloc qui l'incarnait, mit fin à cette pratique. Notre pays, les Comores, comme par hasard, traversait au même moment, une de ses périodes noires que les Comoriens ont du mal à oublier.
Comme si la nature s'acharnait contre notre jeune Nation, ceux qui s'étaient installés chez nous comme les maîtres, les mercenaires qui faisaient la pluie et le beau temps, avaient franchi l'impensable : Ils venaient d'assassiner le Président Ahmed Abdallah Abdérémane.
Les Comoriens, tolérants mais épris de justice, ont demandé le départ des mercenaires et l'organisation d'une Conférence Nationale Souveraine devant mettre en place un cadre institutionnel répondant à leurs aspirations légitimes.
Feu Président Saïd Mohamed Djohar et ceux qui l'ont accompagné, déclarèrent le multipartisme comme le système politique viable devant désormais conduire notre pays vers un développement équilibré de nos îles.
C'est précisément à partir de ce moment que les Comoriens ont commencé à réaliser les défis face auxquels leurs dirigeants allaient devoir trouver des solutions appropriées.
Des nouveaux concepts ont fait leur entrée dans la vie quotidienne de nos concitoyens et le plus éloquent fut ce mot, le plus redouté des partenaires sociaux : Programme d'Ajustement Structurel, le PAS.

Chers Compatriotes,
Aujourd'hui nous sommes en droit de revoir notre appréciation aux mesures drastiques d'assainissement qui nous ont été imposées par la force des choses. Il s'agissait clairement de décider sur notre survie. La question fut très simple :
-  sommes-nous capables de sauver l'avenir de nos enfants ?
-  Sommes-nous conscients de la gravité de la situation dans laquelle se trouve notre pays ?
Je voudrais, du haut de cette tribune, ici à Fomboni Mohéli, à la Place de Réconciliation Nationale, en tant que premier Président des Comores, originaire de la plus petite des îles de l'archipel des Comores, exprimer au nom de la Nation, toute entière, toute notre reconnaissance vis-à-vis de tous ceux qui ont pris ces décisions courageuses.
Qu'Allah le Tout-Puissant accorde à tous ceux qui nous ont quittés toute sa bénédiction. Que ceux qui sont avec nous aujourd'hui, trouvent en ces mots notre très sincère gratitude.
Qu'ils soient tous rassurés : la Nation toute entière est fière d'eux.
En effet, marier la démocratie à la bonne gouvernance économique et financière pour un pays qui avait pris de très mauvaises habitudes basées sur le clientélisme, ne fut pas chose aisée.
Rappelez-vous, dans certaines circonscriptions électorales pour des élections législatives, il a fallu organiser des troisièmes et même des quatrièmes tours pour départager les candidats. C'est dire oh combien fut laborieux notre apprentissage de la démocratie politique !
Mais les Comoriens comme tout peuple insulaire, ont persévéré tout en respectant les engagements pris vis-à-vis de leurs partenaires au développement.

Il a fallu assainir le fichier de la Fonction publique et détecter les intrus ainsi que les faux diplômes ; il a fallu surtout traquer les dépenses folles ordonnancées mais en dehors de l'orthodoxie financière. Passer de l'Etat-providence à un Etat responsable.
Une véritable guerre contre l'opacité dans la gestion des entreprises publiques comme dans l'administration ainsi qu'une course à la montre pour une maîtrise de nos finances publiques furent simultanément engagées par les autorités comoriennes.
Mais encore une fois, la malédiction s'abattit sur notre pays avec l'éclosion du séparatisme, ce cancer foudroyant qui tue à coup sûr tout pays qui l'eût connu.

Honorable Assistance,
Feu Président Mohamed Taki Abdoulkarim n'a jamais eu l'opportunité de mettre en œuvre la politique pour laquelle les Comoriens l'avaient élu démocratiquement. Les réformes économiques engagées par son prédécesseur furent stoppées, afin de gérer le séparatisme, cette crise identitaire qui a failli effacer de la carte du monde notre archipel pourtant paisible.
Ainsi, il est très difficile de porter un jugement cohérent à la gestion financière de cette partie de l'histoire de notre pays.
D'ailleurs plus de 70% de nos recettes étaient directement affectées à la gestion de la crise séparatiste.
Pour cette raison, les fonctionnaires de l'Etat n'avaient perçu que quelques trois mois de salaire pour une année budgétaire. La dette publique n'était plus payée. Les projets communautaires, FADC, Santé III et Education III, furent successivement fermés et les bailleurs de fonds avaient fini par déserter les Comores.
Voilà ce que le séparatisme nous a fait perdre ! Faisons en sorte que cela ne se reproduise plus jamais ! Cependant, Feu Président Mohamed Taki fut un illustre homme politique. Un homme qui avait le sens de l'honneur et de l'humilité.
Je voudrais rendre hommage à l'homme politique qui n'a jamais abdiqué dès lors qu'il s'agisse de la défense de notre patrie.

Comoriennes, Comoriens,
C'est ici, à la place de la Réconciliation Nationale, que le 17 février 2001, en présence de la Communauté Internationale, que les Comoriens ont signé l'Accord de Fomboni.
C'est cet accord qui est le fondement du nouveau cadre institutionnel qui régit désormais l'Union des Comores.
Je voudrais donc en votre nom, rendre hommage à l'ancien et premier Président de l'Union des Comores, le Colonel Azali Assoumani et à tous ceux qui l'ont accompagné ainsi qu'à Feu Abass Djoussouf, ancien Premier Ministre pour l'Opposition Nationale, au Lieutenant-colonel Saïd Abeid Abdérémane pour l'Autorité d'Anjouan, à Messieurs Ali Toihir pour la Grande Comores, à Saïd Ali Bacar dit Astuce pour l'opposition à Anjouan, à Feu Issamidine Adayane pour l'opposition à Mohéli et à Mohamed Fazul pour Mohéli, tous signataires de l'Accord de Fomboni.
Pendant cette période de reconstruction institutionnelle, en dépit des difficultés évidentes liées au nouveau cadre institutionnel mis en place, les autorités du moment aussi bien au niveau national qu'insulaire, n'ont pas ménagé leurs efforts pour le retour aux Comores des principaux bailleurs de fonds notamment le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale.
D'ailleurs, notre pays connut sa première croissance positive dépassant le 1%. Nous ne pouvons pas omettre le travail scientifique harmonieux auquel personnellement j'ai pris part en tant que directeur d'un projet communautaire, qu'ont accompli les Comoriens pour l'analyse et le constat de la santé économique du pays.

Le retour au paiement régulier des salaires ainsi que les avancements des fonctionnaires furent pour tout un chacun la fin d'un cauchemar.
Après le Sommet Extraordinaire des Nations Unies en 2000 à New York où furent adoptés les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), notre pays s'est engagé résolument pour la conception d'une stratégie de lutte contre la pauvreté.
Pour y parvenir, plusieurs réunions techniques à travers tout le pays, furent organisées par le Commissariat au plan avec l'appui de nos partenaires au développement notamment le Système des Nations Unies.
Les résultats obtenus nous ont tous choqués dans un premier temps ; ensuite, nous avons pris conscience de notre responsabilité commune si nous ne nous engageons pas promptement et résolument dans la lutte contre la pauvreté.
En effet, il a été constaté que l'évolution de la situation économique des Comores au cours des années qui précédaient cette évaluation, a été caractérisée par une croissance économique faible en termes réels, inférieure à 2 % en 2004.

En raison de la forte croissance démographique qui se situait toujours au-dessus du taux de croissance de l'économie, le taux de croissance du PIB réel par habitant, a continué à chuter.
Cette faiblesse enregistrée au niveau de la croissance de la demande globale s'expliquait par plusieurs facteurs dont la chute de la consommation des ménages. Enfin, la détérioration de la balance commerciale qui s'expliquait par la chute des exportations, attribuable à la baisse des prix de certaines cultures de rente, en particulier de la vanille, et par l'augmentation rapide des importations.
Malgré une politique monétaire prudente et une croissance relativement faible, l'inflation avait progressé, notamment en raison de la hausse du prix du pétrole au niveau international et de la forte croissance de la consommation de biens importés. Cette dernière étant soutenue en bonne partie par les transferts de la diaspora.
Je voudrais rendre hommage à nos compatriotes qui vivent à l'extérieur pour leur apport considérable à l'économie du pays.
Dans l'ensemble, les grandes tendances des finances publiques étaient les suivantes : Une stagnation des recettes budgétaires. Les recettes fiscales avaient diminué sensiblement sous l'effet d'une contraction de la taxe unique sur les produits pétroliers.
Par contre, les recettes non fiscales avaient crû de 12 % grâce à une augmentation des bénéfices des sociétés d'État.

Déjà en 2005, selon les projections réalisées par la Direction du Budget du Ministère des Finances du moment, la croissance du Produit Intérieur Brut devrait atteindre 2,8 %.
La progression serait cependant très variable d'un secteur d'activité à un autre. Il est anticipé que les secteurs de l'agriculture, des travaux et bâtiments et de la pêche seraient parmi les secteurs qui afficheraient les meilleures performances.
C'est donc dans ce contexte que notre pays allait se doter du Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté (DSRP).
Une stratégie ciblant les potentiels de croissance, en particulier les sphères économiques des groupes vulnérables et pauvres de manière à réduire la pauvreté de façon durable sans pour autant négliger les dimensions sociales essentielles qui auront été identifiées.
Une stratégie transversale qui assure une forte intégration de l'environnement macro-économique et des politiques et programmes sectoriels de manière à mieux saisir les dimensions qui caractérisent la pauvreté et proposer des interventions novatrices qui s'attaquent aux multiples causes qui entravent la croissance et la réduction de la pauvreté.

C'est à partir de ces principes que la stratégie a été élaborée en quatre phases : La première phase avait pour objectif de mettre en place le dispositif institutionnel de pilotage du processus d'élaboration de la stratégie et trois Comités ont été créés.
La seconde phase a consisté en l'établissement d'un diagnostic de la pauvreté et en l'analyse des perspectives de croissance sectorielle.
Au cours de cette phase, les ressources humaines nationales ont été mobilisées et mises à contribution à travers des consultations, notamment pour élaborer les études macro-économiques et sectorielles.
La troisième phase a porté sur l'identification et la priorisation des axes stratégiques et des programmes prioritaires.

Au cours de cette phase, une série d'ateliers techniques ont été organisés aussi bien dans les îles qu'au niveau national pour la synthèse.
La quatrième phase a consisté en la validation du document intérimaire de la SCRP. Pour cette validation, les appréciations à divers niveaux ont été recueillies, notamment auprès des comités d'Orientation, de la communauté internationale, de consultants nationaux et du comité Technique.
Le Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté a pris en compte l'évolution de l'environnement économique aux Comores.
Après son adoption, l'ensemble des autorités du pays ainsi que les diverses composantes de la population se sont mobilisés pour la tenue de la conférence des bailleurs de fonds à Maurice.
La conférence de Maurice s'inscrivait en droite ligne avec les résolutions pertinentes de l'ONU, notamment la résolution 58/120 de l'Assemblée Générale, avec la décision du Conseil Exécutif de l'Union Africaine (doc. EX.CL/106(V) qui invitait dès le mois de juillet 2004 la Commission de l'UA, en concertation étroite avec les autorités mauriciennes et l'Afrique du Sud, à apporter tout l'appui nécessaire pour relancer les préparatifs en vue de la tenue rapide de la conférence.
Elle est partie intégrante des accords de Fomboni et de Beït Salam sur la réconciliation nationale.

Mes Chers Compatriotes,
Encore une fois, vous remarquez bien que notre pays a traversé plusieurs phases difficiles mais concluantes.
L'élection en 2006 à la magistrature suprême de mon prédécesseur, Ahmed Abdallah Sambi, fut le couronnement et l'ancrage définitif de notre pays dans la démocratie. Des élections libres, transparentes et acceptées par tous, sont les résultats du travail de tout un peuple qui a pris en main son destin.
Malgré les difficultés politiques que le pays a connues encore une fois, durant cette période, peu à peu mais sûrement, nous avons pris l'ascendant sur les défis à relever.
Je vous épargne les péripéties politiques et les difficultés que les autorités nationales ont rencontrées durant les quatre ans de la seconde tournante pour imposer enfin et d'une manière irréversible la paix dans notre pays.

En effet, les mésententes, les conflits ainsi que les discours contradictoires qui caractérisaient les rapports entre le Président de l'Union et les Présidents des Iles, portèrent beaucoup de préjudices à notre pays. Sur ce, des décisions lourdes de conséquences ont été prises pendant cette période où la Réconciliation Nationale issue du processus de Fomboni a failli s'interrompre !
Les Comoriens ont vaincu la peur ! Nous avons su, avec notre savoir-faire habituel, faire la guerre sans la faire véritablement et obtenir la paix sans faire la guerre !
Je rends hommage au deuxième Président de l'Union des Comores, mon frère Ahmed Abdallah Sambi qui a su trouver les mots justes pour consolider l'unité de notre pays. Je voudrais encore une fois remercier tous les Comoriens qui l'ont accompagné pendant cette période complexe où très sincèrement, à un moment, nous avons tous douté de notre capacité à nous frayer un chemin de sagesse.

A cet effet, mes Chers Compatriotes, je manquerai d'équité si je n'adressais pas à l'Ensemble de nos Forces Armées, au nom de la Nation toute entière, nos félicitations. Qu'elles trouvent ici toute notre sympathie, notre reconnaissance et notre fierté.
Permettez-moi d'adresser une mention spéciale à la population de Mwali qui a su réclamer son droit constitutionnel dans la foulée et l'obtenir dans la dignité sans tomber dans le piège du séparatisme primaire qui pourtant la guetter.

Des efforts louables d'assainissement de nos finances publiques mais surtout avec une diplomatie active qui a ouvert notre pays à des nouveaux investisseurs, nous ont permis d'éviter le pire.
Notre pays a bénéficié par exemple, grâce à la solidarité internationale, des avantages des fonds post conflits ; il a atteint en 2010 le point de décision, dernière étape avant le point d'achèvement ; il a bénéficié des avantages du « Club de Paris » en 2009 .Un accord cadre de partenariat fut signé entre la France et les Comores, ainsi le projet PASCO a vu le jour.
Je voudrais remercier notre partenaire bilatéral principal, la France, pour son engagement à nous apporter toujours son appui.
La Conférence de Doha fut le couronnement du nouveau dynamisme impulsé par les autorités comoriennes du moment.

Honorable Assistance,
Nous voici aujourd'hui réunis, comme un jour de 6 juillet 1975, mais cette fois-ci, avec un symbole fort, car à Mwali, la plus petite des Comores, pour célébrer notre victoire sur plusieurs maux qui gangrenaient notre cité, notre maison commune, Les Comores.
Les sacrifices consentis des années durant, les humiliations subies des décennies entières, les inquiétudes qui ont marqué nos visages, les peurs qui trahissaient notre quiétude habituelle, tous ces maux sont vaincus.
Je suis venu vous annoncer que nos principaux partenaires au développement, les institutions financières et monétaires internationales, viennent de déclarer le point d'achèvement de l'Initiative Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE).
Cela est obtenu grâce à l'amélioration des performances budgétaires du aux efforts de mobilisation des recettes fiscales et le faite de contenir les dépenses soutenu par le gouvernement. Depuis mon élection je me suis assigné comme mission l'assainissement des fiances publiques.
Permettez-moi de vous rafraîchir la mémoire sur ce programme ambitieux mais qui demande encore une fois d'autres sacrifices.

Comme je l'ai expliqué plus haut, c'est au lendemain de son indépendance, que notre pays anciennement colonisé s'est logiquement et massivement tourné vers le marché des capitaux pour emprunter des ressources additionnelles nécessaires au financement des grands travaux d'investissement.
Mais au début des années 1980, vont se produire une série de chocs extérieurs défavorables (hausse des taux d'intérêt, baisse de prix et de la demande des exportations des produits de base, hausse des prix à l'importation,resserrement du crédit extérieur et chute du cours du dollar américain) qui vont durement affecter les Pays En Développement (PED) dont le nôtre, et contribuer à l'émergence de leur crise d'endettement.
C'est dans cette mouvance générale que notre pays s'est retrouvé fortement endetté et contraint de se soumettre par la suite, aux programmes des Institutions de Bretton Woods.

Mes Chers Compatriotes,
Cette victoire obtenue aujourd'hui, est l'œuvre de nous tous : Gouvernements, Parlements, Corps Constitués, Partenaires Sociaux, Sociétés Civiles, Partis Politiques et Citoyens.
Soyons modestes ! La décision du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale, n'est qu'un encouragement.
Nul doute que nous allons devoir prouver que nous avons enfin pris conscience du danger de la dépense irréfléchie et de la gestion opaque.
Le pays a donc besoin d'un nouveau souffle et je compte l'impulser en accompagnant le Ministère de l'Economie et des Finances qui vient de faire adopter par l'Assemblée de l'Union la loi des finances 2012-2013.

Je voudrais saisir cette occasion pour adresser mes félicitations au Vice-président en charge du Ministère de l'Economie et des Finances, Monsieur Mohamed Ali Soilihi, pour son engagement personnel à servir son pays. Je voudrais également adresser mes très sincères remerciements aux autorités de la Banque Centrale des Comores, qui nous accompagnent toujours par leurs conseils hautement significatifs.
Aussi, je profite de cette opportunité pour saluer le travail formidable qu'accomplissent chaque jour nos députés. Elus du peuple, vous avez un rôle particulièrement décisif à jouer ! En tant que législateurs mais surtout parce que vous êtes investis d'un pouvoir de contrôle de l'action gouvernementale,

je compte beaucoup sur vous pour concrétiser cette victoire du peuple.
Sans vous, nous ne serions pas là où nous sommes aujourd'hui.
J'ai entendu vos remarques et je les ai comprises. La nouvelle année 2013 que nous allons débuter sera celle des changements et des décisions importantes pour notre pays.
Je demande à tous les Comoriens, Elus, Fonctionnaires, Militaires, Policiers, Société Civile, de m'accompagner dans cet élan.

C'est aussi grâce aux pays amis des Comores que nous sommes parvenus au point d'achèvement de l'Initiative Pays Pauvres Très Endettés.
Alors, mes Chers Compatriotes, je voudrais leur exprimer toute notre reconnaissance. La République Populaire de Chine qui nous a toujours accompagnés durant ces moments difficiles par des aides multiformes, la France par son appui constant surtout auprès de nos partenaires économiques et financiers, le Qatar, l'Arabie Saoudite, le Japon, le Koweït, le Maroc, le Soudan, ainsi que les Organismes spécialisés des Nations Unies coordonnés dans notre pays par le PNUD. Une mention spéciale est dédiée à la Banque Mondiale et au Fonds Monétaire International. Rassurez-vous, Représentants des pays amis et des Organismes Internationaux, nous savons maintenant la valeur de la solidarité internationale.
Nous sommes fiers d'appartenir à la Communauté des Nations et sommes déterminés à prendre la place qui est la nôtre.

Nous avons tiré les leçons de notre passé difficile. Nous sommes persuadés que vous allez continuer à nous appuyer dès lors que nous respecterons nos engagements.
Voilà pourquoi je demande aux Comoriens de rester modestes, de continuer à fournir des efforts, de mesurer les sacrifices pour ne pas tomber dans le piège.
J'ai confiance en vous, mes chers compatriotes !
Ensemble, nous allons continuer à remporter des victoires pour que les générations futures vivent dans des conditions meilleures.

Vive la solidarité internationale !
Vive la République ! Vive les Comores !
Beit salam

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Discours d'Ikililou sur la célébration du Point d'achèvement de l'Initiative Pays Pauvres Très Endettés
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