Mayotte - Un mea culpa général pour sortir du conflit

PARTAGER:

Les journalistes ont été plongés au c½ur de l'origine du conflit lors de la conférence de presse de l'intersyndicale de vendredi : ...

Les journalistes ont été plongés au c½ur de l'origine du conflit lors de la conférence de presse de l'intersyndicale de vendredi : il ne s'agissait plus de prix de la viande, ou si peu, mais de ranc½urs accumulées, de faillite d'un système où les Mahorais ont souvent été considérés indignes d'une cinquième roue de charrette… Mais attention à la manipulation.
Chacun doit être écouté dans ce conflit, et non pas seulement entendu... 
«Seule la baisse des prix de la viande, du gaz, du sable (gravillon, parpaing, des produits fabriqués à Mayotte) permettront une suspension de la grève »… et voilà les 3 produits de retour dans la négociation, alors que nous rappelons qu'il était question le 17 octobre d'inscrire la viande, seul produit qui posait problème, en étude de l'observatoire des prix, c'est à dire hors mouvement. Autre nouveauté, « nous demandons toujours un cadre légal des négociations » signaleBoinali Said Toumbou, Cisma CFDT, après que le député Abdoulatifou Aly ait martelé que les accords signés par FO et l'AFOC ne dépendaient que de la bonne volonté du patronat. On l'a vu, les prix des ailes de poulet ont déjà monté chez un des distributeurs de la place (« Des dégâts irréversibles »).
Le médiateur Stanislas Martin avait donné le matin même le compte rendu de sa mission à la presse, avant remise du rapport à la ministre de l'Outre-mer mardi. « Il n'y a pas d'arnaque sur le prix de la viande » a-t-il signalé (voir « La viande révélatrice des failles de l'économie mahoraise »), alors que les leaders syndicaux ne comprenaient pas pourquoi la presse était informée, pas eux : « nous avons compris que nous sommes dans une négociation par médias interposés » s'exclamait Soulaimana Noussoura, CFE CGC. De fait, Stanislas Martin nous confirmait lors de sa conférence de presse en matinée « ne pas avoir appelé les syndicats ». Un médiateur qui a travaillé sous pression de la rue, les journées de mercredi et jeudi ayant été de nouveau ponctuées de violences autour des barrages, plusieurs personnes se faisant caillasser.
Pour Boinali Said, leader de l'intersyndicale, « les groupes qui tenaient les barrages doivent organiser des discussions au sein de chaque commune pour que le peuple se réapproprie le débat sur la cherté de la vie ». C'est un des problèmes en effet : le discours n'ayant pas été assez sensibilisateur au départ, les manifestants de la base ont du faire fermer les commerces pour forcer les gens à intégrer le mouvement, les nombreuses agressions d'automobilistes dont nous avons publiées les photos en sont le témoin.
Mais la vérité est sortie de la bouche de Boinali quelques minutes plus tard : « nous assistons à une transition : avant quand nous négociions avec les entrepreneurs nous étions souvent floués. Aujourd'hui, la contradiction est possible même si elle est encore faible », en rajoutant « le conflit social créée des droits et fait progresser l'histoire »…
Quel homme d'Etat mahorais?
C'est une des nombreuses frustrations (« Le climat de violence s'explique par des décennies de frustration »), renforcées par une absence de débat autour de la départementalisation attendue comme le Messie (« Sous les mabawas les cactus ») et pour lesquelles l'Etat français est aussi responsable que les élus locaux. Car quelle est la personnalité qui sort du lot ? Qui va sortir la tête du conflit pour donner des orientations, pour calmer les casseurs qui blessent les automobilistes ? Quel est le Mahorais qui va tirer les conclusions de l'anéantissement de l'économie mahoraise, mais aussi des questions utiles que le conflit aura mis en avant ? Personne. Parce que l'Etat français n'a pas su laisser les élites se former. C'est au niveau de l'école primaire que tout se joue, mais aucun investissement en homme n'est fait. Moyennant quoi, les Mahorais qui s'en sortent avec une volonté de fer, partent en métropole suivre des études pour revenir en minorité au sein d'un système qui, avec une organisation « tu as mangé, tu sors ! » (à chacun son tour de se remplir les poches au pouvoir) ne leur laisse pas la possibilité de changer les choses.
En rapport avec cet état des lieux, un accord sur un prix de la viande qui serait trouvé lors de la venue de l'ancien préfet Denis Robin mercredi, paraît bien dérisoire, sans doute volontairement décalé d'ailleurs par une intersyndicale qui monte ainsi la barre de la négociation: « il n'y aura que des vaincus ou des vainqueurs » martelait Ansoir Abdou, Collectif des Citoyens perdus, « car nous attendons d'être traités comme tous les citoyens. Notre victoire, c'est l'unité qui s'est dégagée, nous avons créé une brèche dans notre histoire en dégageant un nouveau rapport de force avec le patronat ». Alors, cette évolution dans le conflit, info ou intox ? Alors que certains des leaders étaient guidés par la recherche d'un intérêt personnel, ont-ils soudainement trouvé un motif à leur mouvement ? Y a-t-il manipulation ?
Pour enfoncer le clou, Boinali et Salim Nahouda, CGT Ma, dénonçaient des actes de la part de gros entrepreneurs visant à empêcher toute concurrence : « lors de la foire agricole, un jeune agriculteur racontait que le dossier d'extension de son exploitation avait été bloqué » ou « un agriculteur qui a investi dans son exploitation à Combani n'a pu trouver de débouchés pour vendre ses produits » et encore, « un jeune qui voulait s'implanter dans le secteur du transport mortuaire n'a pu le faire ». Chaque cas doit être examiné, quant au dernier, le secteur est pollué par des défenses de prés carrés entre les services hospitaliers, les services concernés du Conseil général et une entreprises privée qui sévit dans le domaine.
Là où le propos devient dangereux, c'est le listing proposé par Boinali Said des « propriétaires de bateaux dans le port de plaisance de Mamoudzou » en réponse à la question d'une journaliste sur une possible « ethnicisation du conflit »… « Il y a une grande disparité du pouvoir économique à Mayotte : notre mission est de rendre égalitaire cette disparité » soutenait Boinali Said. La lutte des classes transposée en lutte ethnique ? Alors que nous interpelions Ansoir Abdou, Collectif des Citoyens perdus, sur l'absence d'investissement des Mahorais les plus aisés dans l'outil de travail, davantage portés vers les achats d'appartements à Mayotte ou aux Comores, il nous répondait que la prise de risque n'entrait pas dans la culture mahoraise. C'est donc une formation à dispenser, mais qui n'a plus rien à voir avec la forme qu'a prise la manifestation.
Une autocritique des trois protagonistes Etat, syndicats, patronat qui aurait pu intervenir lors de débats post conflit serait sans doute d'actualité… Car qui sait où va l'intersyndicale ?
A.L.
(Source : Malango Actualité)

COMMENTAIRES

Nom

A la Une,308,Abdillah Saandi Kemba,92,Abdou Ada Musbahou,90,Abdou Elwahab Msa Bacar,64,Abdoul Anziz Said Attoumane,15,Abdoulatuf Bacar,112,Abdourahamane Cheikh Ali,104,Aboubacar Ben SAID SALIM,43,Actualité Sportive,2134,Adinani Toahert Ahamada,42,Afrique,1631,Ahmadou Mze,87,Akram Said Mohamed,67,Ali Mmadi,203,Ali Moindjié,80,Anli Yachourtu,120,Assaf Mohamed Sahali,32,Ben Ali Combo,415,Biographie,1,Chacha Mohamed,47,COMMUNIQUE (APO),57,Comores - diaspora,1227,Comores Développement,88,ComoresDroit,425,COMORESplus,53,Comoropreneuriat,18,Cookies,1,Culture et Société,8807,Daoud Halifa,230,Darchari MIKIDACHE,197,Dhoul-karnayne Abdouroihamane,12,Dhoulkarnaine Youssouf,176,Dini NASSUR,149,Djounaid Djoubeir,85,Economie et Finance,1650,Élections 2016,370,Élections 2019,158,Elections 2020,33,Est africain - Océan Indien,3309,EVENEMENTS,52,Farid Mnebhi,341,France,1623,Hadji Anouar,23,Hamadi Abdou,449,High Tech,830,Ibrahim Abdou Said,9,Idriss Mohamed Chanfi,475,IMAM Abdillah,18,Infos légales,1,Irchad Abdallah,25,Journal Officiel,292,Kamal Abdallah,150,Lettre de Motivation,158,M. Soidrouddyne Hassane,108,Mayotte,2649,MBAE Ahmed Chabdine,11,Mohamed Abdou Hassani,460,Mohamed IBRAHIM MIHIDJAY,104,Mohamed Inoussa,34,Mohamed Soighir,28,Monde,1631,Moudjahidi Abdoulbastoi,32,Nakib Ali Mhoumadi,16,Nakidine Hassane,501,Nassuf Ahmed Abdou,24,Nassurdine Ali Mhoumadi,67,Offres d'emploi,209,Omar Ibn Abdillah,16,Pages,8,Paul-Charles DELAPEYRE,29,People,423,PERSONNALITÉS COMORIENNES,140,PHILIPPE DIVAY,82,Politique Nationale,6047,Publication Article,1,Rafik Adili,49,SAID HALIFA,22,Said HILALI,101,Said Yassine S.A,173,Saïd-Abdillah Saïd-Ahmed,48,Salwa Mag,132,Santé et bien-être,818,SOILIHI Ahamada Mlatamou,53,Toufé Maecha,448,Toyb Ahmed,239,Transport Aérien,1192,Tribune libre,4781,TV DIRECT,3,Youssouf Ben,68,
ltr
item
HabarizaComores.com | Toute l'actualité des Comores: Mayotte - Un mea culpa général pour sortir du conflit
Mayotte - Un mea culpa général pour sortir du conflit
http://www.malango-actualite.fr/photos/2011-10-29-ansoir_abdou_jpg
HabarizaComores.com | Toute l'actualité des Comores
https://www.habarizacomores.com/2011/10/mayotte-un-mea-culpa-general-pour.html
https://www.habarizacomores.com/
https://www.habarizacomores.com/
https://www.habarizacomores.com/2011/10/mayotte-un-mea-culpa-general-pour.html
true
8268768984551920237
UTF-8
Chargé tous les articles Aucun article trouvé VOIR TOUT Lire la suite Répondre Annuler la réponse Supprimer Par Accueil PAGES ARTICLES Voir tout RECOMMANDÉ POUR VOUS CATÉGORIE ARCHIVE RECHERCHER TOUS LES ARTICLES Aucun article trouvé avec votre recherche Retour à l'Accueil Dimanche Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dim Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre Jan Fév Mar Avr Mai Jun Jul Aoû Sep Oct Nov Déc juste maintenant il y a 1 minute $$1$$ minutes ago Il ya 1 heure $$1$$ hours ago Hier $$1$$ days ago $$1$$ weeks ago il y a plus de 5 semaines Followers Follow CE CONTENU PREMIUM EST VERROUILLÉ ÉTAPE 1: Partager sur un réseau social ÉTAPE 2: Cliquez sur le lien sur votre réseau social Copier tout le code Sélectionner tout le code Tous les codes ont été copiés dans votre presse-papiers Impossible de copier les codes / textes, appuyez sur les touches [CTRL] + [C] (ou CMD + C avec Mac) pour les copier. Table des matières