Mayotte : Débordements en marge des manifestations

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La tension monte encore, jusqu'où ? Alors que les violences autour des  Manifestations contre la  vie chère  s'accentuent chaque jou...

Mayotte - Manifestations contre la vie chère Débordements en marge des manifestations La tension monte encore, jusqu'où ?

La tension monte encore, jusqu'où ?

Alors que les violences autour des Manifestationscontre la vie chère s'accentuent chaque jour sur notre île, menaçant la sécurité publique, le nombre de manifestants grossit. Au début du mouvement, un millier de personne était estimé dans les rues. Cette semaine, d'autres personnes ont rejoint le mouvement, provenant de toute l'île. Des barrages et des fermetures de magasins ont lieu aux quatre coins de Mayotte, asphyxiant fortement l'économie, la société et bloquant les axes routiers de l'île.

 

Q
uel habitant de Mayotte n'est pas actuellement suspendu à sa radio, à Mayotte 1ère ou aux différents organes de presse pour suivre les avancées du mouvement de mobilisation contre la vie chère ? Plus que jamais, il devient urgent de s'informer, car au jour le jour la mobilisation évolue, prend de l'ampleur, bloquant un axe routier, rythmant indubitablement le quotidien de chacun. 
Tout commence au niveau des déplacements, il convient de bien s'informer avant de prendre la route, car l'objectif premier des contestataires est de paralyser, coûte que coûte, les axes routiers. Persuadés que cette manifestation contre la vie chère profitera plus tard à tout le monde, les grévistes appellent les usagers de la route à rejoindre le mouvement. En cas de refus, le droit de circulation leur est tout simplement refusé. 
La semaine dernière, les manifestants se focalisaient surtout sur les ronds-points, notamment sur celui de SFR en zone industrielle de Kawéni, considéré justement comme un point stratégique de l'île car il n'y a pas d'alternative pour traverser Mamoudzou... C'est d'ailleurs à ce niveau même que les premières bombes lacrymogènes et les jets de pierres s'étaient affrontés. 
Cette semaine, la mobilisation à vu large. Ansoir Abdou le représentant syndical du collectif des citoyens perdus l'insufflait en début de grogne. Les habitants des quatre coins de l'île l'ont semble-t-il entendu. Les barrages se sont décentralisés. M'tsangamouji, Koungou, Dzoumogné, Combani, Tsararano, Kahani, Poroani, Passamainty pour ne citer que ces villages, tous se sont joint au mouvement. Les chaussées de ces différents villages ont été assiégées par des arbres, des pneus en flammes, des poubelles et des déchets en tous genres déversés. Les arbres sont souvent des cocotiers, des manguiers, des bois noirs qui poussent aux abords des routes, parfois de vénérables arbres qui tombent sous les tronçonneuses.

 
La Petite Terre et le reste de l'île se retrouvent bloqués
 

Les seuls véhicules autorisés à circuler sont les véhicules des services d'urgences, enfin, lorsque les grévistes parviennent à libérer la route, les arbres abattus étant parfois trop lourds pour parvenir à être déplacés par ces derniers. Une ambulance est ainsi restée bloquée ce jeudi plus de deux heures sur la route de Bandrélé, pouvions-nous entendre sur les ondes radio. Fort heureusement, aucun malade ne se trouvait à bord. Cette ambulance allait secourir sans doute quelqu'un.
Autre nouveauté apparue également cette semaine, c'est l'entrée en scène des Petits terriens, avec un blocage bien caractériel, celui de la route conduisant à l'aéroport. "Les prix des billets d'avion sont tout aussi chers qu'autre chose à Mayotte", scandaient les manifestants. Sans oublier la perturbation de la barge, qui assurait un service minimum car elle manquait considérablement d'employés, ces derniers s'affichant tout bonnement manifestants. 
Certaines personnes pour se rendre à l'aéroport on dû voyager en barque de pêche, les mêmes que les kwassa-kwassa. Malgré ce système D, de source policière, au comptoir d'Air Austral, seule une quinzaine de personnes était absente au départ du vol Pamandzi-Saint-Denis de la Réunion.
Deuxième stratégie des manifestants : empêcher les grands distributeurs de poursuivre leurs activités. Le mot d'ordre du départ était : "si nous boudons les produits ils finiront par en baisser les prix". Impossible d'imposer cette directive à toute la population, certains continuent en effet à effectuer leurs courses. Qu'à cela ne tienne, les manifestants décident de faire fermer ces magasins. Ils s'organisent alors en petits groupes et somment les commerçants de fermer les rideaux. Ils s'en prennent aux grands distributeurs, mais aussi aux petits commerces de village, jusqu'aux simples bureaux des entreprises.

Nous sommes obligés de céder devant la force, pour éviter que ça dégénère

Les grévistes essayent de s'expliquer : "les supermarchés pratiquent des prix exorbitants. En les paralysant, ils subiront des pertes et nous prendront au sérieux. Les petits commerces se ravitaillent chez eux, ça leur apprendra de collaborer avec l'ennemi". Et les bureaux ? "La baisse des prix profitera à tout ce beau monde. Personne ne doit-être enfermé dans la clim, c'est trop facile", jette un monsieur. 
Face à ces nouveaux agissements, le préfet de Mayotte Thomas Degos prend de nouvelles mesures. Les commerces doivent rouvrir afin que chacun puisse continuer à vivre. L'ordre est donc donné aux forces de l'ordre d'empêcher toute fermeture de magasin. Mercredi matin, dès 7h00, les manifestants tentent de prendre d'assaut le magasin Shopi de Mamoudzou. Les gendarmes mobiles ripostent logiquement. De nouveau les bombes lacrymogènes affronteront les jets de pierres. 
Au final, les commerçants ferment de leur plein gré si l'on peut dire... "Nous sommes obligés de céder devant la force, pour éviter que ça dégénère", se résignent-ils. Certains confient : "j'ai subi 30.000 euros de perte d'exploitation". D'autres expliquent : "c'est très mauvais cette situation, certaines entreprises peuvent mettre la clef sous la porte en l'espace d'une semaine. Il faut savoir que 80% des entreprises ne sont pas des grands distributeurs". 
D'autres poursuivent : "si cette grève dure deux mois, c'est toute l'année qui sera compromise". L'inquiétude commence à gagner certains patrons : " ils ferment même les banques, comment lancer les salaires de mes employés dans ces conditions ?". Justement, les déplacements des camions de la Brinks se font au compte-goutte, les convoyeurs craignant de se retrouver face à des barrages et de devoir en découdre avec des manifestants. Conséquence : les billets de banque se font parfois très rares et les opérations bancaires commencent à être réduites.

 
Prémices des premiers pillages...
 

Ce jeudi, de nombreux magasins du centre industriel et commercial de Mayotte ont tenté d'ouvrir, notamment la Sodifram. Il a été pris d'assaut par les clients. "Je suis pour cette manifestation mais je n'ai vraiment plus rien à manger chez moi, alors je suis obligée de venir faire mes courses", expliquent une mère de sept enfants et une vieille dame, quittant précipitamment les lieux, chariot rempli de courses à la main. 
D'autres clients n'ont pas eu cette chance, les manifestants apprenant l'ouverture de ce magasin se sont rués sur Kawéni. Le directeur du magasin précipite alors sa fermeture. Des clients se sont retrouvés coincés à l'intérieur. Les grévistes arrivés sur les lieux secouent énergiquement les portes du magasin, tentent le tout pour le tout pour pénétrer à l'intérieur. Aidés par des jeunes de Kawéni, ils y parviennent finalement. On a assisté alors aux prémices des premiers pillages... 
Certains manifestants et jeunes de Kawéni repartant avec des sacs de riz, des cartons de mabawas, des biscuits et surtout des bouteilles d'alcool. A noter que pendant que les grévistes malmenaient le magasin et les clients de la Sodifram, les forces de l'ordre observaient la scène depuis le rond-point SFR, quelques uns arriveront un peu plus tard pour tenter de sécuriser les lieux. 
Il faut noter que lorsque les manifestants sont partis de Mamoudzou pour gagner Kawéni, le cortège était composé essentiellement d'adultes. Arrivés au rond-point de Kawéni, ils ont été rejoints par des jeunes de ce village. Un homme muni d'une chasuble CFDT ordonnait à cette foule de casser et dégonfler les pneus des voitures qui stationnaient sur le parking de la Sodifram...

 

 

 

 

Les propositions faites à l'intersyndicale lors de la réunion du 5 octobre

Toutes ces propositions de baisses de prix sont proposées pour une durée de 1 mois dès le lendemain de la signature du protocole.

 

 

 

Denise Harouna

 

 

Légende photo : Des habitants de l'île se sont rendus à la Sodifram pour faire leurs courses. Ils ont été hués et traités de collabo. Pour parvenir à quitter les lieux, ils ont été évacués par une petite porte, mais la nourriture commence à manquer chez certains. Source : Mayottehebdo.com

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