Sii Kassim «Nous avons franchi un pas»

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Ministre en charge du Travail et l'Emploi, Mme Siti Kassim reconnaît que la lutte contre chômage reste encore un défi majeur pour son dé...

Ministre en charge du Travail et l'Emploi, Mme Siti Kassim reconnaît que la lutte contre chômage reste encore un défi majeur pour son département. Elle souhaiterait surtout voir la création de fond pour permettre aux jeunes qualifiés ou non de créer leur propre emploi.

S Comment appréciez-vous la présence des femmes dans ce premier gouvernement d'Ikililou Dhoinine?

Ayant accompagné le Dr Ikililou Dhoinine dans sa campagne, j e dois dire que je m'y attendais et crois que ce n'est qu'un début. Le président s'était engagé à intégrer les femmes dans les sphères de décision et nous avons l'espoir que ses engagements apporteront des satisfactions par rapport aux revendications des femmes comoriennes.

S Certaines de vos amies dans la revendication de la place de la femme dans les sphères de prise de décision considèrent que vous avez donné l'exemple de l'engagement dont doit faire preuve la femme comorienne sur le plan politique pour entrer dans ce monde. Etes-vous de cet avis?

Je crois que nous avons franchi un pas. Les femmes s'engagent comme il faut et la preuve, près de 50% des candidatures aux dernières législatives étaient féminines. Le problème c'est que jusqu'ici, il y a des gens qui n'ont pas encore compris que les femmes peuvent, au même titre que les hommes dans ce pays, être chargées de hautes

responsabilités. Je me souviens, alors ministre, que le président Sambi m'avait confié l'intérim en se rendant à une mission à l'étranger. Dès l'aéroport, des gens avaient commencé à protester. Aujourd'hui, porteparole du gouvernement, j'entends l es critiques des uns et des autres contre la décision du président Ikililou Dhoinine.

C'est pour dire - qu'il y a encore du pain sur la planche. Vous avez le portefeuille du Travail et de l'Emploi, un ministère à gros enjeux tenant compte de la situation du chômage surtout des jeunes. Quelles sont vos priorités par rapport à cet enjeu?

Je reconnais que c'est une tâche complexe et une grande préoccupation et surtout un défi à relever pour l es j eunes de notre pays. Cette lutte doit passer par la création d'emplois or l e contexte est difficile. I l faut dire que nous avons de jeunes diplômés à plusieurs niveaux et des jeunes sans qualification avec des petites formations et l'on doit agir en sorte que tout ce monde ait du travail. Nous avons actuellement des jeunes formés par l es Centres- du Comité.

E m d a d , les Hirondelles, à l'école de pêche d ' A n j o u a n , à l'Ecole supérieure des sciences et technologies pour ne citer que ceux-là, sans compter les instituts universitaires locaux. On forme mais cela ne suffit pas, il faut nous doter des moyens de permettre à ces jeunes de se prendre en charge. Leur permettre de s'employer au lieu de les laisser compter sur des parents qui n'ont plus la force de travailler.

S Le président Ikililou Dhoinine avait préconisé durant la campagne de prendre l'exemple du Sénégal en créant notamment une sorte d'agence d'information des jeunes en matière d'emploi. Où en est-on? Une simple promesse de campagne?

Le programme pays pour un travail décent, comporte plusieurs priorités et parmi elles, l a promotion de l'emploi, la protection et le dialogue social qui i ncluent beaucoup de choses dont la Maison de l'Emploi. D'ailleurs, nos partenaires japonais ont manifesté un intérêt pour l'appui à cette initiative. J'estime, toutefois, que cela ne sera pas suffisant. L'idéal serait de disposer de fonds pour permettre à ces jeunes d'accéder à des crédits et pouvoir s'organiser et se lancer. Ne plus avoir à compter sur l a fonction publique saturée et aujourd'hui incapable de l es recruter.

S Parlons d'entreprenariat féminin. Que proposez-vous pour accompagner les personnes qui cherchent à promouvoir ce secteur?

Nous avons une direction récemment créée qu'il faut organiser et formaliser. Je préconise que les femmes qui sont dans l e secteur soit informées de leurs droits et devoirs pour qu'elles se fassent toutes connaître et enregistrer afin qu'elles puissent adhérer aux organisations qui sont là pour l es accueillir. Celles-ci doivent, par conséquent, s'ouvrir et accepter qu'on les aide à s'organiser._

SAMINYA BOU

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