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Les populations à risques, dont les homosexuels, sont fortement touchés par l'épidémie. Une réalité que les statistiques ne reflètent pas, faute de dépistage.

Un matin en novembre 2014, Lala a commencé à cracher du sang. Sa mère l'a emmené dans un centre de santé de la capitale, Antananarivo, où le jeune étudiant en langues a été diagnostiqué tuberculeux.

« Mais le protocole du centre de santé demandait aussi que je sois testé automatiquement pour le VIH, ce que j'ai fait » explique le jeune homme. Le test est positif. « Je savais que la tuberculose pouvait être traitée, mais le VIH j'imaginais que j'en serai atteint toute ma vie. J'ai eu beaucoup de mal à l'accepter » explique-t-il.

A Antananarivo, les travailleurs du sexe sont
parmis les plus touchés par le VIH.

Parmi ses proches, Lala n'a informé que son petit ami et sa mère de sa séropositivité. Aujourd'hui, il a terminé son traitement contre la tuberculose, et sa charge virale est indétectable.

Quand on lui demande comment il pense avoir été contaminé par le VIH, Lala répond qu'il ne sait pas. « Peut-être que c'est parce que je suis un homme qui a des relations sexuelles avec des hommes » explique-t-il.

À Madagascar, l'épidémie du sida est fortement concentrée sur la population dite à risque : 15 % des hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH) sont concernés. Les utilisateurs de drogues injectables sont également atteints (7 % d'entre eux), et dans une moindre mesure les travailleurs du sexe (1.3% en 2012). Et surtout les jeunes, qui appartiennent parfois à plusieurs de ces groupes.

Par chance, la tuberculose a entrainé Lala dans le parcours de dépistage et de soin. Mais pour beaucoup de HSH, la prévention, le dépistage et la prise en charge relèvent du parcours du combattant.

Dans les centres de santé, où les tests rapides de dépistage sont pratiqués, les HSH viennent parfois. « En général, les HSH se rendent ici après avoir été sensibilisés en premier lieu. Ils ont parfois des coupons de réduction remis par des éducateurs en charge de ce travail de sensibilisation, mais le tarif du dépistage est toujours adapté aux moyens de la personne » explique le Dr Raniriharisoa Voahirana Lalao, responsable du centre de soin.

« Pourtant, ils ne viennent qu'une fois ou deux pour se faire dépister. Plus grave, beaucoup s'arrêtent à la phase de conseil, et ne vont pas jusqu'à se faire dépister » poursuit le Dr Raniriharisoa.

Un vrai travail de prévention est mené à Antananarivo grâce au travail d'éducateurs – comme Balou – envoyés sur le terrain pour sensibiliser les HSH sur le port du préservatif, mais aussi sur le dépistage régulier. Formés et dédommagés par l'ONG Population Services International (PSI), présente dans de nombreux pays, ces éducateurs expliquent les précautions de base.

« Par exemple, je leur explique que le liquide sur le bout du préservatif ce n'est pas de l'eau du robinet pour les rassurer » dit Balou. Car la pollution de l'eau est telle à Madagascar que ce simple détail peut décourager les candidats au port du préservatif.

L'action de PSI cible toutes les populations à haut risque. « Nous avons des partenariats avec des propriétaires de boîtes de nuit, des maisons de passe, des hôtels de bar, etc » explique Pierre Loup Lesage, représentant de PSI à Madagascar. Dans ces lieux, les éducateurs peuvent repérer les personnes à risque, les inciter au dépistage.

Mais l'ONG n'agit que dans 37 villes de Madagascar, « et la sensibilisation ne peut pas atteindre toutes les populations ».

Les difficultés de Madagascar sur les populations à risque ne sont pas les seules auxquelles le pays doit faire face dans sa lutte contre le sida.

Paradoxalement, le nombre de cas (anciens et nouveaux) de VIH à Madagascar est relativement faible, selon les statistiques officielles. En 2014, 0,3% de la population totale était atteinte du virus, ce qui place le pays sur des niveaux similaires à ceux du Chili, de l'Irlande ou du Laos. Et surtout loin de certains pays africains au niveau de développement plus proche, comme le Niger qui affiche un niveau de prévalence de 0,5% ou le Mali (1,4%).

« Mais les chiffres des personnes infectées ne reflètent pas la réalité » reconnait le ministre de la Santé publique de l'île, Mamy Lalatiana Andriamanarivo. Pour une raison très simple : « Seuls 12 % des 15-25 ans utilisent des préservatifs, et 90% de la population n'a jamais été dépistée » explique le ministre. « Le problème à Madagascar, c'est que la population ne connait même pas la maladie. Et la sous-estime » poursuit le ministre.

Les estimations officielles tablent donc sur 40 000 et 60 000 personnes vivant avec le virus du sida, mais moins d'1% sont traités. Les chiffres disponibles sont dérisoires : il y aurait donc environ 1300 personnes se sachant contaminées, et seulement 900 sous traitement dans l'ensemble du pays.

L'absence de statistiques fiables sur la santé à Madagascar handicape d'autant plus le pays dans sa lutte contre le VIH que l'État malgache est extrêmement dépendant de l'aide internationale. Aujourd'hui, 90% du budget santé du pays provient de bailleurs internationaux. Et les faibles niveaux de prévalence du virus poussent ces derniers à réduire leurs financements.

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