Choléra : Une bonne nouvelle à Domoni. Nous sommes en juillet 2024, et l'UTC de Domoni ne connaît plus l'affluence qu'elle avait subie au plus fort de
A Domoni, l’équipe soignante voit le bout du tunnel face au choléra
À l'entrée de l'Unité de Traitement du Choléra de l'hôpital de Domoni, sur l'île d'Anjouan, un périmètre est marqué par des filets en plastique orange, témoignant des efforts déployés pour contenir une épidémie qui, il y a encore quelques mois, frappait cette région avec une rare violence. Non loin de là, trois tentes, fournies par l'UNICEF et installées par Médecins Sans Frontières (MSF) en collaboration avec les autorités sanitaires locales, sont encore debout, vestiges visibles de la lutte contre le choléra.
Nous sommes en juillet 2024, et l'UTC de Domoni ne connaît plus l'affluence qu'elle avait subie au plus fort de l'épidémie, en avril dernier. À cette époque, l'île d'Anjouan était l'épicentre de la crise sanitaire. Sur les 10 342 cas suspects de choléra signalés par les autorités comoriennes entre février et juillet 2024, 9 126 provenaient d'Anjouan, soit 88 %.
Les murs de l'unité arborent encore des photos et des consignes affichées depuis le début de l'épidémie, des messages conçus pour soutenir les soignants et les volontaires qui se sont succédé sur place : le personnel soignant de l'île, les équipes du mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge, et celles de MSF.
Le Dr Insa Attoumane, médecin à l'hôpital de Domoni et responsable de l'Unité de Traitement du Choléra, fait le point sur la situation: « L'hôpital n'a pas enregistré de nouveaux cas de choléra depuis la fin juillet, mais la prudence reste de mise. Tant que la fin de l'épidémie n'est pas officiellement déclarée, nous devons rester vigilants ».
Se souvenant des débuts de l'épidémie, il évoque une période où la situation avait rapidement échappé à tout contrôle. En quelques semaines, le nombre de cas avait explosé, passant de deux à une quarantaine, puis à des centaines. Le personnel, épuisé, a toutefois fait preuve d'une résilience exemplaire, épaulé par des renforts venus d'autres districts sanitaires et par l'arrivée des partenaires.
L’approche CATI (Interventions ciblées par zone de survenue de cas) et la sensibilisation de la population de manière rapprochée, nous ont grandement aidé à freiner la propagation de l’épidémie et diminuer le nombre de cas potentiels, explique Dr Insa.
Cette stratégie, combinée à une sensibilisation locale, a permis de ralentir la progression du choléra et de réduire le nombre de nouveaux cas. Lorsqu'un cas était enregistré, les équipes CATI, composées de volontaires du Croissant Rouge Comorien, du personnel de la Direction de la Santé et de l'UNICEF, se rendaient immédiatement sur place pour désinfecter les maisons, distribuer des comprimés de purification de l'eau et des solutions de réhydratation orale, tout en offrant des conseils sur les mesures d'hygiène, afin de prévenir la propagation des cas. Aujourd'hui, l'épidémie semble sous contrôle.
A présent nous voyons le bout du tunnel, l’épidémie de choléra semble être derrière nous, les idées de déni des communautés face à la maladie ont pour la plupart évoluées, dit Dr Insa, ajoutant que la campagne de vaccination contre le choléra a donné des résultats encourageants à Anjouan.
Le ministère de la Santé, avec l'appui de ses partenaires comme l'UNICEF et l'OMS, poursuit les efforts de sensibilisation pour maintenir les mesures de prévention. Bien que le nombre de cas suspects ait considérablement diminué, le Dr Insa reste également préoccupé par un problème persistant : « la disponibilité de l’eau potable ou traitée pour les communautés les plus vulnérables à plus long terme, car le choléra comme d’autres maladies diarrhéiques sévissent là ou l’hygiène et le traitement de l’eau font défaut ». L'UNICEF s'emploit donc à améliorer l'accès à l'eau potable et à l’assainissement dans les hôpitaux mais également dans les communautés.
L'histoire de l'Unité de Traitement du Choléra de Domoni est celle d'une lutte acharnée contre l’épidémie de choléra, un combat qui a mis en lumière l'importance des infrastructures sanitaires et de l'accès à l'eau potable et à l’assainissement dans la prévention des crises de santé publique. Le soutien financier des partenaires internationaux, notamment la JICA, CERF, ECHO, USAID, et la France, a été clef pour l’atteinte de ce niveau de contrôle, et pour entrevoir la possibilité d’une élimination du choléra aux Comores.
Rehema Ahmed Abdallah
UNICEF Comores
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