Abdallah Imamo : « Pourquoi pas créer l'exploit »

Les Comores d’Abdallah Imamo affrontent le Cameroun à Yaoundé ce samedi pour un match décisif pour la CAN 2019. Le temps pour lui, d’abor...

Les Comores d’Abdallah Imamo affrontent le Cameroun à Yaoundé ce samedi pour un match décisif pour la CAN 2019. Le temps pour lui, d’aborder la rencontre et son ascension fulgurante et de celle sa sélection.

On joue la dernière journée de qualifications pour la Coupe d’Afrique des Nations 2019 en Egypte (21 juin au 19 juillet), à suivre en direct et en exclusivité sur beIN SPORTS. Les Comores se déplacent à Yaoundé pour essayer de réaliser le plus grand exploit de leur jeune histoire. 

Et ceci dans un contexte tendu, après la demande (rejetée) des Comores de voir le Cameroun disqualifié après son retrait de l’organisation de la CAN 2019. Pour beIN SPORTS, Abdallah Imamo(25 ans, JA Drancy, National) est revenu sur la préparation de la rencontre, l’ascension fulgurante du football comorien sur le continent africain mais aussi son expérience personnelle atypique. 

« Votre sélection est arrivée hier soir à Yaoundé. Vous avez eu le droit à un petit comité d’accueil à l’aéroport de la part des camerounais … 

Oui, quelques supporters étaient présents pour nous chambrer et nous intimider mais c’était de bonne guerre. C’est le jeu. Les supporters camerounais comme tout l’ensemble du football camerounais nous voient déjà perdants, avant même d’avoir joué la rencontre. Tout le monde sait que les Comores sont une petite nation du football. On a progressé au fur et à mesure du temps. Quand on regarde quatre ans en arrière, on n’était pas du tout à ce niveau là. Le Cameroun est et reste une grande nation du football africain et mondial. Il ne faut pas oublier que c’est le champion d’Afrique en titre. Nous, on vient et on a tout à gagner. On va essayer de jouer notre football du mieux que l’on peut.

Personnellement, comment avez-vous vécu le conflit entre la Fédération comorienne de Football et la Confédération Africaine de Football ?

C’est une situation particulière. Il y a un règlement et logiquement le Cameroun aurait dû être disqualifié avec son retrait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations. Nous, en tant que joueurs, on se doit de faire abstraction de l’aspect administratif et juridique. On laisse ça à la fédération. Nous, tout ce qui nous intéresse, c’est le terrain. Et on se doit de s’intéresser uniquement à ce qui se passe sur le terrain.

On imagine qu’avec le contexte autour de ce match, votre sélectionneur Amir Abdou, vous a préparé à cette guerre psychologique …

Non, pas forcément. On va jouer devant au moins 40 000 supporters camerounais, dans une ambiance très chaude. C’est à nous de faire abstraction de tout ce qui se passe autour. L’enjeu et la pression ne doivent pas prendre le pas sur le jeu. Le coach insiste vraiment là-dessus depuis le début du rassemblement. On va essayer de jouer sans complexe et fermer les yeux sur les provocations des supporters camerounais, avant, pendant et après le match. 

Avant d’arriver à Yaoundé, votre sélectionneur, Amir Abdou a décidé d’emmener le groupe en stage à Châteauroux. Un moyen de s’extirper de la pression populaire ? 

Le staff a jugé bon de se retrouver en France. Sûrement pour se retrouver loin de la foule et des médias camerounais qui avaient certainement l’intention de venir nous voir et nous déstabiliser dans notre préparation. 

Est-ce différent des derniers rassemblements ? Sentez-vous une pression particulière ? 

Dans la préparation, rien n’a changé par rapport aux matchs précédents face au Maroc et au Malawi. On est toujours heureux de se retrouver, dans une bonne ambiance. On prend toujours autant de plaisir sur et en-dehors du terrain et pourquoi pas créer l’exploit. 
« Le regard des adversaires a changé »
Depuis vos débuts en sélection, et vos bons résultats sur cette campagne de qualifications, le regard de vos adversaires sur votre équipe a-t-il changé ? 

Bien-sûr. Il y a quelques années en arrière, on ne jouait pas contre des nations aussi fortes comme le Cameroun, le Maroc, le Togo ou le Gabon. Le football comorien est monté dans l’estime de beaucoup de gens grâce à la fédération et tous les membres. Pour nos supporters, l’appétit vient en mangeant. Petit à petit, on commence à avoir des ambitions un peu plus grandes et à être plus exigeants mais c’est normal. Le projet à long terme, c’est quand même de faire partie des nations qui comptent sur le continent africain.

Vous parliez d’exploit précédemment, mais finalement, une qualification à la CAN serait le fruit d’un long travail ? 

Vous avez raison, la fédération travaille depuis plusieurs années pour jouer ce genre de rencontre pour une qualification. Il y a un énorme travail en amont effectué par la fédération, le coach, les membres du staff et les joueurs. Auparavant, nous n’avions pas les moyens financiers ou logistiques pour attirer les joueurs expatriés. Aujourd’hui, on avance sur des bases plus solides que par le passé. 

En parlant de joueurs expatriés, votre meilleur buteur Ben El Fardou (Etoile Rouge de Belgrade), auteur de 4 des 5 buts de votre équipe depuis le début des éliminatoires, est suspendu (cumul de cartons). La tâche s’annonce encore plus compliquée ?

El Fardou n’est plus à présenter. Il est entrain de prouver avec l’Etoile Rouge (20 buts en 31 matchs, toutes compétitions confondues en club) et en sélection. On est tous conscients de son importance dans le groupe et sur le terrain. C’est une perte assez conséquente. Mais on a des joueurs de qualité qui peuvent le remplacer comme Faïz Selemani (Saint Gilloise, D2 belge) ou encore Benjaloud Youssouf (AJ Auxerre). Le coach a plusieurs solutions en attaque. Nous, on va essayer de s’arracher et se qualifier pour El Fardou, qui doit être triste de ne pas être avec nous pour ce match. 

Et si vous veniez à gagner à Yaoundé, vous écrirez la plus belle page du football comorien. Pensez-vous à cela ? 

Bien-sûr que j’y pense dans un coin de ma tête. Ce serait mentir que de dire le contraire. On essaye de se dire entre nous de ne pas se faire le match avant. Il va falloir garder notre sang-froid et ne pas se faire des films. Il va falloir écrire l’histoire pendant la rencontre. 

De la 9ème division française à international en 4 ans

Aujourd’hui, vous avez 25 ans, et avant d’arriver à la JA Drancy (National) et en sélection, vous avez connu un long parcours semé d’embuches. Pouvez-vous revenir sur votre parcours ? 

J’ai eu un parcours atypique, différent de celui de la plupart de mes coéquipiers en sélection et en club. Je n’ai pas fait de centre de formation. Je suis arrivé sur le tard. J’ai connu le monde amateur en région parisienne quand j’étais jeune, que ce soit au FC Nandy, à Le Mée Sport Football (Seine-et-Marne). A la fin de ma dernière année en U19, j’ai tiré un trait sur le foot pour me consacrer aux études. J’ai repris en séniors, en Excellence (9ème division) à Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne) avec mes amis pour le plaisir.

Puis j’ai décidé de m’installer vers Dijon chez ma tante, à Longvic, puis à Quétigny pour jouer en Division d’Honneur (6ème division), avant de rejoindre Selongey (National 3). C’est dans ce club, où j’ai pris conscience que je pouvais jouer un peu plus haut. Plus les années passent et plus j’essaye de me mettre au niveau. Pour le moment, ça me réussit. Avec beaucoup de travail et de la patience, j’y arrive petit à petit.

Vous avez retrouvé Les Comores en novembre 2016, après avoir quitté votre île à l’âge de 9 ans … 

C’est vrai. C’était quelque chose de magique. Je suis arrivé en France à l’âge de 9 ans. J’ai quitté mon pays, qui était dans une situation compliquée, où il y avait une guerre civile. Mes parents voulaient un avenir meilleur pour leurs enfants en France. Malheureusement, je n’ai pas eu l’opportunité d’y retourner avant. La sélection m’a apporté cette joie en retournant au pays en tant que représentant et joueur de l’équipe nationale. 

Vous êtes ambitieux et rêvez de jouer plus haut, pensez-vous que la sélection peut vous aider à atteindre vos objectifs personnels ?

Oui et non. Le plus important avec la sélection, c’est la qualification. Mon pays passe avant mes objectifs personnels. Pour ce qui est de moi, bien évidemment, que sur le CV d’un joueur, c’est gratifiant de se qualifier pour une CAN et la jouer. Mais pour franchir les étapes, il n’y a pas de secret : il faut être performant à l’entrainement et lors des matchs que ce soit en club ou en sélection. Et c’est ce que je m’efforce de faire au quotidien. »
©BeIN Sport

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