Réussite au bac C : Et pourquoi l'augmentation des inscriptions des filles en terminale C au GSFA?

RÉUSSITE AU BAC C – ET POURQUOI L’AUGMENTATION DES INSCRIPTIONS DE FILLES EN TERMINALE C AU GSFA? Le post de HaYba FM sur la dominati...

RÉUSSITE AU BAC C – ET POURQUOI L’AUGMENTATION DES INSCRIPTIONS DE FILLES EN TERMINALE C AU GSFA?

Le post de HaYba FM sur la domination en nombre, depuis 10 ans, des filles en Terminale C au GSFA suscite des réflexions et des débats dans plusieurs milieux aussi bien dans l'archipel que dans la diaspora, et même chez les partenaires.

Cette contribution de M. Mohamed Ali Mohamed, professeur de français au Canada est anormalement longue, mais nous avons décidé de la publier sur cette page et pas uniquement dans le groupe HaYba Wandzani. En espérant qu'il sera bien partagé. Vous pouvez partager le lien à la fin de l'article ou faire un copier coller de ce texte pour vos amis.

L'auteur est un enfant de l'éducation. En comorien Mnashioni. Il a été instituteur diplômé pendant des années, avant d'aller faire des études supérieures en France de 2 elle et 3 ème cycle. Il est rentré travailler quelques années avant de repartir pour le Canada où il a soutenu sa thèse doctorale. Il a enseigné au Québec et depuis quelques années au Canada anglophone.
Le débat peut continuer dans HaYba Wandzani ou ailleurs dans le groupe de discussion Google consommateurkm de la FCC et dans les associations. HaYba FM relaiera, les contributions qui nous seront adressées.

Bravo à ceux qui prendront le temps de réfléchir et débattre sur les questions de l'éducation faits, expériences et observations sérieuses à l'appui sans les aprioris politiques.

Merci à Fundi Mohamed Ali Mohamed


Par Mohamed Ali Mohamed (Nylon)
Toronto, Canada
Le 16/10/2019

Je tiens à remercier monsieur Mohamed Saïd Abdallah Mchangama (MSAM pour les intimes) de nous avoir présenté cette feuille consacrée à la «Répartition par sexe, classe de Terminale C durant ces dernières années». Pourquoi les filles devancent les garçons? Comme chaque année les filles réussissent plus que les garçons à l’examen du baccalauréat en série C dans cette école privée.

Nous avons «Et Si On S'Occupait Un Peu de Cette Évidence? 61% de Filles en Terminale C à GSFA» a annoncé, il y a deux jours, MSAM. Chaque année, les filles enregistrent un taux plus élevé au bac que les garçons. L’on s’interroge pourquoi les filles sont toujours en tête? MSAM nous dit : «99,1% de réussite au bac depuis l'année scolaire 2010-2011. Seule l'année 2012-2013 fit exception aux 100% de réussite avec une "déception" de 91%».

Une brève analyse descriptives du tableau des statistiques du baccalauréat série C de cette école privée pour la période 2007-2008 à la période 2018-2019 atteste la progression constante des filles inscrites en Terminale C. Mais la ventilation entre les filles et les garçons dans cette série C est significative. Il y a des écarts d’inscriptions qui subsistent entre garçons et filles.

Je viens de lire un post du directeur de HaYba FM, monsieur Mohamed Saïd Abdallah Mchangama. MSAM se questionne sur : 1) les «61% de filles en Terminale C à GSFA (École Fundi Abdulhamid)» (tableau ci-joint, année scolaire 2018-2019) et 2) les «99,1% de réussite au bac depuis l'année scolaire 2010-2011. Seule l'année 2012-2013 fit exception aux 100% de réussite avec une "déception" de 91%». Pour être précis, 91,43% que mon ami MSAM appelle «déception» (toujours données du même tableau».

Pour ceux et celles qui vont lire mon texte, je tiens à dire ici que MSAM a fait une observation d’une page des données quantitatives de cette école privée de la capitale Moroni. Ce n’est pas une affirmation ni une confirmation d’une étude scientifique sur le rendement scolaire de cet établissement. Ce qui veut dire, il n’y a pas d’échantillonnage, pas d’analyse de variables et ni d’indicateurs, etc.

Certes en se basant des chiffres de ce tableau, contrairement à MSAM, je remonte depuis le début de l’année scolaire 2007-2008 à l’année scolaire 2018-2019. Pour toutes ces années scolaires, la population des élèves en série C était de 275. Les filles sont au nombre de 153 (55,63%) et les garçons au nombre de 122 (44,36%), ce qui fait un écart de 11,27% en faveur des filles en 12 ans. Ce phénomène sociologique mérite une étude sérieuse pour nous éclairer.

Moi, le vieil instituteur de formation, qui a pratiqué plusieurs années dans les enseignements primaire, secondaire et universitaire, je vais tenter de porter un éclairage sur le questionnement de mon ami MSAM en analysant les résultats de ce tableau. Commençons par le premier questionnement : «Et Si On S’Occupait Un Peu de Cette Évidence ? 61% de Filles en Terminale C à GSFA».

Commençons par la population globale des élèves de cette école privée GSFA : 1) il y a combien d’élèves filles et combien d’élèves garçons au primaire et au secondaire? 2) Puisque on parle de la classe de terminale C, je vais laisser de côté le primaire. Alors pour le secondaire, il y a un effectif de combien d’élèves par sexe? Il y a combien de séries? Et dans ces séries, peut-on savoir la répartition des élèves par sexe? S’agissant de la série C en question, il y a combien sections et chaque section comptabilise combien de garçons et de filles? [next]

La réponse pour la série C, le tableau présenté nous montre l’évolution des effectifs entre élèves filles et garçons. En 12 ans, il y a eu un effectif total de 275 élèves (153 filles et 122 garçons).

Comment s’explique cet écart important et son évolution entre les inscriptions en série C des filles contrairement aux garçons? Ce qui est rassurant, ce que tout le monde réussisse au Bac pour les deux sexes dans cette série scientifique. Ce taux de réussite au Bac C est dû à quoi dans cet établissement? Est-ce qu’il n’y a pas des chasseurs des têtes des élèves forts dans les différents établissements scolaires publiques? Des élèves qui ont un très bon niveau scolaire dans le public, qu’on les propose des avantages s’ils s’inscrivent dans cette école ou dans cette série C?

Des avantages, comme par exemple : diminution de frais de scolarité ou pourquoi pas la gratuité du fait qu’ils ne sont pas nombreux numériquement. Et cette école est certaine de leurs réussites pour rehausser la bonne image de cet établissement privé. Je prends un exemple pour l’année scolaire 2010-2011 où il y avait 8 filles et 5 garçons. Pour 13 élèves que l’école est certaine de réussir le Bac C, une grande école privée qui a une clientèle assez importante, il n’y aura pas de perte financière pour les 13 élèves en série C que l’entreprise est certaine de leur réussite. Au contraire, ces élèves vont donner une bonne image et faire attirer d’autres élèves dans les autres séries. Alors c’est l’école qui gagne.

Passons au deuxième questionnement de MSAM lequel presque 100% de réussite au baccalauréat. «99,1% de réussite au bac depuis l'année scolaire 2010-2011. Seule l'année 2012-2013 fit exception aux 100% de réussite avec une "déception" de 91%.

Si j’ai bien compris, ces taux de réussite au Bac dans cette école, MSAM montre que c’est seulement la série C. Il n’a pas montré les résultats des autres séries. C’est-à-dire les taux de réussite générale ou globale de cet établissement. Je préfère souligner cette remarque qui est très importante.

Je vais me poser les questions suivantes : il y avait combien de candidates et candidats au baccalauréat dans cette école? En série C qui nous concerne ici, ce sont les filles qui sont les plus nombreuses. Pourquoi la baisse des effectifs des garçons? La dernière édition du baccalauréat en série C de 2018-2019, pour un total de 28 élèves dans cette série C, il y avait 17 apprenantes et 11 apprenants pour une réussite de 100% pour les deux sexes.

Voyez-vous, toutes ces questions méritent plusieurs études pour qu’un chercheur peut se prononcer ou se positionner. Tel n’est pas le cas ici. C’est un simple tableau qui montre des données quantitatives chronologiquement.

Dernièrement, j’ai suivi une conférence de presse présentant le rapport du Recensement général 2017 de la population des Comores dans les réseaux sociaux. Si je ne me trompe pas et si j’ai bien entendu les propos d’Ahmed DJOUMOI, Directeur général de l’INSEED, il a dit que «les femmes sont plus nombreuses que les hommes aux Comores». J’aurais aimé obtenir une copie de ce dit rapport. J’ai demandé à un de mes amis au pays qui travaille au PNUD à Moroni de m’envoyer une copie. Et j’attends toujours ce document. Pour tout chercheur, ce document est très important pour pouvoir expliquer le questionnement de MSAM.

Je peux m’aventurer pour dire que ceci prouve que les filles sont plus nombreuses dans cette école, portées sur l’enseignement et sur la réussite. Ne sont pas plus nombreuses en série C que les garçons et plus nombreuses encore dans les autres séries de classes de terminales? Si c’est bien le cas, ce phénomène sociologique doit être observé aux Comores et faire l’objet d’études et projets de recherche pour les étudiants et étudiantes de l’IFERE, les futurs enseignants, encadreurs pédagogiques, chefs d’établissements et pour les professeurs de l’Université des Comores qui sont en thèses. Ce phénomène sociologique a pointé son nez depuis quelle année aux Comores? MSAM cite cette réussite au bac depuis l’année scolaire 2010-2011.

Donc nous avons 9 années que ce phénomène très récent vient perturber le système éducatif comorien. Vous vous imaginez, dans cette période, il a eu une année exceptionnelle des 100% habituelle de réussite au Bac en série C pour cette école. Pour un pays comme le Canada, les USA, le Norvège, etc. oui on peut avoir des résultats de 100% car leurs systèmes éducatifs ne sont pas sélectifs comme c’est le cas en France, aux Comores et dans tous les autres pays francophones d’Afrique. MSAM avance que «99,1% de réussite au bac depuis l'année scolaire 2010-2011». 99,1% de réussite c’est extraordinaire. C’est un classement exceptionnel pour les écoles des pays développés que je vienne de vous citer.

Que nous disent encore les chiffres? Les élèves filles de cette école auraient-elles un meilleur niveau que les élèves garçons? Est-ce qu’il y a un déficit de garçons au Bac? Ici, il est important de donner une précision : quand on qualifie un niveau scolaire de fort, de moyen ou de faible, cela n’est pas un jugement de valeur. Le niveau scolaire est l’expression d’un parcours scolaire où les facteurs environnement, milieu familial, les caractéristiques socioprofessionnelles, les pratiques pédagogiques, l’encadrement scolaire et système éducatif lui-même agissent concomitamment.

Dans plusieurs études Nord-Américain que j’ai lues, en réalité, aux différents niveaux des écoles secondaires, les filles ont des meilleurs résultats que les garçons. En conséquence, ces derniers décrochent et abandonnent plus souvent leurs études. Mais cette différence de niveau scolaire est-elle la seule raison du déficit des garçons au Bac? Il semble que non.
Comment expliquer ce cruel paradoxe?

MSAM se questionne bien sur une clientèle d’ : «une majorité de filles ! 61% des élèves de cette Terminale C qui réussit à quasiment 100% au bac, sont des filles. Labeka ? Oui. C'est pour la période allant de l'année scolaire 2010-2011 à l'année 2018-2019. Le pourcentage de 55% de filles, est moins féminisé si on inclut les 3 années de la décennie précédente à partir de l'année scolaire 2007-2008 où débutent les données». Ce sont des interrogations légitimes pour un Président de l’Association des consommateurs comoriens. Son questionnement se focalise sur les «pédagogues, sociologues, enseignants, conseillers scolaires, décideurs politiques et organisations professionnelles, dans un pays priorisant ‘'éducation, s’attelleraient à répondre : comment, pourquoi ?».

Dans cette section, je vais présenter mes sentiments, mes perceptions d’un enseignant qui a longuement travaillé dans les enseignements aux Comores et non une analyse d’une étude sur le terrain.

Pour analyser ces résultats, selon mon vécu d’enseignant, de pédagogue, de formateur des formateurs, de syndicaliste et d’après les on-dits de certains collègues qui prenaient part à l’examen de Baccalauréat toutes les séries confondues, les garçons ont tendance à être moins bien notés que les filles souvent à niveau égal. Les enseignants examinateurs sont stricts et sévères à l’égard des garçons tenus pour être «insolents, arrogants, indisciplinés et incontrôlables». Puis un phénomène culturel connu : la manière dont les filles sont éduquées correspond plus à ce qu’on attend d’elles à l’école : elles sont plus disciplinées, plus respectueuses de l’ordre, plus rangées. Elles ont moins de problèmes en termes d’attentions et d’écoute en cours et assimilent donc mieux ce que les enseignants leur apprennent.

Pourtant, cruel paradoxe, les filles ne profitent pas vraiment de leurs «bonnes notes». Après, tout se creuse en leur défaveur : moins d’accès aux filières sélectives, moins de postes à responsabilité dans la vie professionnelle, etc. On dirait que leur réussite est purement scolaire.

Dans tous les cas, l’écart de niveau scolaire entre les garçons et les filles pose un problème de société. Il rappelle que les garçons décrochent plus souvent que les filles. Alors comment vais-je expliquer cet écart important entre le taux de réussite au bac des filles et celui des garçons?[next]

Il existe plusieurs facteurs mais être bref, on peut les expliquer par deux facteurs : l’un d’ordre culturel et l’autre d’ordre purement pédagogique. D’abord, les filles comoriennes sont astreintes à une «obligation de résultats» pas seulement aux examens : pour s’affirmer en tant qu’être humain égale de l’homme dans une société matriarcale, ayant des préjugés négatifs sur la femme. Elles ont en tête, consciemment ou inconsciemment, l’image de leurs mamans ou grands-mères exclues de l’espace public (instruction, travail...). Elles donnent la preuve que le pays ne peut avancer scientifiquement, économiquement et culturellement sans une égalité parfaite en droits et devoirs entre les deux composantes de notre société. Les filles, avec leurs belles réussites, participent à un défi civilisationnel auquel sont confronté les Comores.

Ensuite, il y a un contexte pédagogique favorable à cette belle réussite. Les filles passent leur temps libre à réviser, à se préparer aux échéances et ce malgré leurs tâches ménagères au quotidien. Alors que les garçons (sans systématiser bien sûr) sont distraits, occupés à d’autres tâches (jouer au foot, aux dominos, aux cartes, aller dans les plages, les boîtes de nuit, s’amuser...). Or la logique scolaire et celle des examens est encore basée sur la révision et l’apprentissage par cœur (c’est-à-dire, le parcoeurisme) et le bachotage. Ce sont deux pratiques qui avantagent les «bosseurs» qui vont aux limites du surmenage pour mémoriser et bien restituer le jour des épreuves.

L’apprentissage par cœur est largement utilisé dans la maîtrise des connaissances fondamentales. Par exemple, des notions scolaires pour lesquelles l'apprentissage par cœur est fréquemment utilisé comprennent l’acquisition de la phonétique en lecture, du tableau périodique des éléments en chimie, les tables de multiplication en mathématiques, l’anatomie en médecine, les causes ou les statuts de loi, les formules de base dans toutes les sciences, etc. Par définition, l’apprentissage par cœur évite dans une certaine mesure la compréhension de la notion, de sorte que pris seul, il est un outil inefficace dans la maîtrise d’un sujet complexe à un niveau avancé. Par exemple, une illustration de l’apprentissage par cœur peut être observée dans la révision accélérée d’examens, technique communément appelée «bachotage».

Le bachotage (de «bachot», mot d’argot scolaire désignant le baccalauréat, par allusion au travail de préparation aux épreuves de cet examen) consiste à réviser ses cours de façon intensive pour retenir un maximum de résultats au cours de quelques jours de révision. C’est une pratique courante chez les apprenantes et apprenants avant de passer leurs examens. Les pédagogues désapprouvent le bachotage, car l’apprentissage de grandes quantités d’information en temps limité n’est pas favorable à l’acquisition de connaissances définitives.

Si on avait inversé cette logique en se basant sur des épreuves qui sollicitent les fonctions intellectuelles supérieures (compréhension, analyse, synthèse, esprit critique, créativité), les taux seraient équivalent - plus ou moins entre les garçons et les filles. Surtout, de grâce, ne faisons pas dire à ces résultats actuels la monstruosité qui consiste à dire que celui qui a réussi est plus intelligent que celui qui a échoué ou que les filles sont plus intelligentes que les garçons.

En conclusion, est-ce que cette école privée ou disons cette série C n’est pas une boîte à bac? Une boîte à bac est un lycée privé hors contrat. Pour l’école privée GSFA, il n’y a aucun doute, elle a une autorisation pour son ouverture et elle paie à chaque année ses impôts. Je sais de quoi je parle car à un moment de ma carrière, j’étais Chef de Service au Ministère de l’éducation et parmi mes attributions, c’est d’octroyer les autorisations des écoles privées. Mais cette école GSFA ne bénéficie pas de financements publics mais elle est tenue de suivre les programmes de l’Éducation nationale. Je pense que son objectif est de préparer ses élèves au baccalauréat.

Aux Comores, les boîtes à bac sont très prospères et répandues dans toutes nos îles. Les boîtes à bac dans notre pays sont toutes à but lucratif. Ce sont des entreprises très juteuses qui font saigner les parents d’élèves. Ce concept de boîte à bac, on trouve deux types principaux de boîtes à bac : celles pour les apprenantes et apprenants en difficulté et décrocheurs, qui visent à leur faire obtenir le baccalauréat quelle que soit leur note, et celles qui visent plutôt des parents aisés souhaitant un encadrement maximal pour leurs enfants.

Dans les boîtes à bac, on retrouve régulièrement des aménagements en plus des cours classiques : cours particuliers dans chaque discipline et recours à des coachs, par exemple. D’autres établissements en plus de bulletin trimestriel, ils auront aussi un bulletin hebdomadaire, par exemple. Un point commun de la majorité de ces établissements est leurs effectifs réduits, généralement moins de 25 élèves par classe.

En se référant au tableau «Répartition par sexe, classe de Terminale C durant ces dernières années», pour les effectifs en série C des années scolaires 2007-200 (25 élèves), 2008-2009 (13 élèves), 2009-2010 (19 élèves), 2010-2011 (13 élèves), 2011-2012 (23 élèves), 2013-2014 (21 élèves), 2016-2017 (21 élèves), 2017-201 (24 élèves). Est-ce une coïncidence pour les effectifs de la série C pour 8 années scolaires sur un total de 12 années du tableau? Peut-on avoir les mentions des élèves de cette série scientifique et surtout les mentions des filles? Quelles sont les filières et les études de ces matheuses? Et qu’est-ce qu’elles sont devenues après leurs études supérieures?

Certains de mes collègues vont dire que je critique le système, alors que j’ai pris la fuite. Les écoles privées aux Comores que j’appelle ici des boîtes à bac, ce sont tous des établissements privés à but lucratif. Ils ne bénéficient pas de financements publics. Leurs tarifs varient d’une école à une autre par mois, peuvent donc être un facteur d'exclusion sociale.

Je peux me tromper, mais le risque est d’aboutir à une fragmentation sociale et une transmission de valeurs propres à chaque communauté. En raison du but lucratif historique des boîtes à bac, certains établissements d’enseignement privé, préparant les élèves décrocheurs au baccalauréat, réfutent l’appellation de boîte à bac. Ah non! Nous sommes des écoles privées qui aident le pays, qui secondent l’enseignement public, qui participent au bon fonctionnement de l’enseignement dans notre pays.

Il est difficile pour moi d’évaluer l’efficacité et la réussite du Bac des filles en série C pour ces boîtes à bac. Je propose qu’une étude soit faite par nos étudiantes, étudiants et nos chercheurs en éducation pour élucider ou divulguer leurs résultats aux examens nationaux et surtout du Baccalauréat. On se demande, est-ce que toutes nos écoles privées ne sont pas tenues de suivre le programme de l’Éducation nationale?

Est-ce qu’elles ont de critères de recrutement et de sélection des enseignants? Leurs enseignants exercent-ils à la fois dans le public et dans le privé? Si oui, comment se fait-il qu’il y a des meilleurs résultats dans la série C de cette école privée et non dans les lycées publics? Cette série scientifique de cet établissement privé est contrôlée combien de fois par mois ou par an? Que porte-t-il ce contrôle? Il se porte sur des pratiques pédagogiques des enseignants? Les caractéristiques socioprofessionnelles des enseignants et des parents d’élèves? Le leadership éducationnel du chef de l’établissement? Des règles sociales autant que sur le respect de l’instruction obligatoire? Etc.

Sans doute, il existe plusieurs facteurs pour expliquer ce phénomène du rendement scolaire des filles au Bac C dans cette école privée et qu’il faudrait aborder dans études ultérieures pour nos chercheurs. C’est un exercice très difficile pour moi. Mais étant un ami de Hayba FM, j’ai voulu montrer à MSAM qu’il a tout faux sur toute la ligne quand il dit «Il est probable que des Amis de Hayba familiers de l'éducation hausseront les épaules en nous écrivant "vous êtes en retard, ce n'est pas étonnant, Directeur de mes deux, tu t'étonnes que les nanas soient plus calées en maths que les mecs ? Pfff !»

En somme, je pense que «61% de filles dans la classe de Terminale la plus performante du pays vaut beaucoup mieux qu’un simple commentaire dans Snapchat. C’est un phénomène très sérieux qui mérite que des études scientifiques soient réalisées pour élucider ce phénomène sociologique.

Je m’excuse de la longueur de mon texte. Mais je n’avais pas le choix. Peut-être si j’ai un peu de temps, je vais essayer de répondre à d’autres questions que MSAM a soulevé à la fin de son post.

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