Nous traversons en ce moment des turbulences qualifiées non sans raison de coup d'État institutionnel avec la neutralisation de la cour...
Nous traversons en ce moment des turbulences qualifiées non sans raison de coup d'État institutionnel avec la neutralisation de la cour constitutionnelle, et dont on aurait pu éviter ; il est de notoriété que chaque fois que dans une société on s' emploie à privilégier l'intérêt commun par rapport aux petits intérêts individuels, cette société prospère et connaît plus de quiétude, mais à l’inverse dès qu'on fait passer les intérêts individuels avant le bien-être collectif c'est la décadence, les conflits jusqu'au chaos.
Chez nous Le 23 décembre 2001,après des difficiles négociations a été adoptée la première constitution consensuelle, produit de l’accord de Fomboni du 17 février 2001,qui embrassait les points vue des uns et des autres ,qui préservait un minimum de principes démocratiques garant de l’état de droit ,notamment une certaine séparation des pouvoirs qui ne permettait pas au chef de l’état de dissoudre le parlement ou la cour constitutionnelle , mettant ainsien avant l'intérêt collectif.
En 2009,dans leur ambition de se faire ''guide suprême à vie'' ,ceux qui avaient le pouvoir ont modifié la constitution à leur mesure en se disant ‘’si l'autonomie et la démocratie disparaissent ce sont les autres qui en souffriront mais jamais nous'' ,oui car ils étaient sûr de s' éterniser au pouvoir ,mais avaient oublié juste une chose , nul ne sait de quoi demain sera fait et la roue ne cesse de tourner.
Aujourd'hui quand la cour constitutionnelle a été mise en veilleuse en application de l'article 32 de leur propre constitution qui donne au président le pouvoir de prendre des mesures d'exception, ils ont été parmi les premiers à crier au coup d'État, à crier ''au feu'' ,ce feu qu'ils ont eux même allumé, ironie du sort.
Cette mise à l'écart de la cour constitutionnelle, acte antirépublicain par excellence, devrait nous interpeller à plus d'un titre car l'histoire se répète ; en 2009 les uns ont modifié la constitution pour avant tout leurs propres intérêts en oubliant le pays ,aujourd'hui c'est à travers d'assises tronquées, détournées de leur chemin initial que les autres semblent emprunter la même voie ,et cette questionqui revient, qui subira les conséquences désastreuses de ce feu que les conclusions de ces assises veulent allumer ? Dieu seul le sait car nul créature n'est maître de son destin.
Le président Obama recevant ses homologues africains à la maison blanche a eu cette phrase ''l'Afrique a besoin d'institutions fortes mais n'a pas besoin d'hommes forts'' fin de citation, confortant cette vision de faire émerger le continent non pas par des dirigeants qui font de leurs pays leurs propriétéspersonnelles mais avec des institutions démocratiques populaires au service des peuples.
Arrêtons d'allumer des incendies assassines en se disant qu'ils vont brûler seulement les autres car le vent tourne sans préavis , mettons en avant l'intérêt supérieur du pays, jetons des bases qui soient au service de tous les citoyens, qui garantissent les mêmes droits pour tout le monde, ainsi quelque soit le camp dans lequel on se trouvera demain , aux affaires ou dans l'opposition, dans le pouvoir central ou dans les îles ,on sait qu'on sera tranquille.
Notre accord de Fomboni à ce sujet se pose en guide parfait pour une société juste, stable et prospère dans notre pays. Vive la Confédération en Union des Comores .
Dhoihirou Halidi
Port-parole de la coordination du RENIC.