La mort du coordinateur régional du parti Rdc dans le Bambao, Mohamed Toihir (son vrai nom, Ndlr) est loin d’être une affaire classée. Cert...
La mort du coordinateur régional du parti Rdc dans le Bambao, Mohamed Toihir (son vrai nom, Ndlr) est loin d’être une affaire classée. Certaines sources hospitalières nous ont confirmé que le patient a été déplacé pour subir un scanner ailleurs, un déplacement que les médecins jugeaient périlleux au vu de l’état grave du patient. Tandis que d’autres, notamment sa famille politique qui aurait insisté pour que le scanner se fasse nie catégoriquement les faits. C’est là qu’il y a anguille sous roche. A-t-il été déplacé, et ce malgré l’avis contraire des médecins?
Enquête
photo: Mohamed toihir, en mi-décembre 2015 dans un mawlid à Selea |
Mort le lundi 1er février, Mohamed Toihir a fait un « accident vasculaire cérébrale » au cours d’une réunion tenue à Mdé le vendredi 29 janvier, à partir de 16 heures.
Parlons de cette réunion. Que s'est-il donc passé à Mde? S'y est- il passé quelque chose qui aurait pu provoquer son accident vasculaire?
Les partis Rdc et Rdr, formant l’alliance Nour, devaient tenir leur deuxième meeting dimanche 31 janvier, à Mkazi. En tant que coordinateur régional de campagne, il devait être au centre de la préparation. Il devait. Car à son grand dam, cela ne s'est pas exactement passé ainsi. Il n’était au courant de presque rien, en tout cas selon les dires de mes informateurs lesquels ont assisté à la réunion. L’on m’a raconté que le coordinateur se sentait mal à l’aise, ce jour- là. « Tout le monde a ressenti que Toihir n’était pas dans son assiette. Surement à cause du fait que il se sentait marginalisé, écarté », a témoigné une de mes sources. Cette mise à l'écart aurait elle pu être la cause de son accident vasculaire cérébral survenu sur les lieux mêmes de la réunion?
Un médecin de l’hôpital El-maarouf qui l’a vu venir aux urgences et que j’ai interrogé le surlendemain du décès, dit que si. «Chaque situation stressante peut faire battre le cœur à un rythme très élevé, et cela est un facteur aggravant de l’AVC. Donc oui, c’est possible », nous rassure-t-il. Rappelons que notre médecin était sur place quand Toihir était admis aux urgences d’El-maarouf ce vendredi 29, fin d’après-midi. Que s'est donc il passé? « Il a eu un problème grave au niveau du cerveau, probablement un AVC hémorragique, que je qualifierais de catastrophique », a-t-il constaté avant de nous expliquer que son hémorragie a causé brutalement un trouble de la conscience.
Après les urgences où les médecins se sentaient dépassés par l’état du malade, le patient sera transféré dans les locaux de réanimation du même hôpital, le même jour. On est vendredi 29 janvier, souvenez-vous. Ce qui s'y est passé garde une part de mystère. Tantôt on nous dit une chose, pour que la seconde d'après on m’affirme son contraire. Et cela, tout le temps que durera cette enquête.
D’après un autre médecin de l’hôpital, le patient a été mis sous intubation depuis son admission aux réanimations. Une technique permettant la ventilation mécanique et l'administration de médicaments par voie pulmonaire.
Et c'est là que ça se complique.
Sa famille politique aurait insisté pour qu’il soit acheminé dans un centre d’imagerie à la Coulée (Moroni) afin d'être examiné; cela dans le but qu’elle (sa famille politique, Ndlr) puisse l’évacuer à l’extérieur. Selon des informations concordantes (médecins, proches, et responsables de l’hôpital), son état était tellement critique que les réanimateurs ont déconseillé vivement ce déplacement.
Arrivé sur ce point précis, la zone d'ombre s'épaissit. L’après-midi du lundi 1er février, quelques heures après le décès, un responsable X de l’hôpital m’a affirmé ceci : « Toihir a été déplacé d’El-maarouf vers le lieu d’examen médical aux environs de 10h00 en présence de membres de sa famille politique ». Si c’était le cas, ça serait sans doute contre l’avis des médecins. En tout cas, sa mort sera annoncée à ses enfants, qui n’étaient pas sur les lieux, aux alentours de 11h ce même lundi.
Mardi, lendemain du drame, je me suis rendu à El-maarouf interroger son médecin. Celui-ci refusera de m’accueillir, me renvoyant à la direction de l’hôpital alors que je cherchais en premier à connaître l’heure exacte du décès. L'affaire sent le soufre et on fait dans la rétention d'information. On avance quand même contre vent et marrées. Mercredi matin, je me suis rendu dans le bureau d’un haut responsable politique du même parti que le regretté et qui aurait été présent à El-maarouf le lundi matin, jour de la mort de regretté. Après une petite dispute, il finira par me dire « va écrire ce que tu veux, et l’on verra la suite ». Il a donc refusé de me repondre.
L’après-midi, nous avons rencontré un responsable Y de l’hôpital qui, à ma grande surprise, me dira que « le scanner n’avait pas eu lieu ». Je me suis retourné devant celui (responsable X) qui nous avait affirmé lundi que le malade a été déplacé pour ça. Sa réponse ne change pas : « Crois moi, Toihir a été déplacé d’El-maarouf pour un scanner à la Coulée. Il a été transporté dans la nouvelle ambulance qui n’a jamais été utilisée et qui porte toujours les plaques d'immatriculation étrangères. Et c’est sa famille politique qui a insisté malgré l’avis des médecins, lundi aux environs de 10 heures ». Comme il n’y a qu’une seule clinique possédant un service scanner à Moroni, je m’y suis rendu pour dissiper les doutes. « Il n’est pas venu ici. En tout cas son arrivée n'a pas été enregistrée ».
Que s’est-il réellement passé ? « S'il est vrai que Toihir n’a pas été admis à la clinique, cela pourrait sous entendre qu'il est mort à mi-chemin et l’ambulance a rebroussé chemin », suppose, non sans prudence, un vieil ami à lui. Cette hypothèse semble tenir la route. Ce dont je suis sûr ses enfants n’étaient pas sur Moroni ce lundi, du moins pas avant son décès.
Je sais aussi que des responsables de sa famille politique répandent des informations selon lesquelles Toihir est mort sur son lit d’hôpital faute d’oxygène. Une information que démentent fermement toutes nos sources au sein de l’équipe médicale de l’hôpital. « Pourquoi cherche-t-on à faire croire qu’il manquait d’oxygène ? Est-ce vrai Toihir est mort dans son ambulance après s’être fait débranché le respirateur dans sa salle de réanimation ? », se demande un d’eux.
En tout cas les médecins ont averti que le déplacement était périlleux pour la vie du patient car l’hôpital ne possède les moyens permettant le déplacement d’un malade sous intubation.
A suivre...
Par Toufé Maecha