SAMBI se prépare-t-il pour gouverner un État pétrolier ?
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Il est des questions que nous devons se poser, des questions que nous ne devons absolument pas éviter, mais qu'il faut, bien au contraire inviter à nos débats aujourd'hui. Moi, par exemple, je ne cesse de me demander si vraiment l'ambition politique de Sambi se projette pour 2016. Est-ce que l'ancien président vise 2016 ou plutôt loin de la là, après 2016, c'est-à-dire dire 2021? Et pourquoi 2021 et non 5 ans avant ?
1. Il faut se dire d'abord que la découverte du pétrole dans ce pays pauvre de l’Océan Indien guide et oriente l'attention politique intérieure des acteurs politiques dans le pays comme cela attire l'attention des puissances extérieures.
Le vrai danger, c'est que l'amateurisme, l'égoïsme, la volonté des hommes politiques comoriens de s'enrichir à tout prix hier comme aujourd'hui les poussent tous à la dérive. Nous connaissons les dégâts et l'humiliation provoqués par la citoyenneté accordée aux bédouins quataris, les manoeuvres qui s'en sont suivies, dont la réintégration civile et politique du premier accusé Abou Achirafi aujourd'hui député. Qui n'a pas condamné ouvertement ou pas cette réintégration de Abou Achirafi par la politique ? Pourquoi et comment sa candidature a été validée par la Cour constitutionnelle ? Était-ce quelque chose de normal, le fait de valider sa candidature ? Qui pourrait arrêter le processus du retour de Abu Achirafi à part cette Cour ? Cette réintégration est le symbole fort d'un État incarné par des réseaux incontrôlés obsédés par une seule motivation: s'enrichir.
2. Il faut aussi se dire que 2021 est proche, non seulement pas de 2016 (juste 5 ans, c'est-à-dire un mandat dont le tour ba à un Grand-Comorien) mais aussi des espoirs d'un État pétrolier comorien à confirmer dur lequel Sambi gueytetait.
Dans ce sens, la position de celui qu'on nomme "l'Ayatollah" face à la situation peut nous laisser dire que l'objectif de Sambi est de se préparer pour 2021 et non 2016. C'est dire que le vent et l'air soufflés aujourd'hui par le parti Juwa ne serait, à mon avis que des petites tornades test destinées, inconsciemment ou pas à déstabiliser celui qu'on a toujours désigné comme l'enfant de Sambi, son ancien vice président, l'actuel président Ikililou Djoinine.
Ainsi, telle situation en expliquerait d'autres parfois rabaissant l'homme politique comorien, dégradant la politique aux Comores, exposant des scènes nauséabondes comme celle très récente au palais de Hamdramba à laquelle on venait d'assister ces derniers jours.
3. S'appuyant sur ce vécu, on ne peut que s'inquiéter de plus en plus pour nous-mêmes, nos proches, pour notre pauvre pays pris toujours en otage, d'abord par des gouvernants sans scrupule ne visant que leurs bouches, ne voyant que les bouts de leurs nez, et cela sous les yeux d'un peuple victime et impuissante.
4. Inquiétant encore: le monde traverse une crise internationale connue sous le nom du terrorisme. Or on ne peut que constater qu'aujourd'hui le phénomène du terroriste trouve sa fertilité dans les pays pétroliers, le terrorisme frappe fort là où les richesses ne sont pas partagées, ne profitant donc pas aux démunis, aux populations dans le besoin. C'est parce que ces richesses restent sas partage que des individus prennent et prendront les armes pour se faire justices.
5. Dans un pays où nombreux sont ceux qui s'enrichissent grâce à l'alcool, et peut-être à la drogue, le pétrole ne pourra être que la petite goutte qui ferait déborder la vase si l'on tient compte de tous ces paramètres.
Soyons donc prévoyant, c'est quand-même notre pays avant tout.
Abdoulatuf Bacar