Un mot de Razafisambatra Louis De Mon Désir sur le rôle des Futurs Ambassadeurs de Madagascar

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Défenseur d’une diplomatie économique, commerciale et évolutive, RAZAFISAMBATRA Louis De Mon Désir lance le débat : une révolution de la co...

Défenseur d’une diplomatie économique, commerciale et évolutive, RAZAFISAMBATRA Louis De Mon Désir lance le débat : une révolution de la confiance ou maintien de « simples ambassades de prestige" 

Les pratiques politiques habituelles ont « brillé » par la nomination de complaisance dans nos représentations diplomatiques. Tout a été dicté par la logique du patrimonialisme d’Etat, c’est-à-dire les relations d’affaires au sens péjoratif du terme, les liens amicaux, familiaux, partisans, sont les critères primordiaux pour nommer les ambassadeurs.

Une mentalité conservatrice soutient pendant trois décennies que les postes d’ambassadeur dans les pays développés (comme les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, le Canada, la Belgique, etc..) appartiennent exclusivement à quelques clans ou castes dits privilégiés ; mais le bon sens du 21ème siècle ne peut plus accepter cet état d’esprit réfractaire, parce que toutes les régions contribuent au développement de notre pays ; on imagine mal qu’il est impossible pour les cadres compétents de Fotadrevo d’exercer de fonction diplomatique, alors que les grandes pierres de ce coin oublié permettent de construire depuis vingt ans des aéroports internationaux dans plusieurs pays nantis ; il en est de même pour certains intellectuels de la SAVA qui fait pourtant rentrer de devises à Madagascar ; l’on ne peut pas également se passer de citer, entre autres, la SOMALAK, le Bas Mangoky, Fianarantsoa, principaux greniers de riz de notre pays depuis belle lurette. Certaines communes reculées d’Antananarivo (comme celles aux alentours d’Ambohimanga) qui ont remarquablement résisté avec intrépidité aux violences des envahisseurs étrangers dans les anciens temps, n’avaient jamais de représentants dans nos ambassades. Cette fois-ci, il faut arrêter de regarder les autres compatriotes compétents par des clichés et de préjugés très négatifs, car la 2ème république, en dépit de reproches qu’on pourrait lui faire, a quand même produit bon nombre de diplomates et techniciens chevronnés dans les six provinces ; en évoquant cela, je ne veux pas attiser le nombrilisme régional ou ethnique, mais seulement pour dire la vérité suivante : les postes dans les ambassades n’ont jamais été attribués équitablement et ceci jusqu’aux chauffeurs et femmes de nettoyage de bureaux ; en tout cas, en ce moment de réconciliation nationale, il faut avoir la volonté politique de sortir toutes les vérités, même celles qui dérangent les conservateurs.

En outre, l’on doit mettre en exergue que l’inexistence de synergie politique et diplomatique entre nos ambassades et les pouvoirs successifs avaient comme conséquence néfaste la complicité systématique et aveugle de certains dirigeants et quelques bailleurs de fonds malveillants. En d’autres termes, la population malgache se trouve actuellement très appauvrie à cause de l’absence de stratégies diplomatiques d’esquive pour contourner le libéralisme économique débridé en faveur d’un libéralisme beaucoup plus réaliste. En clair, cette misère grandissante de nos compatriotes est due dans une certaine mesure à un double excès de confiance : celle des prêteurs de mauvaise foi et des emprunteurs insouciants dans leur capacité à maitriser le risque et surtout celle de certains politiciens dans la capacité des marchés à s’autoréguler. Dans les années 1980-1990 et 2000, leur langage n’avait pas voulu imposer des contrôles et une réglementation au monde vaste et complexe de la finance, qui s’étend au-delà des activités bancaires traditionnelles. Ils se sont ainsi offert une cavalcade qui coute cher maintenant au peuple malgache.

C’est pour suggérer ici que pour assurer vraiment la mise en œuvre des politiques du gouvernement, nos diplomates, aussi bien à Madagascar qu’à l’extérieur, devront prendre au second degré le cadre d’économie politique utilisé dans le monde, à savoir : « stabiliser, libéraliser, privatiser ». Il ne faut pas qu’ils reposent bien plus sur l’empirisme, mais sur une application solide d’un raisonnement de « second choix », en l’occurrence d’aider tout gouvernement à ne pas trébucher dans un modèle bancal et mal articulé de développement des sociétés. En effet, l’art de conduire une politique économique consiste à faire un diagnostic pertinent concernant les domaines où la réforme peut avoir un bon rapport et à concevoir des mesures économes en ressources administratives tout en prenant en considération les complications du second choix ; l’objectif du changement est de lever les obstacles, non d’adopter une suite de principes comme on fait sa liste de courses ; particulièrement, le meilleur type de mondialisation n’est pas celui qui n’est contrôlé qu’à la marge, mais celui qui permet au plus grand nombre de pays d’atteindre leur objectif de développement économique et social. Il n’y a pas alors lieu de trembler dans les enceintes diplomatiques, car on remarque aujourd’hui une vaste réaction contre l’économie conventionnelle.

Par la même, des diplomates « new look » devront animer nos ambassades ; autant dire, tout en étant dans les relations multilatéralistes, ils seront tenus d’avoir une haute capacité d’impulsion diplomatique pour défendre notre souveraineté monétaire. Le monde change progressivement, parce que ceux qui nous ont fait pression pour accepter la libéralisation financière, ne cesse de véhiculer dans les médias que le capitalisme financier est la cause de la mondialisation des inégalités.

Par conséquent, il est temps pour nos ambassadeurs de trouver un langage diplomatique pour exprimer que la coopération financière internationale ne signifie en aucun cas répression financière, ou que l’acceptation des conditionnalités de stabilisation des changes ne veut pas dire éternelle soumission à des programmes d’assistance très morcelés  (qui ne font que susciter un certains « nationalisme divisé »). Ils ont droit à être décomplexé, parce que par exemple le système financier ordo-libéral allemand est différent de la libéralisation financière anglo-saxonne ; de même, depuis trente ans, le système financier public français connait tant de réformes ; ils auront la pleine prérogative de discuter lors des diners diplomatiques :

- Les instruments négociés sur le marché des changes ;
- Quelques opérations d’arbitrage et de spéculation sur les marchés des changes ;
- Certaines lacunes de la politique de change imposée à Madagascar ;
- Les mouvements de marchandises et de capitaux et l’équilibre du marché de change
- La gestion financière internationale des sociétés multinationales (exemple : gestion de leur trésorerie et de leurs actifs circulants), etc.

Devant toute velléité de pression, nos ambassadeurs, pour l’intérêt supérieur de la nation, seront dans l’obligation diplomatique de rappeler d’autres exemples.

Les manies anachroniques sont à révolutionner, n’ayant pas permis aux gouvernements successifs de trouver d’efficaces stratégies nationales de développement dans ce monde globalisé.

Face à la vitesse effrénée du vent de la mondialisation économique et financière, la réduction exclusive du rôle de nos ambassadeurs à la vigilance diplomatique afférente aux politiques de tout gouvernement est un peu classique. J’espère que nos ambassadeurs soient au même diapason de l’information économique, financière, au niveau international.

Ayez le courage politique de révolutionner la confiance, car tant de paramètres et procédures ont été élaborés par des experts internationaux pour être incompréhensibles. D’ailleurs, l’ère pour les ambassadeurs de pavoiser dans des véhicules haute gamme avec plaque verte, reluisant selon eux leur prestige, est révolu.

Je termine en passant que les 33 questionnaires adressés par les chefs d’Eglise (FFKM) aux ex-chefs d’Etat et les 15 questions posées aux régions ne constituent même pas le 1/10ème des problèmes de fond qui devront être débattus. Autrement dit, je doute fort que la stabilité ppolitique soit assurée avant ou après le 26 juin 2015. Une chose est probable : si la réconciliation nationale dégénère en une fable de La Fontaine « Le Corbeau et Le Renard », notre pays subira encore une crise politique plus grave. Malgré tout, ma conscience est claire parce que j’ai donné 356 propositions pour une bonne réalisation de la réconciliation nationale et pour changer les pratiques politiques.

J’invite alors tout bon entendeur à ne pas dormir sur le laurier de la rêverie de l’inamovibilité.

Paris le 14 mars 2015
RAZAFISAMBATRA Louis De Mon Désir
Nom

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