Les Comores vivraient très bien sans Parlement croupion, ni Députés gagas

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Détruisons symboliquement le Palais du Peuple et renvoyons les Députés! Mohamed Ahamada dit « Djanilo » est un patriote sincère. Il...

Détruisons symboliquement le Palais du Peuple et renvoyons les Députés!


Mohamed Ahamada dit «Djanilo» est un patriote sincère. Il vit à Marseille, fait des analyses politiques très percutantes et appartient à cette catégorie de Comoriens qui militent beaucoup pour leur pays d’origine. Un jour, il était dans un avion de la compagnie Air Madagascar qui reliait Hahaya à Roissy Charles-de-Gaulle (Paris) via Antananarivo. Peu après le décollage de Hahaya, un Député comorien lui demanda de lui remplir sa fiche d’embarquement. «Mais, Monsieur, vous êtes Député et vous êtes incapable de remplir votre fiche d’embarquement? Vous allez où comme ça», demanda Mohamed Ahamada au Député, qui répondit: «Je vais en mission à Madagascar». Sur le point de s’évanouir et s’étrangler d’étonnement, Mohamed Ahamada ne put s’empêcher de lui demander: «Comment ça se fait qu’un Député, le digne représentant de la nation comorienne, soit incapable de remplir un petit document sur son identité? Je n’encouragerai pas une mascarade en vous aidant à remplir la fiche. Allez demander à ceux qui ont commis le crime de vous élire par l’argent volé aux Comoriens de remplir pour vous votre fiche!». Depuis, en homme de principes, Mohamed Ahamada pose sur l’institution parlementaire comorienne un autre regard, un regard froid et impitoyable, un regard de commisération. Cette découverte l’a brisé de l’intérieur de lui-même. Il dit: «Si je savais que j’allais découvrir une honte aussi horrible, je n’aurais jamais pris cet avion. Mais, je l’ai pris, et depuis, je suis un homme brisé, brisé d’avoir découvert qu’aux Comores on se moque de la sorte de la République, des institutions et des citoyens. Il n’est pas normal que notre pays soit livré à cette mafia qui ne travaille pas pour leur peuple mais pour ses propres intérêts, forcément illicites et douteux. Je sais pour qui je vais voter en 2016 pour que cela change».
   
Le Parlement et les Députés comoriens. C’est une vieille plaie qui ne veut pas guérir. Il fut un temps, sous l’autonomie interne, le Parlement comorien – la Chambre des Députés – était joyeusement qualifié par l’Association des Stagiaires et Étudiants comoriens (ASÉC) de «Chambre des Moutons». Des choses horribles ont pu s’y produire, comme ce 11 juin 1972, quand il a fallu corrompre un Député, en lui donnant 500.000 francs comoriens pour qu’il vote la motion de censure contre le Prince Saïd Ibrahim Ben Saïd-Ali, le 12 juin 1972; et comme on sait que le Député en question appartient à la catégorie de politiciens que Mohamed Saïd Fazul qualifie de «serpents» et «anguilles» pour leur versatilité, il avait fallu le séquestrer pour qu’il n’aille pas chanter ailleurs et révéler le complot. Il n’était pas le seul Député corrompu dans l’affaire, mais son cas est plus flagrant. «Ce chenapan est toujours vivant et est resté un poison qui empoisonne la vie des Comoriens, car la mauvaise herbe a toujours longue vie. «Tel dictateur d’Amérique latine est un fils de chienne, mais c’est notre fils de chienne», avaient l’habitude de dire les autorités états-uniennes.
   
Dans le même Parlement comorien, en mars 1990, sous Saïd Mohamed Djohar, une motion de censure initiée par Nassuf Ahmed Abdallah a été évitée parce que l’entreprenant Député Abdoulhaffar Mohamed Soilihi dit «Magellan», spécialement sollicité par le Président «Papa Djoe», dont il était l’adversaire acharné, avait arrosé des Députés. Voici ce qu’en dit l’ancien Député de Djoiezi, Mohéli: «Quand Djohar a sollicité mon aide, je lui ai donné satisfaction. Avec mon bloc-notes et mon chéquier, j’ai fait le tour de Moroni, à la recherche d’une majorité; le député portait sa signature sur le bloc-notes pour signifier son refus de voter la motion, et recevait 100.000 francs comoriens pour sa bonne volonté. Quand j’ai obtenu les résultats souhaités, j’ai dit à mon ami Nassuf Abdallah, chez qui je logeais d’ailleurs, que je venais de faire échouer son projet de motion de censure, et qu’il pouvait sauver la face en signant sur le bloc-notes. Ce qu’il fit. L’argent que j’ai distribué à droite et à gauche m’a été remboursé dans son intégralité. La réussite de cette opération a fait de moi un homme de confiance pour le Président Djohar. Avant cette affaire, j’étais parmi les plus implacables de ses détracteurs»: Cité par ARM: Comores: Les Institutions d’un État mort-né, L’Harmattan, Paris, 2001, pp. 182-183.
   
L’institution parlementaire est un élément de la vie démocratique et républicaine. Mais, dans le contexte comorien, le Parlement ne sert à rien et il faudra songer à le supprimer et à renvoyer les Députés auprès de leurs mamans. Mais, qui votera la Loi et contrôlera l’action du gouvernement? C’est très simple: il suffira de doter chaque île de l’Union des Comores d’un Conseil des Juristes et demander à chaque Conseil d’élire pour une durée déterminée un nombre donné de juristes devant prendre la place des Députés. Il faudra que les juristes en question soient élus par leurs pairs et qu’ils puissent produire au moins un diplôme qui équivaut à un Master II en Droit public. Celui qui n’a pas son diplôme de Master II en Droit public ne peut siéger au Parlement. De la sorte, on envisagerait les élections législatives sans se poser de lancinantes questions sur leur financement et on contournerait également le deuil national relatif au capital culturel des Députés analphabètes qui embêtent mon ami Mohamed Ahamada dit «Djanilo» dans les avions d’Air Madagascar.
   
Actuellement, au Niger, des dispositions juridiques sont prises pour diminuer le nombre de commerçants qui se font élire au Parlement par leur argent, et c’est le verrou du capital culturel qui a été tiré: seules quelques sièges sont accessibles à des personnes qui n’ont pas fait des études universitaires. Mais, attention, on peut être un bon juriste et un piètre Député, comme on peut le constater à la lumière de l’immense déception qu’a causée le Docteur Abdou Djabir qui, au lieu de proposer deux lois par semaine, pousser le gouvernement à ses derniers retranchements par des questions intelligentes et utiles, donner une vie réelle à l’institution parlementaire, n’a été capable que de proposer une loi sur l’École coranique. Mais, aux Comores, qui s’intéresse à une loi sur l’École coranique? On s’en fout. Au cours de la législature actuelle, seul le Député Abdoulfattah Saïd Mohamed, Député de Moroni-Nord, a été bon. Mais, il a déçu depuis le jour où il a pris fait et cause pour le Caporal Bourhane Hamidou à la suite de la saisie de sa valise de 80.000 euros à l’Aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle. Quel gâchis de la part d’un Député qui a commencé son mandat en fanfare, de façon flamboyante et lumineuse et qui le finit dans la confusion et l’incohérence.
   
Aujourd’hui, les Comoriens sont choqués en apprenant qu’à un moment où la question se pose sur l’utilité des Députés aux Comores, ces derniers se payèrent le luxe d’augmenter leurs indemnités mensuelles de 50%, faisant passer leur salaire de 500.000 à 750.000 francs comoriens. Les mêmes Députés ont poussé l’outrecuidance jusqu’à s’octroyer une indemnité de logement supplémentaire de 200.000 francs comoriens. Est-ce que, à un moment où l’État étrangle les Comoriens, il était nécessaire de procéder à des actes aussi indécents et malsains? Naturellement, non.
   
L’institution parlementaire ne sert plus à rien. Des Députés paient des juristes n’appartenant pas à leur Chambre de Moutons pour la rédaction des propositions de loi. La plupart des Députés actuels ont été élus «grâce» à l’argent volé par Ahmed Sambi aux Comoriens. La réputation de cette institution s’est complètement détériorée le jour où l’ancien satrape Ahmed Sambi a imposé le Caporal Bourhane Hamidou à la tête de l’Assemblée en lieu et place de Djaé Ahamada Chanfi, qui a plus de «présence», de prestance et de capital culturel. Il est donc attendu de Djaé Ahamada Chanfi, au cas où il arriverait à franchir un obstacle nommé Youssouf Boina et à se faire élire Président de l’Assemblée, de s’atteler à la restauration de la réputation et de l’autorité de cette institution complètement discréditée aujourd’hui, qu’il faudra détruire symboliquement et dont il faudra également renvoyer les membres pour faire nommer par leurs pairs, des juristes confirmés qui ne travailleraient que pour faire valoir le Droit, mais sous le regard d’une Cour constitutionnelle également débarrassée de ses mendiants sans culture juridique.

Par ARM
© www.lemohelien.com – Dimanche 8 juin 2014.
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