François Hollande et Valérie Trierweiler pour la galette des rois, à l'Elysée, mardi 7 janvier. | REUTERS Carla Bruni-Sarkozy l...
Carla Bruni-Sarkozy l'avait prévenue à sa manière des ravages de la vie élyséenne : « Je n'en peux plus de cette vie-là », avait-elle confié lors de la passation de pouvoir à celle qui allait lui succéder dans le rôle si ambigu de « première dame ». L'épouse de l'ancien président avait évoqué le poids de la charge, la pression des médias, les médisances et les rumeurs. Valérie Trierweiler savait tout cela, observatrice aiguisée du monde politique qu'elle suivait comme journaliste depuis de nombreuses années.
Née le 16 février 1965 à Angers, elle a débuté sa carrière à la revue Profession politique avant d'être engagée à Paris Match. Elle avait partagé avec François Hollande, l'homme qu'elle aimait depuis le milieu des années 2000, son rêve de devenir président de la République.
FAIRE VITE, IMPROVISER
Elle l'avait accompagné dans sa campagne victorieuse sans vraiment penser à l'après. Mais très vite, l'euphorie de la conquête avait laissé le champ libre aux doutes et aux interrogations. Elle avait compris combien il lui serait difficile de trouver sa place. A ses anciens amis, elle expliquait alors vouloir se donner du temps pour apprivoiser ce qu'elle appelait alors sa « drôle de vie ».
Mais il a fallu faire vite, improviser. Pas mariée, sans statut officiel, la compagne de François Hollande a d'emblée paru hésitante, tiraillée entre le désir de continuer à vivre la vie normale d'une journaliste, divorcée, mère de trois enfants, et celle de participer à sa manière à cette vie publique qui avait happé son couple.
Interrogée par France Inter, quelques jours après l'élection du président socialiste, sur la façon dont elle définirait sa nouvelle fonction, elle avait maladroitement répondu « l'atout cœur, première journaliste ». Une faute qui avait suscité moqueries et ricanements et qui en disait long sur sa difficulté à appréhender son avenir.
LE « TRIERWEILERGATE »
Tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre son travail (elle écrit des chroniques littéraires dans Paris Match) et en continuant à vivre dans l'appartement de location du couple, elle avait pris ses quartiers à l'Elysée, où elle disposait d'un cabinet composé d'un chargé de mission, de deux secrétaires, d'un chauffeur, sous la direction de l'ancien journaliste Patrice Biancone.
Femme de caractère, indépendante, Valérie Trierweiler insistait sur sa détermination à ne pas vouloir se taire. A travers son compte Twitter, elle tenait à faire entendre ses points de vue, au risque de déraper. Le 12 juin 2012, un mois après l'accession de François Hollande à l'Elysée, elle se fend d'un message de soutien dévastateur à Olivier Falorni, candidat PS dissident en Charente-Maritime contre Ségolène Royal, l'ancienne compagne de François Hollande.
Ce « Trierweilergate » provoque la consternation des socialistes et des amis du président. Ces derniers décrivent alors un chef de l'Etat partagé entre la tristesse et la colère et situent à ce moment-là une première fracture au sein du couple. Thomas Hollande, fils de François Hollande et de Ségolène Royal, estime publiquement que ce tweet a détruit l'« image normale » que son père avait construite.
CORRIGER SON IMAGE
La première dame aura beau expliquer par la suite qu'elle a commis une « erreur », le mal est fait, notamment dans l'opinion publique. Elle devient l'une des personnalités les plus détestées des Français. En mars 2013, une passante est filmée en train de demander à François Hollande de ne pas l'épouser :« On ne l'aime pas. » La vidéo fait un carton sur les réseaux sociaux.
Valérie Trierweiler tente de corriger son image, de s'inscrire dans les pas des précédentes premières dames puisqu'elle a bien compris qu'elle devait désormais renoncer à sa liberté de parole, du moins sur les questions politiques. Elle devient ambassadrice de la Fondation Danielle-Mitterrand et continue à participer à certains voyages officiels aux côtés de son compagnon. En décembre 2012, elle confie au Monde qu'elle accepte de « devenir une personne publique » après avoir fait un « refus inconscient du rôle ».
Elle tente alors de tout concilier, activités humanitaires, présence officielle, journaliste prête à défendre ses convictions notamment en faveur du mariage pour tous. Ces derniers mois, la rumeur évoquait des tensions au sein d'un couple qui apparaissait aux yeux des observateurs présents de plus en plus distant lors des voyages officiels. Jusqu'à la déflagration provoquée par la publication du magazine Closer.
Par Vanessa Schneider | lemonde.frHabarizaComores.com | أخبار من جزر القمر.
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