Le vice-président chargé de l’Energie, Fouad Mohadji, a visité, le vendredi 10 juin, les centrales électriques d’Itsambuni et de Vwadju, à...
Abouhariat Saïd Abdallah
Ma-mwe : quelques vérités bien de là-bas
Cela peut s’appeler : “renvoi de l’ascenseur“. Reçu par les nouvelles autorités comoriennes du samedi 30 mai au mercredi 4 juin, le patron du groupe belge Semlex, Albert Karaziwan, se serait battu becs et ongles pour le maintien du directeur général de l’établissement public d’eau et d’électricité, Mlanao Henri Alphonse. Pour ceux qui ne seraient pas au parfum, c’est en septembre prochain que doit prendre fin le contrat de leasing d’une centrale électrique de 5 Mégawatt (Itsambuni à Moroni), signé entre le groupe et la Mamwe. Des prêts que la société d’Etat s’est engagée à rembourser en l’espace de deux ans à raisons de 25 millions de francs par mois. Mais ce n’est pas tout. Elle paye, mensuellement environs 6 millions de francs, pendant vingt mois, au même groupe bien entendu, pour un contrat de location-vente de 20 véhicules de service. L’autre projet, non moins juteux, tombé sous l’escarcelle de Semlex, c’est la vente des compteurs à carte prépayée. Objectif : distribuer 60 000 compteurs à cartes en 18 mois. Un projet que le groupe belge finance à hauteur de “6 millions de dollars“, selon le Dg de la Mamwe. En contrepartie, celui-ci prélèverait 23 francs à partir de chaque kilowattheure vendu. Selon la société de Mlanao Henri Alphonse, près de 7500 compteurs à carte prépayée ont été installés entre décembre 2010 et mars 2011. Last but not least, il y a eu la cession, en juin dernier, du site de Mde (station de pompage d’eau) par les autorités comoriennes au groupe Leignon Synergie Comores (Semlex) pour installer une unité de traitement d’eau de mise en bouteille. En échange, le groupe devait assurer le financement des travaux de réfection du site. Le dernier contrat a été abandonné par le groupe, avait confié le patron de la Ma-mwe sans plus de précisions. Tous ces contrats, conclus à moins de deux ans, ont en commun d’être traités de gré à gré au mépris des normes de passations des marchés publics. A elle seule la Mamwe verserait jusqu’à 800 millions de francs comoriens par an au groupe Semlex. Justement ! A cette question, Guy Ramahany Mandimby, vice-président du groupe belge, avait lâché publiquement en octobre dernier : “C’est toujours l’Etat comorien qui nous sollicite. S’il y a eu violation des procédures d’appels d’offres, ce n’est pas à moi de poser la question“. On attend encore la réponse… Pendant ce temps, l’entreprise publique n’a cessé de croiser le fer avec sa sœur des hydrocarbures. Principal motif : le gazole. Autrement dit, l’incapacité de la Mamwe à honorer ses engagements auprès des Hydrocarbures. Un versement de 40 millions de francs devrait se faire toutes les semaines (les mercredis), selon un accord qui a été signé par les deux établissements publics, pour un approvisionnement quotidien de 40. 000 litres de gasoil nécessaires pour faire fonctionner ses centrales électriques. 60% des recettes de la Ma-mwe seraient consacrés à sa fourniture en gazole. A l’heure où nous parlons, cette quantité serait ramenée à 30 000 litres. Ce qui expliquerait en grande partie le black-out que traversent des nombreuses régions de Ngazidja. La dette de la Mamwe auprès de la société nationale des Hydrocarbures s’élèverait, selon la direction du distributeur d’électricité, “entre 3 et 4 milliards de francs“. La question est au bout des lèvres. Qu’est-t-il advenu aux centrales électriques fournies à l’Etat comorien par la République populaire de Chine en février 2010? Il s’agit d’un don de huit groupes électrogènes d’une puissance cumulée de 10,6 Mw. Ces moteurs devaient être repartis au niveau des trois îles. Première conséquence annoncée de cet appui, l’augmentation significative des capacités de production des centrales de l’entreprise publique de production d’eau et électricité. De la moyenne de 16 Mw (en plein régime), la capacité de production de la Mamwe devrait atteindre environs 23Mw à Ngazidja et Mwali. Pour ce qui est de l’île d’Anjouan, où la production électrique est gérée par une entreprise à part, l’Eda, la capacité de production devrait passer des 5Mw actuels à 8.
Kamardine Soulé:alwatwan
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