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DE L’IDÉALISME AU MATÉRIALISME : MAIS QUE SONT-ILS RÉELLEMENT LES COMORIENS ?

Les nouvelles autorités ont débuté leur mandat avec un compteur presque remis à zéro : une population sans eau ni électricité, des routes délabrées, un réseau de transport aérien engorgé, coût de la vie exorbitant, un secteur privé sans voix avec un patronat divisé et une Chambre de Commerce réduite à un Service du Ministère de l’Economie, entre autres.

Mais cette situation jugée catastrophique qui a poussé la population à sanctionner l’ancien régime n’a pas empêché le Pré- sident fraichement élu, M. Azali Assoumani, de s’engager sur un projet ambitieux tant les enjeux sont prometteurs: faire des Comores un pays émergeant à l’horizon 2030. Un projet qui suscite l’optimisme chez certains et la retenue chez d’autres. Mais, en réalité, où en est-on un an après ? Ce qui est réalisé jusqu’alors laisse croire que si les autorités le voulaient, elles pourraient encore mieux faire et même au-delà de nos attentes. 
Très vite le réseau d’adduction d’eau à Moroni et alentour est rétabli après plusieurs mois de pénurie ; les prix des hydrocarbures sont revus à la baisse afin de lutter contre la vie chère ; les projets d’aménagement et de réhabilitation des routes à commencer par l’axe routier Moroni-Aéroport international ont été repris; l’électricité est désormais fournie régulièrement; la chambre de commerce retrouve sa force à l’issue d’organisation d’élections libres et indépendantes ; nous constatons la multiplication de la fréquence des vols internationaux ; un office national pour la vanille est créé en vue de rendre très compétitifs les produits de rente ; de potentiels investisseurs étrangers expriment déjà leur volonté de venir investir chez nous, etc.

3% la croissance du PIB pour l’année 2017

La Banque Centrale projette à 3% la croissance du PIB pour l’année 2017, motivée principalement par la fourniture effective de l’électricité, la réfection des routes ou encore la ré- habilitation de l’hôpital de référence.

A 3% de croissance, les autorités peuvent s’en ré- jouir eu égard à celui des dix dernières années. La majorité des Comoriens, cependant, s’interrogent, exprimant sur la question des avis mitigés. Certes, les problèmes de l’électricité sont résorbés, les salaires sont reversés tous les mois sans aide budgétaire extérieur, l’hôpital El-Maanrouf est en voie de réfection. Certes ! Mais que veulent au juste les Comoriens? N’estce pas l’insertion professionnelle de nos jeunes qui interpelle et intrigue les uns et les autres ? La question est de se demander si la meilleure façon pour le peuple d’encourager les autorités est de leur exprimer une reconnaissance ou plutôt de les mettre devant leurs responsabilités en les forçant à respecter les engagements contractés devant les citoyens sous peine de lourdes sanctions électorales. En début de mandat, un cadre comorien m’avait signifié qu’il attend du gouvernement Azali deux réalisations significatives avant de lui accorder sa totale confiance : stabiliser le paiement des salaires et mettre fin aux dé- lestages.

Quand on parle d’émergence

Mais après que tout cela fut réalisé, ce même cadre bougonne encore : « le salaire n’est pas une faveur pour un fonctionnaire, et l’électricité en 2017 ne peut être qu’un préalable ». Un autre maugrée : « on ne lui a pas demandé de l’électricité. On attend de lui qu’il nous donne à manger. D’ailleurs, c’est par notre argent qu’on paie cet électricité ». Une chose est sûre : certes sommes-nous tous des êtres naturellement et éternellement insatisfaits. D’un autre côté, doit-on théoriser nos attentes ou prendre toutes les dispositions nécessaires pour les maté- rialiser ? Quand on parle d’émergence des Comores à l’horizon 2030, à peine nous riton au nez ; on n’y croit pas. Et quand on construit des routes, on en minimise l’impact. 
Sommes-nous des idéalistes ou des matérialistes ? Ou ni l’un, ni l’autre ? Alors que pour les autorités, 2017 sera meilleure que 2016, comme 2016 l’a été par rapport à la précédente année – quoi de plus normal !-, les Comoriens sont portés au doute, à la remise en question et au scepticisme. Un scepticisme qui frôle l’esprit de défiance, épousant même la mauvaise foi et qui dé- range. Mais le propre du politique, est de ne jamais céder au découragement. La politique est l’art du possible porté à son plus haut degré de matérialisation et de concré- tisation des idéaux.

Mistoihi ABDILLAHI - Article publié dans le mensuel de l'économie du mai 2017
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