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INTERVIEW - Idole des jeunes au début des années 2000 aux côtés de Soprano dans le groupe Psy4 de la Rime, Alonzo a eu plus de mal que son ami d'enfance à faire décoller sa carrière solo. Après un passage à vide de cinq ans, il a retrouvé le succès avec son album 100%.
Idole des jeunes au début des années 2000 aux côtés de Soprano dans le groupe Psy4 de la Rime, Alonzo revient après un passage à vide de cinq ans, sur ces années de galère, sur Marseille où il vit toujours et sur ses relations avec Soprano. Def Jam France
Il est marseillais d'origine comorienne mais a la ponctualité d'un Suédois. Posé, il répond avec un léger accent du sud. Avant de renouer avec le succès à 35 ans, Kassim Djae alias Alonzo a connu des temps difficiles entre 2010 et 2015. Il revient sur ces années de galère, sur Marseille où il vit toujours et sur ses relations avec Soprano.

LE FIGARO - D'où vient votre nom de scène?

ALONZO - À quinze ans, quand j'étais au lycée, un camarade m'a demandé si j'avais vu Sang Noir (Jason's Lyric) de Doug Mc Henry avec Jada Pinkett Smith, la femme de Will Smith. Alonzo, le nom du héros m'avait interpellé. J'ai fini par voir ce film à 30 ans, il est vraiment supernul (rires). Heureusement, Denzel Washington, mon acteur préféré s'appelle aussi Alonzo dans Training Day. Ça a rattrapé l'affaire.

Ce retour au sommet après cinq ans de galère, c'est comme une seconde carrière. Comment avez-vous fait pour rebondir?

De 20 à 28 ans, j'étais dans le groupe Psy4 de la Rime avec Soprano et Sya Styles.Akhenaton nous a lancés, nous avions un succès extraordinaire, notre public était familial. Quand j'ai eu 30 ans, j'ai décidé tout comme Soprano de lancer ma carrière solo. Lui y est arrivé tout de suite. Moi, j'ai eu plus de mal. Mes deux premiers albums ont surtout eu un succès d'estime. Je sortais d'un groupe, j'ai voulu aller dans tous les sens, incarner toutes les personnalités mais en solo. Heureusement, j'ai rencontré mon beatmaker et réalisateur Spike Miller. Il a remis de la cohérence musicale et je l'ai écouté. Quand Second souffle, mon troisième album est sorti en 2015, certains ont dit que c'était mon premier vrai album solo. Il a été disque d'or. L'an dernier, j'ai été Platine avec Avenue Saint Antoine. Binta, le hit qui était sur cet album a fait 67,5 millions de vues sur YouTube! Sorti fin juillet, mon nouveau hit Suis-moi est à plus de 13 millions de vues. Génération X-Or lancé il y a quinze jours est à plus de 2 millions. Le succès est revenu mais j'avoue que pour un artiste, ces années de galère n'ont pas été évidentes.


Vous avez fait une dépression?

Non! (rires). On en rigole mais cela aurait pu être possible. Heureusement, je n'ai jamais douté de mon talent, j'ai une famille magnifique et la chance d'avoir rencontré Spike Miller qui a su trouver les mots. J'avais trente ans quand c'est arrivé. Même si un homme n'est jamais mature jusqu'à sa mort, j'étais plus posé qu'à vingt ans. Tout cela m'a aidé à gérer et à rebondir. C'est très bizarre mais aujourd'hui, j'ai retrouvé le public familial de mes débuts. Les mères qui écoutaient Psy4 de la Rime emmènent leurs enfants à mes concerts. Arriver à ce partage intergénérationnel, c'est le plus beau dans la musique. Dans le rap, il y a toujours eu de la compétition et des ego trip, c'est ce dont parlent des titres comme Terrain et Génération X-Or mais il y a aussi des textes plus profonds comme Papa Allo et Ma famille où je peux poser le micro pour interpréter de la belle musique avec du fond.

Vous avez toujours pu vivre de votre musique?

Avant le premier album en 2001 avec Psy4 de la Rime, je multipliais les petites gâches. Vous savez, j'ai été papa à seulement dix-sept ans. Mais depuis 2003, j'ai toujours vécu de ma musique. J'ai le même manager que Soprano et le même tourneur. La seule différence, c'est qu'il est chez Warner quand je suis sous contrat chez Universal.

On vous surnomme le Comorien 2.0. Internet, c'est votre péché mignon?

Je gère en direct mon compte Instagram et Snapchat. Facebook par contre, je trouve ça un peu has been donc je laisse ma maison de disques s'en occuper.

Ma Famille, une des chansons les plus réussies de 100% est un duo avec Soprano. Vous évoquez «tout le mal qu'on a pu se faire». Le succès vous a éloigné l'un de l'autre?

On se connaît depuis les couches, bien avant la musique. On est tous les deux d'origine comorienne, nés dans la même cité des quartiers nord à Marseille. Quand nous étions dans Psy4 de la Rime, il y avait évidemment des querelles. Un groupe c'est comme un couple, sans disputes, il y a de l'hypocrisie dans l'air. Ensuite, nos carrières solos ont bouffé notre vie de famille. La passion a pris le dessus sur les choses importantes de la vie. Heureusement, nous avons grandi avec beaucoup de principes et de valeurs. Aujourd'hui, bien sûr, il y a des petits moments où nous ne sommes pas d'accord sur des orientations de carrière mais les liens sont là. Le décès de Sya Styles en 2015 qui rappait avec nous dans Psy4 de la Rime avant de se battre contre un cancer nous a aussi fait grandir et relativiser. Il faut dire «je t'aime» aux gens qu'on aime le plus souvent possible. Sur cet album, par exemple, je parle d'amour. C'est rare dans le rap mais je l'ai fait.


Amel Bent, Dadju, Lartiste, MHD...vous avez truffé cet album de duo. Pourquoi?

Quand je bosse l'album, je m'aperçois que certains morceaux ont besoin de valeur ajoutée. Même si j'ai beaucoup d'émotions dans ma voix, parfois je peux être un peu bloqué. Un duo permet d'atteindre la touche finale. Amel Bent, par exemple, c'était une idée qui me trottait dans la tête depuis longtemps. Dans le rap français, un duo avec une voix féminine de la variété, c'est du jamais vu.

Jul, SCH...que pensez-vous des valeurs montantes du rap phocéen?

La nouvelle scène marseillaise se porte très très bien. Je leur ai dédié à chacun des punchlines bien précises dans mon nouvel album. C'est de l'egotrip, un exercice de style.

Dans le titre La Vaillance, vous comparez les quartiers nord de votre enfance à Bagdad. Pourquoi?

J'habite toujours à Marseille mais j'ai quitté ces quartiers de mon enfance, le fameux Plan d'Aou près de l'hôpital nord. Je me suis retiré plus vers le sud. J'ai évité la Corniche, il y a trop d'embouteillages. Avec quatre enfants, je suis obligé d'être en voiture. Ma mère par contre est restée dans les quartiers nord. Elle n'en partira jamais, pour tout l'or du monde. C'est l'endroit où elle arrivait des Comores au début des années 70. Elle y a tout ses repères , ses frères et sœurs. Du coup, je lui rends visite souvent et cela me replonge dans la cité de mon enfance. Je suis effaré que les politiques des années 70 aient pu construire des cités pour y faire vivre jusqu'à 10.000 personnes. Les barres ont depuis été détruites, seuls subsistent des immeubles de quatre étages mais comme dit Akhenaton, «c'est toujours la même merde sous la dernière couche de peinture». Malheureusement, il y a encore beaucoup de problèmes à gérer là-bas.

Suis moi, extrait de l'album 100%
Par Léna Lutaud - Retrouvez cet interview sur lefigaro.fr
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