Message de l'Aïd El-kebir : le souffle de la dignité face à la souillure de l'arbitraire. Aujourd’hui, le gouverneur fantoche et ses courtisans ont os
MESSAGE DE L’AÏD EL-KEBIR :LE SOUFFLE DE LA DIGNITÉ FACE À LA SOUILLURE DE L'ARBITRAIRE
Mes chers compatriotes d'Anjouan, Frères et sœurs de notre archipel pluriel, et musulmans du monde entier,
En ce jour béni de l'Aïd, jour de sacrifice, de dévotion et de mémoire du cinquième pilier de l’Islam, je vous adresse mes vœux les plus fraternels. Que le Tout-Puissant agrée vos prières, apaise vos cœurs et fortifie vos esprits.
Pourtant, cette année, le cœur de notre capitale historique, Mutsamudu, ne bat pas au rythme de la joie. Il est lourd. Il est meurtri. Notre cité-citadelle vit sous un ciel d'étouffement, badigeonnée par la souillure d'un pouvoir centralisant et hégémonique qui ne respecte ni les vivants, ni les morts, ni le sacré.
Aujourd’hui, le gouverneur fantoche et ses courtisans ont osé franchir les portes de notre Mosquée Principale, Mkiri-wa-Djimwa, ce sanctuaire doublement saint. Maison d’Allah d'abord, mais aussi berceau de notre souveraineté séculaire. C’est sous ces voûtes que battait le cœur politique du Sultanat d'Anjouan, là où les Wakils se rassemblaient pour sceller le destin de la nation, là où les Sultans étaient intronisés. Ce lieu sacré est le gardien de notre mémoire : il émerge des terres anciennes de Dambwe, sanctifié par le mausolée de notre ancêtre fondateur Musa le Noir, et abrite le repos éternel de nos rois, de la régente Bweni Amina, épouse d’Abdallah Ier Al Masela, du Sultan Alawi Ier Al Shirazie, de son épouse Mwana Wetru, et du Sultan Salim II. Ce temple de l'esprit anjouanais est contigu au palais d'Ujumbe comme un témoin éternel de notre grandeur.
Regardez bien les images diffusées ce matin par les objectifs de l'ORTC. Derrière l'apparat hypocrite des costumes d'apparat, derrière les visages figés du despote Azali et de ses collaborateurs vendus, les caméras de la propagande officielle n'ont pu filmer que leur propre solitude. Ils ont voulu théâtraliser leur domination sous nos voûtes sacrées, mais ils n’ont mis en scène qu'un désert moral.
Aujourd'hui, je veux tirer mon chapeau à la population de Mutsamudu.
Par un boycott massif, digne et souverain, vous avez laissé la Mosquée centrale vide de ses enfants légitimes. Vous avez refusé de mêler vos prières à celles des lèche-bottes du régime et des opportunistes importés d’ailleurs. En allant célébrer la fête dans les mosquées secondaires et environnantes, vous avez envoyé un message d'une puissance inouïe : on peut occuper nos murs, on n'occupera jamais nos âmes.
À travers ce geste de dissidence magistral, Anjouan démontre sa maturité. Notre combat, porté par l’O.P.I.A., n’est pas un cri de haine, mais une quête de justice. Nous luttons pour que chaque île de cet archipel voie son histoire, sa mentalité, sa langue, ses coutumes et sa culture culinaire respectées au sein d'une Confédération des États souverains. Seul ce système juste et équitable mettra fin au suprémacisme qui nous étouffe.
À toute notre jeunesse, à nos militants qui s'organisent dans l'ombre, à toutes les familles qui subissent la chape de plomb de la dictature : ne perdez pas espoir. Le boycott d'aujourd'hui est la preuve que la graine de la liberté germe et que le peuple sait faire bloc.
Que cet Aïd soit le ciment de notre unité. Restons debout, restons dignes, et restons connectés à la force de nos ancêtres.
Aïd Mabrouk à Anjouan, à l'archipel, et à la Oumma entière.
Anli Yachourtu JAFFAR
28 mai 2026


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