A La Réunion, une filière canne à sucre performante mais dépendante

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Tereos et le monde agricole réunionnais se battent pour limiter les effets de la disparition des quotas européens en 2017, qui exposera dav...

Tereos et le monde agricole réunionnais se battent pour limiter les effets de la disparition des quotas européens en 2017, qui exposera davantage le sucre local à la concurrence mondiale.

Pilier de l’agriculture réunionnaise, la canne à sucre fait vivre près de 3.000 exploitations qui alimentent les deux usines locales, détenues par Tereos Océan Indien depuis 2010. Résultat de plusieurs décennies de restructuration industrielle, les sucreries de Bois-Rouge et du Gol – couplées à deux centrales thermiques d’Albioma – sont réputées mondialement pour leur niveau de performance. Bardées de certifications ISO, elles souffrent toutefois de la stagnation des livraisons de cannes, autour de 1,8 million de tonnes par an.

L’agriculture insulaire subit, en effet, la pression de l’urbanisation, qui grignote les surfaces cultivées. Elle résiste en augmentant son rendement, mais seuls les soutiens publics permettent de compenser ses coûts de production élevés. Depuis les années 1960, le sucre réunionnais bénéficie de l’organisation commune de marché qui le met à l’abri des variations du cours mondial et garantit son écoulement sur le marché européen.

Suppression des quotas et des prix garantis


En 2006, quand le prix d’intervention a baissé de 36 %, Bruxelles a autorisé la France à augmenter ses aides pour compenser cette baisse. Sous la pression de l’Orga­nisation mondiale du commerce, l’Union européenne s’apprête, aujourd’hui, à supprimer le dispositif des quotas et des prix garantis.

Fin 2017, une partie de la pro­duction locale (100.000 tonnes, destinées au raffinage) se trouvera donc en concurrence directe avec le sucre européen. L’autre partie, 105.000 tonnes, se compose de sucres roux spéciaux destinés aux industries agroalimentaires. Tereos souhaite qu’ils soient exclus des accords de libéralisation entre l’Europe et les pays tiers. Le gouvernement a fait savoir qu’il défendrait cette demande.


Mais l’inquiétude grandit dans le monde agricole à mesure qu’approche l’échéance de 2017. Des propos rassurants étaient espérés de François Hollande, qui devait visiter l’usine de Bois-Rouge, vendredi, avant d’annuler son voyage à La Réunion à cause du crash du vol d’Air Algérie.


Il reste trois petites années à la filière agro-industrielle pour obtenir ce qu’elle a toujours obtenu ­jusqu’à présent : le renforcement du soutien public. C’est la seule solution pour sauvegarder un pan essentiel de l’économie dans une île confrontée à un taux de chômage record (29 %).

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