Escalade du ridicule et gesticulation dramatique sur l’alcool en «pays d’Islam»

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Les Comores se ridiculisent dans les vapeurs et effluves des boissons alcoolisées

Les Comores se ridiculisent dans les vapeurs et effluves des boissons alcoolisées.

On aimerait tant comprendre la petite hypocrisie qui fait que le sujet le plus courant aux Comores, supposément un «pays d’Islam», est toujours en relation avec l’alcool: le secrétaire général du Bureau du Mufti trébuche et se fait prendre la main dans le sac? C’est qu’il est pris en flagrant délit de corruption dans une affaire d’alcool. On recherche le sujet qui suscite le plus de controverses dans les rangs des pouvoirs publics comoriens?

On le retrouve dans des histoires d’alcool, tantôt parce qu’il y a des accusations d’attribution abusive du monopole de la vente de l’alcool, tantôt parce qu’il y a des accusations de vente d’alcool périmé. On tente de saisir tous les dysfonctionnements de l’Administration comorienne? On les retrouve dans des notes d’annulation ou de suspension d’autorisation d’importation d’alcool. D’où la question: est-ce qu’en dehors de l’alcool, les autorités comoriennes n’ont pas un autre sujet de discussion et de controverse?

On a vu l’ancien satrape Ahmed Sambi détruire l’Hôtel Galawa Beach à la Grande-Comore, pour des raisons d’une méchanceté inouïe, des raisons liées notamment au caractère bidon d’un investisseur bidon provoquant une confusion monumentale, surtout quand il parlait de la construction d’un «hôtel halal» qui devait prendre la place du Galawa Beach, un «hôtel halal» qu’il ne construira pas. Tout ceci nous fait penser à cette remarque assassine faite par un journaliste marocain: «Pour vraiment saisir le côté bon père de famille de certains, il faut se lever tôt et se placer devant la porte de sortie du dépôt d’alcool dans les supermarchés, même en période de ramadan, dans le cas de certains». On peut faire la même remarque dans le cas spécial des Comores.
      
Il y a donc confusion. Cette confusion est d’autant plus grande que le sujet suscitant le plus de controverses en ce moment aux Comores est, une fois de plus, lié à Sa Majesté Impériale l’Alcool. Qu’on s’en rende compte. Le jeudi 5 juin 2014, Hamada Moussa, Directeur de l’Administration générale des Impôts et du Domaine, signe une note annulant l’autorisation d’importation de l’alcool par la Société AGK, et une autre suspendant l’autorisation de la Société NICOM en matière d’importation de la même tisane.

C’est alors qu’on assista à un début de polémique. En effet, ajoutant la confusion à la confusion, un journaliste prétendument appelé Mohamed Youssouf – à Moroni, il se murmure sous le manteau qu’il n’existe pas – publia un article dans La Gazette des Comores pour signaler que l’État comorien doit 2 milliards de francs comoriens à Amine Kalfane, le Directeur de la Société AGK, et que la somme en question aurait servi au paiement des salaires des fonctionnaires comoriens. Comme si l’État comorien, même «mort-né», aurait cessé d’exister. Le titre de l’article de Mohamed Youssouf publié mardi 10 juin 2014 est très polémique, plus que polémique: «L’État peut-il rembourser les 2 milliards d’Amine Kalfane?». Et comme s’il n’avait pas assez dit, il renchérit: «L’État a-t-il peur des 2 milliards d’Amine Kalfane ayant servi à payer les fonctionnaires?».
     
Or, le jeudi 11 juin 2014, la Société AGK a sévèrement et catégoriquement démenti l’information ou rumeur selon laquelle elle aurait versé 2 milliards de francs ayant servi au paiement des salaires des fonctionnaires comoriens, et le fait savoir à La Gazette des Comores dans un droit de réponse pour le moins musclé et viril: «Dans votre livraison 2200 du mardi 10 juin, vous avez mentionné, sans citer aucune source, le montant de 2 milliards de francs comoriens que M. Amine Kalfane aurait versé à l’État “pour payer les fonctionnaires’’. Nous opposons un démenti ferme et catégorique à cette allégation mensongère qui relève, en plus de la diffamation, d’une campagne malhonnête orchestrée par des officines privées contre la société AGK. 

Par ailleurs, il est surprenant qu’un journal aussi sérieux que La Gazette des Comores reprenne les rumeurs publiques et ne cherche pas à recouper ses informations et ce, au mépris des règles élémentaires du journalisme (vérification des sources). Votre journaliste aurait pu prendre contact avec la direction de la société AGK pour confirmer ou infirmer l’information au lieu de participer, sciemment ou non, à cette triste cabale lancée par des personnes dont la moralité a toujours été douteuse. En réalité, depuis le vote, puis la promulgation de la loi sur la concurrence, il y a des gens qui, par tous les moyens, cherchent à empêcher l’application effective de cette loi». Ce démenti correspond parfaitement à celui des proches du Vice-président Mohamed Ali Soilihi, qui rient à gorge déployée à la suite de la parution de l’article semant la confusion. Ils emploient pratiquement les mêmes mots que la Société AGK, parlant de «rumeurs stupides et absolument infondées», d’«allégations mensongères et tendancieuses» et de campagne de «diffamation visant en définitive le Vice-président Mohamed Ali Soilihi, sans le nommer pour l’instant, mais ça finira par arriver».
     
En réalité, pour la crédibilité des institutions publiques comoriennes, il est temps pour l’État comorien de se désengager de cette affaire d’alcool et laisser NICOM et AGK y faire leur commerce sans soulever de vagues. En effet, il est hautement ridicule de constater que le commerce des voitures, des matériaux de construction, des denrées alimentaires et autres biens de consommation ne soulève aucun problème. Il a fallu que ça soit le commerce de l’alcool en «pays d’Islam» qui pousse les autorités comoriennes dans les bas-fonds de la honte et de l’opprobre.

Il est temps pour les Comores de laisser les commerçants mener leurs affaires sans avoir à s’y impliquer et à s’y faire ridiculiser de la plus horrible des manières. En plus, dans la mesure où le commerce de l’alcool représente de grands enjeux économiques et financiers pour l’État comorien et que ce dernier y fait son beurre sans chichis, il serait temps de laisser aux Comoriens une liberté religieuse totale, car ça ne sert à rien de faire les choses à moitié, en respectant ou ne respectant pas les règles de l’Islam selon des intérêts qui n’ont rien à voir Dieu et la religion.

Par ARM
© lemohelien – Jeudi 12 juin 2014.
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