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MAYOTTE. En dépit d'engagements sur près d'1,3 milliard d'euros, le plan présenté avant-hier par la ministre française des Outre-Mer est accueilli avec circonspection par la classe politique et le patronat. Quant au collectif et l'intersyndicale, ils parlent de "poudre aux yeux" et n'excluent pas une reprise des barrages.

53 mesures, des engagements financiers importants et des décisions à forte valeur symbolique comme l'autonomisation de l'agence de santé, du rectorat et de Pôle Emploi. Pour important qu'il soit, le plan d'action gouvernemental dévoilé mardi par la ministre française des Outre-Mer Annick Girardin est loin d'avoir convaincu les représentants de la population mahoraise (notre édition d'hier). Pourtant qualifié "d'une ampleur sans précédent" par la ministre, avec 1,3 milliard d'investissements comptabilisés, le catalogue de mesure n'a pas emporté l'adhésion des leaders des collectifs citoyens et de l'intersyndicale, déjà déçus par le changement sémantique opéré. Le "plan de rattrapage et de développement pour Mayotte" s'étant transformé mardi en "plan pour améliorer le quotidien des Mahorais".

"Cela traduit une chose : l'Etat français maintient le flou. Au lieu de guérir Mayotte de ses maux, à commencer par l'immigration clandestine, on cherche à la maintenir dans un état végétatif avec des mesures qui vont d'abord satisfaire quelques élus et bénéficier à la population étrangère illégale", déplore Fatihou Ibrahime, porte-parole du collectif des citoyens et de l'intersyndicale.

"Nous allons étudier en profondeur ces annonces, car certains montants annoncés englobent des sommes déjà prévues. Nous voulions un vrai plan de rattrapage, avec une loi-programme engageant l'État au-delà du quinquennat, c'est une déception", poursuit le porte-parole.

"Ce plan est de la poudre aux yeux, un écran de fumée", enfonce Said Kambi, l'un des leaders du mouvement. "La sécurité, préalable au développement, n'est pas rétablie. Les agressions ont repris dès la levée des barrages, L'État refuse d'apporter les vraies solutions", affirme-t-il. "Il est incroyable que la France, 5e puissance mondiale, se fasse tenir tête par les Comores, un pays sous perfusion française", ajoute-t-il en référence au refus de Moroni de réadmettre les réfoukés de Mayotte.

Quant aux mesures présentées, Said Kambi dénonce "un plan qui a pour mission d'effacer l'identité mahoraise, en favorisant des villages d'origine anjouanaise ou ceux dont les maires sont dociles." Certaines sont même "risibles" selon lui, à l'image des 4 millions d'euros attribués à la remise en état des équipements sportifs. "On ne fait même pas deux stades avec ça !"

Du côté des élus, on estime aussi que le plan "est loin du compte", même si on salue "le travail réalisé par la ministre qui a beaucoup bataillé", tempère Mohamed Bacar, maire LR de Tsingoni et porte-parole des élus. "Les études que nous avons menées démontraient qu'il manquait 5 milliards d'euros pour que les collectivités se mettent au niveau des standards métropolitains. Il y a des décisions importantes, mais c'est encore trop peu pour que Mayotte trouve sa place dans l'océan Indien et forme sa jeunesse pour qu'elle prenne les responsabilités dans l'avenir, qui passera par le développement touristique", souligne M. Bacar.

À cet égard, l'annonce d'une nouvelle mission d'évaluation pour le développement du trafic aérien, et notamment l'allongement de la piste de l'aéroport de Dzaoudzi a laissé de nombreux interlocuteurs sur leur faim. "Ces études existent déjà, on décale encore le problème", estime Fatihou Ibrahim.

Du côté du patronat, fortement ébranlé par la grève et les blocages de mars-avril, on est également circonspect vis-à-vis des annonces faites par la ministre. "On est comme Saint-Thomas, on attend de voir", prévient Carla Baltus, présidente du MEDEF. "Il faut voir si ces mesures seront accompagnées des moyens humains et techniques nécessaires."

Ouverture d'un abattoir, relance de la filière ylang-ylang, création d'un comité des pêches, autant d'annonces correspondant à des souhaits du monde économique mahorais, mais qui sont restées relativement vagues quant à leur réalisation. "C'est comme la création d'une direction régionale de Pôle Emploi. C'est une bonne chose à condition que cela ne soit pas une coquille vide", illustre Carla Baltus, qui rappelle la préoccupation des entrepreneurs concernant le passage au droit commun et la hausse du coût du travail, venant s'ajouter aux dégâts de la grève et à la frilosité des banques. "Il faut rendre Mayotte attractive, et cela ne se fera que si les projets sont accompagnés d'une ingénierie technique et financière, que la commande publique abonde et que des chantiers soient lancés dès aujourd'hui", conclut la cheffe d'entreprise.

Si le début du ramadan, dans les prochaines heures, devrait apporter un temps de répit au gouvernement, la déception affichée par les principales composantes de la société mahoraise pourrait se rappeler à lui après l'Aïd. "Nous restons mobilisés", assure d'ailleurs Said Kambi, qui n'exclut pas un retour des barrages : "Le combat continue." ©JIR - clicanoo.re
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