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À Zanzibar, on invoque le Coran pour lutter contre la surpêche.

Aux bords de l'Océan indien, sur les côtes de l'île de Misali, dans l'archipel de Zanzibar, les poulpes autrefois nombreux ont commencé à décliner. Surpêche, exploration pétrolière, changement climatique ont peu à peu miné l'écosystème au large de la Tanzanie. Le gouvernement, peu impliqué, n'a pas déployé de grands moyens pour y remédier. A défaut d'infrastructures adaptées, c'est en mobilisant la religion que certains résidents ont résolu de s'attaquer au problème:
«Que vous attrapiez des poissons de petite taille, endommagiez des récifs coralliens ou utilisiez des filets dans les zones d'herbes marines... cela est interdit du point de vue islamique», déclarait Ali Said Hamad, coordinateur national du réseau communautaire Mwambao Coastal.

Un Coran pour des poulpes

En 2016, il a commencé sa croisade en visitant quelques villages pour les sensibiliser à la disparition du poulpe. Depuis, près de 436 hectares de zones de pêche ont pu être fermés par intervalles de trois mois par an, le temps que la population de poulpes se régénère.

La population locale, elle, est majoritairement musulmane: un mythe local raconte que l'île aurait été visitée par le prophète Hadhara qui, demandant aux pêcheurs un tapis de prière, se serait vu rétorquer qu'il n'y en avait pas ici puisque l'île en forme de larme, dont la plage nord est orientée vers la Mecque, était comme un tapis de prière. «Misali», en kiswahili, signifie de fait «tapis de prière».

Cette «éthique environnementale islamique», comme l'appelle The Atlantic, s'appuie ainsi sur une série de rituels liés à la religion musulmane. Certaines fermetures coïncident de cette façon avec le ramadan, «parce que lorsque l'eau entre dans vos oreilles et votre nez, cela signifie que vous rompez le jeûne», explique Ali Thani.

Par revers, lors de la fête de l'Aïd, les gens tâchent de vendre les plus gros poulpes afin de «gagner de l'argent et acheter des vêtements pour leurs enfants».
«Par le passé, mélanger politique et religion a facilité l'exploitation massive des ressources naturelles dans les anciennes colonies comme Zanzibar, suivant l'édit du XVe siècle du pape Nicolas V pour «capturer, vaincre et soumettre», rappelle The Atlantic.
En 2015, le pape François a mis l'accent sur le développement durable dans son encyclique «Laudato si': sur la sauvegarde de la maison commune», à l'instar de traités environnementaux juif, sikh, hindous ou bouddhiste.

Enjeux pétroliers et tensions religieuses

Mais l'équilibre entre la durabilité (ou, par un détour idéologique, la foi) et la survie économique demeure précaire à Zanzibar. Comme le raconte Aboud Jumbe, le directeur de la politique du ministère des Territoires, «les gens sont conscients des changements qui les entourent –les pêcheurs sont conscients des stocks qui s'assèchent dans les récifs coralliens; les fermiers sont conscients du changement des pluies»... mais la politique du gouvernement n'est pas raccord.

Ce dernier a lancé l'an dernier un contrat avec la société des Émirats arabes unis RAK Gaspour exploiter le pétrole et le gaz du territoire, qui fait par ailleurs face à un boom démographique et un niveau de pauvreté qui dépasse les 50%.
«Même si nous avons des aînés religieux de communautés locales qui sont à la pointe de la conservation et de l'adaptation [au changement climatique], que peuvent-ils faire face à cet agenda de développement très agressif?», déplore Jumbe.
À cela s'ajoute une hétérogénéité confessionnelle et idéologique qui marque de fortes divergences. Alors que les financements de la Fondation islamique pour l'écologie et les sciences environnementales demeurent encore majoritairement le fait d'organisations laïques, le wahhabisme, qui a gagné de nouvelles terres à Zanzibar, s'oppose farouchement à certaines pratiques syncrétiques entre traditions swahili et islam qui se traduisent par l'adoration de bosquets sacrés. The Atlantic rapporte à cet égard l'anecdote d'un homme ayant prêté allégeance à l'organisation État islamique qui, l'an dernier, avait abattu un arbre en Syrie, craignant que les locaux polythéistes ne l'adorent comme un dieu.

Si les politiques de protection de l'environnement demeurent laborieuses et semées d'embûches, il semblerait tout de même que les poulpes de la région soient passés de 1kg à 2 voire 2,5kg depuis la mise en place de la stratégie religieuse.

Repéré par Léa Polverini - ©slate.fr
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