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L'affaire de la citoyenneté économique n'en finit pas de créer des remous en Union Des Comores. Le mardi 7 novembre 2017, deux anciens présidents, Ahmed Sambi et Ikililou Dhoinine ont été auditionnés par la commission d'enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur ce programme controversé.
La veille, la voiture de Dhoulkamal, le vice-président de l'assemblée nationale, à la tête de cette commission, a été incendiée. Un acte que beaucoup interprètent comme étant une tentative d'intimidation.

C'est le plus gros scandale politico-financier que le pays n'ait jamais connu. De 2008 à 2017, entre 200 à 300 millions de dollars, se sont évaporés dans la nature. Une somme mirobolante qui équivaut quasiment à la moitié de notre PIB. À l'origine de cette loi de marchandisation de la citoyenneté comorienne, il y a le sulfureux businessman franco-syrien Bachar Kiwan.

C'est sous la présidence de Sambi, en novembre 2008, que fut votée à l'assemblée, dans des circonstances rocambolesques, cette fameuse loi relative à la citoyenneté économique.

Que dit la loi?

Comme son nom l'indique, cette loi dispose que pour bénéficier de la citoyenneté, il fallait en faire la demande individuellement auprès d'une commission nationale indépendante et surtout répondre au critère de " partenaire économique". La somme investie par le demandeur devait être déposée directement auprès d'une institution financière ou bancaire agréée en union des Comores qui percevrait l'argent au profit du trésor public.

En théorie avec de tels mécanismes en place, il ne devait y avoir aucune dérive possible. Mais depuis sa promulgation, aucun des gardes fous prévus par le législateur n'a été respecté. La commission nationale indépendante n'a jamais été mis en place. Les passeports étaient accordés de manière discrétionnaire par des administrations ne figurant pas dans la loi.

L'argent passé de main en main et arrivait en liquide aux Comores, jusqu'à ce que notre banque Centrale trouve cela suspect, et exige que les transactions se déroulent directement entre elle et la banque centrale des émirats. Pourquoi transporter des millions de dollars en espèce, à l'heure ou même le petit fonctionnaire comorien reçoit son misérable salaire par virement bancaire?

Nous sommes bien en présence d'un réseau mafieux, qui a délibérément choisi de faire fi de la loi et d'agir en dehors de tout cadre légal.

Sambi clame son innocence 

Lors d'un point presse qui a suivi son audition, l'ex-président Sambi, a rejeté toute responsabilité sur ses ministres.

Il affirme avec un incroyable toupet, qu'il pensait que la commission prévue par la loi était en place. Selon lui, les dérives constatées ne peuvent être imputées qu'à ses ministres des finances, Ikililou, Mamadou et Dossar, ou à Abou Achirafi ancien directrice nationale de la sûreté du territoire, ou à son ministre de la justice. 

N'a-t-il pas trouvé cela étrange que l'argent vienne en espèce? Il répond avec une légèreté déconcertante: "kazanihusu wala kazanitria shughuli, lorsque l'argent arrivait en cash, je me contentais de l'envoyer à la banque centrale."

Il reconnaît pourtant que son ami Bashar Kiwan a détourné 16 millions de dollars. Qu'il a dû faire une intervention auprès des Émirats pour que Kiwan rende l'argent, ce qu'il n'a jamais fait jusqu'à aujourd'hui. Mais le plus terrifiant, c'est d'apprendre que des membres du groupe terroriste le front Al Nusra, ont pu acheter des passeports comoriens.

Sambi et les autres hommes politiques, de tous bords, impliqués dans cette affaire, portent une lourde responsabilité.  S'ils avaient veillé à ce que la loi soit appliquée, que la commission soit mise en place, que l'argent soit déposé directement à la banque centrale sans passer par des intermédiaires, et que les sommes perçues figurent dans les lois des finances, les 300 millions de dollars n'auraient pas disparus sans laisser de trace.

Une commission d'enquête salutaire

L'équivalant de la moitié du PIB, d'un des pays les plus pauvres de la planète, a été détourné. Sous d'autres cieux, il y a bien longtemps que têtes seraient tombées.

Aussi imparfaite soit-elle, cette enquête parlementaire est un signal fort envoyé à ceux qui dirigent le pays. Ils savent désormais qu’il n’y a plus d’intouchables, que plus personne n’est à l’abri et qu’en quittant le pouvoir, ils peuvent être convoqués pour rendre des comptes au peuple comorien. ©Comores Développement 
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