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Cela fera bientôt trois mois qu’Azali a inauguré avec faste l’hôpital de Bambao Mtsanga, et dans la foulée il a procédé à la pose de la première de pierre d’un grand futur hôpital de référence à Moroni de sept étages. On parlait alors de l’émergence sanitaire. Loin de l'attitude exagérément enthousiaste des griots du régime, nous faisions déjà remarquer la différence entre l’inauguration d’un établissement hospitalier et sa mise en service effective. D’ailleurs, en temps normal, l’inauguration d’un établissement public se fait quand celui-ci est entré dans une phase opérationnelle. Pour le coup, émergence se confond avec urgence...

Il était évident que cette inauguration n’était ni synonyme d’amélioration de l’offre de soins aux Comores encore moins le début de l’émergence sanitaire. Sans doute le conseiller aux affaires sanitaires et sociales, le docteur Sounhadj, n’a-t-il pas eu le courage de faire comprendre à Azali que les murs d’un établissement hospitalier ne sont pas à eux seuls constitutifs d'une offre de soins ne fusse que basiques à laquelle les comoriens sont en droit d’attendre. Le comble, des intellectuels comoriens se sont mis à croire ou font semblant de croire qu’Azali Assoumani améliore l’offre de soins dans le pays.

Mais les paroles mielleuses d’Azali dans le domaine de la santé n'ont pas tenu longtemps face à la réalité triste et accablante que les comoriens vivent au quotidien. Et la récente déclaration oiseuse d’Azali Assoumani selon laquelle l’hôpital de Bambao Mtsanga doit participer à l’émergence des Comores sera tragiquement démentie. Il n'est pas décent d’utiliser l’émotion des gens pour interpeller Azali Assoumani sur le vide et les incohérences de sa politique en matière de santé... Mais nous n’avons pas trop le choix; il est urgent qu’Azali Assoumani se rende compte de l’hiatus entre ce qu’il dit et ce que les gens vivent au quotidien, et qu’il arrête de s’enfermer dans une communication outrancière indécente.

Les mots d'Azali n'ont plus de poids! Ces images de comoriens victimes du terrible accident de dimanche dernier dans la région de Bandrani, acheminés et déposés à la sauvette à Sada dans des conditions de forte houle en cette période d'alizés et d'impossible assistance médicale, diffusés sur les chaînes du monde entier montrent la permanence de la faillite ou de l'inexistence du système sanitaire comorien nonobstant l’inauguration à grand frais et avec fanfare de l’hôpital de Bambao Mtsanga. Malgré l'émergence sanitaire chantée par Azali Assoumani, le pays est incapable de prise en charge des blessés, mais ce qui choque le plus, ce sont les conditions dangereuses, inhumaines paradoxalement salutaires de transport de ceux-ci: accepter et affronter la mort une seconde fois pour une offre de soins et survivre. L’émergence sanitaire faite de Kwassa Kwassa humanitaire est le lot des comoriens! A côté de ses images spectaculaires qui ne choquent plus tant elles deviennent banales, nous avons d’autres plus sournoises mais violentes du point de vue de l'éthique et de la conscience humaine qui rappellent de façon résignée le chaos, le désordre d’un système de santé qui n’a d’existence que de nom.

Il est plus qu’urgent qu’Azali Assoumani revoie sa politique sanitaire et mette en place une réflexion cohérente dans ce domaine. Selon la communication gouvernementale, la nouvelle construction de l’hôpital El-manrouf est censée mieux répondre à la question de l’offre de soins aux Comores. Mais comment peut-on dans ce domaine insulter le présent et miser sur l’avenir? Comment peut-on laisser les gens souffrir et mourir d’absence d’offre de soins et leur promettre le meilleur dans un avenir hypothétique? Nul doute, les mêmes causes produiront les mêmes effets ici et là, aujourd’hui et demain. Un hôpital de sept étages de 650 lits ne fonctionnera guère mieux que les structures sanitaires actuelles si les causes du dysfonctionnement et de l'inefficacité de celles-ci demeurent. Le pari d’une offre de soins meilleure doit se gagner dès à présent, par la capacité des Comores à améliorer, à rendre plus efficaces et efficientes les structures existantes... 
Il est illusoire de vouloir construire du neuf sur de la pourriture... L’une des pourritures est de croire qu’il suffit d’avoir des murs, de les inaugurer pour que l’on soigne mieux les gens. L’offre de soins dans un pays résulte de la satisfaction d’un certain nombre de conditions qu’ Azali Assoumani, pris dans la précipitation émergente, ne peut voir. Ainsi émergence sanitaire rime malheureusement avec Kwassas humanitaires vers Mayotte...

AHMED Bourhane
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