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L’exercice illégal du métier de médecin est incontrôlable. L’Ordre des médecins découvrirait deux « faux médecins » par mois.

Usurpateurs. Un homme exercerait illégalement en tant que médecin dans la commune rurale d’Ambohibe, du district de Vavatenina et de la région d’Analanjirofo. Il utiliserait des médicaments pour soigner ses patients. Il irait jusqu’à faire des injections. Il ne serait, pourtant, ni docteur en médecine ni diplômé en paramédical. Toutefois, une petite erreur de sa part pourrait coûter cher aux malades. « N’ayant constaté aucune amélioration avec  ce faux médecin, les malades viennent chez nous. Mais souvent, c’est trop tard. Ils y ont dépensé toute leur fortune mais leur maladie s’est pourtant aggravée», témoigne un responsable de la santé dans la région d’Analanjirofo, hier.

Ils seraient nombreux à être de faux médecins dans les zones rurales de cette région, que ce soit à Vavatenina, à Fénerive-Est, à Maroantsetra ou à Mananara-Nord. «Ils sont incontrôlables. Il y en a dans tous les coins, notamment dans les zones inaccessibles. Nous nous demandons comment ils peuvent se procurer ces médicaments. On les a dénoncés aux autorités locales, mais ils continuent à exercer. Nous craignons que certaines autorités les laissent faire », ajoute ce médecin.
Sous les verrous

Ce phénomène toucherait tout Madagascar. Le président de l’Ordre des médecins, Eric Andrianasolo, a avancé que, en moyenne, deux faux médecins par mois sont repérés. C’était dans le cadre de l’assemblée générale des membres de l’Ordre des médecins à Analamanga,v endredi. «Plusieurs d’entre eux sont déjà sous les verrous. Certains ont opéré des patients sans avoir aucune compétence. Ces derniers y ont perdu la vie », explique le Dr Eric Andrianasolo.


Le manque de personnel et d’infrastructure de santé dans les zones enclavées pourrait accentuer la prolifération de cet exercice illégal du métier de médecin. Dans le Sud de Mada­gascar, par exemple, une quarantaine de kilomètres sépare un centre de santé de base des habitants.  
Le Directeur de cabinet du ministère de la Santé publique, le professeur Willy Randriamarotia, soutient qu’actuellement, le ministère favorise le recrutement des médecins et paramédicaux prêts à travailler dans les centres de santé des villages éloignés, pour rapprocher le soin de la population. Il avance l’importance d’une intervention multisectorielle. « Si des médecins sont prêts à travailler dans les zones enclavées, leur sécurité devra être assurée », recommande-t-il.

Miangaly Ralitera - Arricle publié par l'express de Madagascar
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