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Sur Twitter et dans les médias pro-régime, les appels à la normalisation avec Israël se multiplient. Un débat inédit s'ouvre au royaume des Salmane.

Mais dans le pays, le débat est explosif et polarisant. Aussi, un mot-clé concurrent « Contre la normalisation » a été repris deux fois plus que le précédent par les utilisateurs saoudiens en seulement quelques heures. Le compte satirique Saudia Times, qui réunit 17 000 followers, y ajoute une caricature très peu flatteuse pour le roi Salmane, représenté en serviteur du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, flottant sur une rivière de sang palestinien.

Et ce ne sont pas les comptes Twitter de Saoudiens conservateurs – et violemment anti-israéliens – très suivis qui ont été supprimés par les autorités ces six derniers mois, comme le note le politologue Stéphane Lacroix, spécialiste de l'Arabie saoudite, qui ont refroidi les mécontents.

L'Iran est le véritable ennemi, pas Israël

« Inimaginable il y a dix ans, ce hashtag est lancé comme un ballon d'essai pour tester l'opinion » sur une normalisation des relations avec l'État hébreu, analyse Stéphane Lacroix, également chercheur au centre de recherches internationales de Science po. Et ce sondage officieux ne se limite pas à la sphère virtuelle. Dans les journaux saoudiens très contrôlés par le régime, plusieurs tribunes plaident également en faveur de la détente. Le 6 juin 2017, le journal Al Riyadh publiait un éditorial dénonçant « l'hostilité exagérée » des pays arabes, alors que « les Palestiniens au pouvoir ont déclaré la paix avec Israël ». Dans cette tribune traduite par le site MEMRI, Masad el Osaimi enjoint à ses lecteurs de tourner la page avec Israël, qui n'est « pas menaçant », alors que l'Iran est « le véritable ennemi qu'il faut vaincre ».

L'escalade des tensions dans le Golfe persique justifierait d'appliquer désormais à la lettre le fameux proverbe « l'ennemi de mon ennemi est mon ami ». Mais pour l'Arabie saoudite, qui refuse de reconnaitre Israël depuis 70 ans, un tel changement de doctrine serait tout sauf anodin. « Tous les autres pays du Moyen-Orient ont déjà fait un pas en direction d'Israël », justifie Khaled Mohamed Batrafy, chercheur en science politique dans les colonnes de Makkah news, journal de la première ville sainte de la monarchie saoudienne. « La crise du Qatar, le transfert des îles égyptiennes à l'Arabie saoudite et la politique de confinement de l'Iran sont des rebondissements géopolitiques qui permettent de définir une nouvelle ère dans la relation israélo-saoudienne. L'intérêt, avant tout géopolitique, est de contrer l'Iran », détaille Hassan Maged, fondateur du cabinet D&S consulting, spécialisé dans les partenariats avec le Golfe persique.

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Alors qu'aucun dialogue direct et officiel n'a lieu entre Riyad et Tel-Aviv, un site d'information de la monarchie pétrolière a offert, en mai dernier, une longue interview au ministre israélien du développement régional. L'éditorialiste saoudienne Sahem el Qahtani avait déjà préparé le terrain en 2016 dans le quotidien al Jazira – à ne pas confondre avec la chaîne qatarie honnie par les Saoud – en militant pour le respect d'Israël, un « pays pragmatique, leader au Moyen-Orient ». Dans une série de cinq articles, elle décrivait la « normalisation », en clair, la reconnaissance de l'État d'Israël, comme la « seule issue » pour la stabilité régionale.

Pressions de Trump et des Émirats

À l'obsession anti-iranienne des autorités saoudiennes viennent s'ajouter les pressions de leurs alliés émiratis, très favorables à un rapprochement avec le troisème pays le plus riche du Moyen-Orient. Le dynamisme israélien dans le secteur des hautes technologies attire les petites monarchies du Golfe qui veulent diversifier leurs économies, encore très liées aux revenus du pétrole. Après avoir intensifié leurs échanges commerciaux avec Israël, les émirats « essayent de convaincre leur allié saoudien de faire un pas de plus », décrypte Élisabeth Marteu, spécialiste du Proche-Orient, chercheuse à l'Institut international pour les études stratégies (IISS).

La présidence Trump, qui presse pour sa part en faveur d'un accord de paix israélo-palestinien, offre un argument supplémentaire aux Émirats. Satisfaire le géant américain leurs permettrait, de surcroît, de gagner sur les deux tableaux : « élargir leurs relations commerciales avec Israël et décrocher des aides militaires américaines », ajoute Élisabeth Marteu. Pour accélérer ce rapprochement avec Israël, les Émirats n'ont pas besoin, eux, de convaincre leur opinion publique. La population cumulée du Bahreïn et des Émirats arabes unis n'atteint même pas le nombre d'habitants de Djeddah, la seconde ville saoudienne.

Le risque d'apparaître comme le traître de la cause palestinienne serait en revanche beaucoup plus coûteux pour le roi Salmane. Même si la coopération économique s'est développée ces dernières années avec Israël, aucune déclaration officielle saoudienne n'évoque, pour l'instant, les appels à la « normalisation » lancés sur Twitter.

La Palestine, nœud du problème

Côté israélien, ces nouveaux signes de rapprochement en provenance du Golfe sont reçus très positivement. D'autant qu'ils interviennent après une série de rencontres diplomatiques informelles entre des représentants saoudiens et israéliens en 2015 et 2016. La reconnaissance de l'existence d'Israël par « la première puissance sunnite du monde serait une avancée aussi historique que la visite du président égyptien Anouar Sadate à Jérusalem (qui avait débouché sur les accords de paix de Camp David en 1978, NDLR) », estime Hillel Frisch du think-tank israélien Begin-Sadat pour les études stratégiques. À la différence du roi Salmane, le gouvernement israélien a tout à gagner d'un accord de paix israélo-saoudien.

Cet expert des questions palestiniennes ajoute toutefois un prérequis de taille : « La normalisation avec l'Arabie saoudite doit être un préalable. Elle ne doit pas être conditionnée au règlement de la question palestinienne. » Or c'est précisément ce qu'exigent Saoudiens : utiliser la question palestinienne comme monnaie d'échange. « La normalisation avec Israël sera effective après la mise en œuvre de l'initiative arabe », déclare ainsi le général saoudien, Anouar Ashki, à la chaîne arabe de la Deutsche Welle, un an après avoir rencontré des membres de la Knesset. Cette initiative, qui remonte à 2002, prévoit un retrait israélien total des territoires occupés (y compris de Jérusalem Est) et la formation d'un État palestinien. Des revendications aujourd'hui inacceptables pour l'intransigeant gouvernement de Benjamin Netanyahu, qui refuse un simple gel des colonies. Ainsi posée, l'équation semble toujours aussi insoluble.

Au-delà de ses déclarations de principe, le camp saoudien est-il vraiment prêt à se mettre en danger pour concéder du terrain aux Israéliens ? Même si la volonté de rapprochement est indéniable, « on en est encore au stade du test et personne ne veut régler les nœuds profonds du problème palestinien », tempère Élisabeth Marteu. Un peu plus de 140 signes seront en effet nécessaires pour transformer ce ballon d'essai en accord de paix.
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