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Ces derniers jours, le peuple comorien a pu voir une nouvelle qui les a réjouis ou attristés concernant la mosquée ou, à tout le moins, ce qui en reste, de l’île de Ndzuani, sise à Mirontsy. Les autorités gouvernementales sont en effet inquiètes de voir la montée du mouvement islamique Ahmadiyya sans pour autant que les craintes ne soient fondées sur un aspect de sécurité publique ou de tranquillité de l’espace public comorien.

Evolution des Comores concernant l’islam

Dans sa Constitution du 23 décembre 2001, le peuple comorien a marqué son attachement à la promotion des valeurs des droits de l’homme qu’elle a considéré comme une norme fondamentale pour la promotion du pays.
Une mosquée Ahmadiyya transformée en commissariat de police à Mirontsy (Anjouan)

Mais les Comores ont également gravé dans le marbre que les textes de loi et les institutions seront puisés dans les fondements de l’islam, ce qui n’est pas sans laisser indifférent sur la question des Ahmadis vivant sur les îles. L’islam ordonne la vie des comoriens et ils considèrent cette religion comme appelant à la paix et la tranquillité de l’âme et de la société.
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Cette recherche du bon équilibre dans une démocratie islamique et de la volonté d’instaurer une pratique modérée de l’islam n’est pas incohérente dans une société qui aspire à la sauvegarde de la piété de l’islam et des écoles authentiques de pensée. C’est la raison pour laquelle, suite au développement d’un islam radical, le président comorien réagit en promulguant début 2013 une loi encadrant les pratiques religieuses aux Comores. Le sunnisme et le chafiisme sont érigés en doctrine et en rite officiels.

Or cette officialité et non officialité des rites ne doit pas aller en contradiction de la promotion des droits de l’homme (dont la liberté religieuse et de conscience est une composante) et de l’égalité de tous en droits et en devoirs sans distinction de sexe, d'origine, de race, de religion ou de croyance, principes inscrits dans la constitution comorienne de 2001.

Les Ahmadis : une communauté de paix

Là où le bât blesse est sûrement qu’il n’y a pas grande différence entre les aspirations du peuple comorien et les Ahmadis. Là où ils recherchent la paix, le représentant de l’Ahmadiyya est le premier à monter sur les estrades mondiales afin de condamner l’injustice, le terrorisme, l’infidélité à sa Nation, autant de principes coraniques qui nous sont chers.

Si la mosquée Ahmadie est détruite, c’est plusieurs centaines de personnes qui ne pourront plus prier cinq fois par jour, les autorités leur empêchant ainsi de réaliser un rite fondamental de la religion islamique. En réalité, souvent méconnue, cette branche de l’islam n’est pas assimilable au shiisme mais bien au sunnisme le plus traditionnel ; sauf quelques divergences interprétatives, les Ahmadis s’inscrivent parfaitement dans le cadre islamique le plus élémentaire.

Les ahmadis sont membres d’une minorité qu’ils considèrent comme appartenant à l’islam. Ils prient cinq fois par jour, pratiquent l’aumône, font le pèlerinage à la Mecque et prononcent la même profession de foi (« Shahada ») que les musulmans. Seulement, leur islamité est contestée sur un point fondamental : selon eux, Mirza Ghulam Ahmad de Qadian est un Prophète de Dieu et est la figure messianique attendue dans le monde musulman, et non Jésus de Nazareth au sens physique.

Les ahmadis reconnaissent le Prophète Mohammed comme le dernier des Prophètes ayant amené une loi. Toutefois, selon leur interprétation d’un verset du Coran, d’autres prophètes, totalement subordonnés à la loi coranique, peuvent intervenir par la suite. Cette différence de croyance suscite les foudres de plusieurs mouvements nés en Inde, dans l’État de l’Uttar Pradesh, dont notamment celles de la Majlis-e-Ahrar-e-Islam (parti politique radical conservateur sunnite deobandi) — qui possède diverses ramifications — qui estime que les ahmadis sont non seulement des non-musulmans, mais qu’ils représentent des « égarés » qu’il convient de considérer comme « éligibles à la mort » (Wajibul Qatl’). Ce groupe, qui a été jusqu’à rejeter un temps la création même de l’État pakistanais, s’est fait excuser par Jinnah, et a désormais pignon sur rue au Pakistan sous différents noms (Tahafuz-e-Khatm-e-Nabuwwat, Ahl-e-Hadith etc.)

Désormais c’est au peuple comoriens de faire appel à sa tolérance et à sa vision de paix pour admettre que les Ahmadis ne sont rien d’autres que des acteurs pacifiques avec une volonté de réconciliation religieuse et pas des individus qui portent atteinte à l’ordre publique.

Par Asif ARIF, Avocat au Barreau de Paris, Enseignant en Libertés Publiques, Auteur spécialisé sur les questions d’islam et de laïcité et auteur d’un ouvrage sur l’Ahmadiyya au Pakistan
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