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Saluant le développement de "solutions innovantes et souvent originales", un rapport sénatorial voit dans les territoires ultramarins de l'Océan Indien d'ardents promoteurs de "l'excellence sanitaire" française. Cela suppose toutefois de parvenir à soulager l'offre de soins mahoraise et de redresser les indicateurs de santé publique réunionnais.

Comment promouvoir "l'excellence sanitaire" française dans l'Océan Indien ? Dans un rapport d'information rendu au début de l'été mais uniquement mis en ligne le 26 octobre, la commission des affaires sociales du Sénat apporte sa voix au débat. Son idée : envisager La Réunion et Mayotte "comme un laboratoire permettant d'imaginer un système de soins mieux équilibré pour l'ensemble du territoire national". En effet, soulignent les sénateurs, les acteurs de terrain parviennent non sans quelques difficultés à développer "des solutions innovantes et souvent originales", du moins à La Réunion. Sur celle-ci, les auteurs ne cachent pas avoir "été frappés par le bon fonctionnement global de la coopération entre le public et le privé sur l'ensemble de la chaîne de soins".
Photo ©La1ere

 Pour l'expliquer, ils y voient certes une nécessité eu égard à l'isolement de l'île et à la structuration de l'offre de soins. Mais cela tient également, selon eux, au fait que "les établissements privés [...], s'ils fonctionnent avec des capitaux privés, ne fonctionnent pas pour autant selon une volonté de recherche effrénée du profit maximum". Les parlementaires louent aussi l'initiative portée par le CH Gabriel-Martin de Saint-Paul d'ouvrir la première maison de naissance réunionnaise (lire ci-contre). C'est enfin le projet Océan Indien innovation santé (OIIS), qui s'inscrit dans le cadre du programme Territoire de soins numérique et entend constituer une plateforme innovante de prise en charge des maladies chroniques. Pour autant, "tout n'est évidemment pas rose", complètent les auteurs. Et de lister plusieurs recommandations pour corriger le tir.

Une tension obstétricale "quasi insoutenable"

Dans le collimateur, sans surprise la "situation épineuse" de Mayotte déjà maintes fois dénoncées par la Cour des comptes, les acteurs locaux mais aussi le ministère des Affaires sociales et de la Santé lors de sa présentation de la stratégie nationale de santé pour les outre-mer. Une chose est sûre pour les sénateurs : "la situation sanitaire de Mayotte, particulièrement dégradée, s'inscrit dans un contexte de chaos plus général, et que la première ne pourra trouver de solution sans que le second ne s'améliore". L'exemple ultime est sans nul doute celui de la maternité du CH de Mayotte (CHM), "la plus grande maternité d'Europe" avec 10 000 naissances annuelles, un nombre qui pourrait même atteindre les 15 000 "au cours des prochaines années".

Une tension financière sur le CHM mais aussi une tension en matière de ressources humaines médicales. "L'enjeu financier ne suffit plus [...] à assurer l'attractivité de ce territoire", l'hôpital pointant des problèmes d'insécurité et de logement récurrents dans l'île et l'absence d'un système éducatif adapté aux besoins. Or, à côté du CHM, "il n'existe pas véritablement d'offre de soins libérale". La réserve sanitaire est d'ailleurs présente en continue depuis de longs mois pour assurer le fonctionnement de la maternité (lire ci-contre). Si "un grand plan de développement" des Comores paraît la seule piste de sortie, il mettra "probablement" plusieurs décennies à aboutir. D'ici-là et a minima, les auteurs proposent quatre actions (lire l'encadré), dont la création d'un pôle mère-enfant au sein du CHM.

Quatre préconisations énoncées pour Mayotte

  • Mettre à niveau la capacité d'accueil de la maternité du site central du CHM en créant un pôle mère-enfant ;
  • Étendre rapidement la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) pour solvabiliser la demande de médecine de ville ;
  • Revoir les conditions relatives au versement de l'indemnité particulière d'exercice, notamment celle relative à la durée d'exercice, pour les praticiens hospitaliers ;
  • Permettre aux praticiens de métropole d'exercer dans l'Océan Indien pour une durée limitée dans le cadre de protocoles d'échange passés avec les hôpitaux.

Des secteurs de psychiatrie "surdimensionnés"

Mayotte n'est pas la seule à souffrir d'écueils sanitaires. La Réunion, outre le fait que la situation mahoraise s'y répercute forcément — avec un nombre toujours plus grandissant d'évacuations sanitaires —, connaît également de sérieux déséquilibres. C'est le cas en psychiatrie, "particulièrement problématique", alertent les parlementaires. Les difficultés sont ici de trois ordres : les secteurs définis pour la psychiatrie publique sont "surdimensionnés", "couvrant une population plus de deux fois plus importante qu'en métropole" ; l'offre publique est largement inférieure aux besoins, "avec un taux d'équipement en hospitalisation complète inférieur de moitié à la moyenne hexagonale"* ; l'offre privée s'avère très limitée et ne suffit pas à répondre aux insuffisances du secteur public. Par conséquent, le recours aux soins psychiatriques se révèle "inférieur de près de 30%" à celui constaté en métropole. 

"Les équipes médicales du CHU nous ont en outre fait part de leur difficulté à engager la démarche qui devrait être celle d'un établissement de pointe en raison des insuffisances de l'offre de base, ajoutent les sénateurs : il est ainsi très difficile de dégager suffisamment de disponibilité médicale pour l'investissement qui serait nécessaire dans la recherche, l'innovation et l'enseignement. L'absence de moyens, qui vient s'ajouter à celle qui existe dans le médico-social, rend également particulièrement difficile l'engagement d'une démarche de filière." De manière plus générale, qui s'illustre par quatre préconisations (lire l'encadré), l'inquiétude soulevée dans le rapport concerne les indicateurs de santé publique avec des incidences préoccupantes sur la mortalité infantile, l'obésité, le diabète, les maladies chroniques et le syndrome d'alcoolisation fœtale (Saf).

Quatre préconisations énoncées pour La Réunion

  • Assurer la mise en place rapide de protocoles de coopération entre professionnels de santé dans le cadre prévu par l'article 51 de la loi HPST ;
  • Faire de l'île une région expérimentale en matière de télémédecine via des solutions innovantes de cotation et de financement des actes associés ;
  • Rendre accessible l'intégralité de la formation médicale aux étudiants et non le seul premier cycle ;
  • Pour lutter contre le Saf, harmoniser le format du message sanitaire devant figurer sur les boissons alcoolisées et veiller à l'application de la loi Évin.
Thomas Quéguiner
* Au sud de La Réunion, le ratio entre les offres locale et hexagonale atteint même un rapport de un à six, avec un taux d'occupation en hospitalisation à temps plein de 100% sur le site du CHU à Saint-Pierre.

©HOSPIMEDIA
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