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En cette fin de novembre 1989, la situation est tendue dans l'archipel des Comores. Les volontés du président, du peuple, des forces armées et des influences étrangères créent une situation politique électrique. Le 26 du mois, la tension atteint son paroxysme.

Dans la soirée, le président Ahmed Abdallah reçoit dans son bureau de Moroni, la capitale des Comores, le chef de la garde présidentielle (GP). En treillis militaire, le regard froid et avec une large moustache blanche, Bob Denard, le célèbre mercenaire français devenu patron de la GP comorienne, se présente devant lui.
Bob Denard lors du procès de l'assassinat du président Ahmed Abdallah.
Paris, le 4 mai 1999. © Jacques Brinon AP/SIPA

Le père de l’indépendance comorienne et le Français, acteur central du jeu politique du pays depuis le début des années 1980, sont accompagnés par deux autres mercenaires, Marques (Dominique Malacrino) et le capitaine Siam (Jean-Paul Guerrier).

Soudain dans le bureau, des coups de feu retentissent. Le premier président comorien et son garde du corps Jaffar sont assassinés par balle, en présence de Denard et de ses hommes.

Une nuit au déroulé toujours aussi flou

Qui les as tués ? Des membres ds Forces armées comoriennes (FAC), qui accusent Abdallah d’avoir voulu les désarmer au profit de la GP ? Bob Denard lui-même ? Est-ce un accident comme le dira Jacques Foccart, le monsieur Afrique de l’Élysée ?

Vingt-sept ans plus tard, nul n’a la réponse exacte de ce qui s’est passé cette nuit-là. Le lendemain, une version de l’assassinat sort dans la presse. Inventée par Denard et ses hommes – comme il le reconnaîtra lors de son procès -, elle fait porter le chapeau au chef d’état-major des FAC, le commandant Ahmed Mohammed.

Selon Denard, il aurait monté une opération pour l’assassiner lui et le président, avec comme complice Jaffar qui, en voulant tirer sur Denard, aurait mortellement touché Ahmed Abdallah.

Cette version semble plutôt être une couverture. Lors du procès de Denard et Marques pour assassinat devant la cour d’assises de Paris, en 1999, les deux accusés parlent d’un « accident » et Denard d’une « nuit inimaginable » pour qualifier ce décès. Devant une situation confuse, Siam (toujours en fuite lors du procès) ou Marques aurait abattu le président et son garde du corps. Mais faute de preuves évidentes, ils ressortent tous deux libres à l’issue du procès.

Devant des circonstances toujours aussi troubles et le blanchiment de Denard, l’un des fils du président, Salim Abdallah, a expliqué son scepticisme dans le documentaire de Laurent Boullard, Bob Denard, le Sultan blanc des Comores(2012) : « Il y avait deux Comoriens et trois Français dans la pièce. Les Français s’en sortent vivants et les deux Comoriens morts ».

Denard et Abdallah… une longue histoire de coups d’état

Les coups d’état aux Comores, Bob Denard et Ahmed Abdallah Abderemane connaissent bien. En août 1975, un mois seulement après avoir proclamé l’indépendance comorienne, ce dernier est déposé par le mercenaire français. Trois ans plus tard, c’est encore Denard qui, avec la bénédiction de la France, remet en place Ahmed Abdallah à la tête du pays pour remplacer Ali Soilih et son orientation marxiste que Paris apprécie peu. Tous deux accueillis en triomphe, Denard tient dès lors un rôle primordial dans la politique autoritaire que le président met en oeuvre.

Surnommé le « sultan blanc des Comores », il devient au début des années 1980 le chef de la garde présidentielle (GP). Composée de plus de 500 hommes et encadrée par une trentaine d’officiers européens, elle est en grande partie financée par le régime d’apartheid sud-africain en échange d’aides diverses (base arrière, vente d’armes pour contrer l’embargo, etc.).


Garant de la stabilité politique du pays – plusieurs coups d’état sont déjoués – le mercenaire est aussi homme d’affaires. Mais la situation économique et sociale, sa réussite et ses tout-puissants mercenaires exaspèrent. Alors qu’il prend de plus en plus de place sur la scène politique comorienne, le Premier ministre français Michel Rocard fait pression sur Ahmed Abdallah pour qu’il l’écarte. En cette fin de décennie, le mercenaire voit également l’Afrique du Sud retirer son financement.

Suite à ce mystérieux 26 novembre, Denard est exfiltré par l’armée française en décembre. Il revient quelques jours sur l’archipel en 1995, pour payer selon lui « sa dette d’honneur » envers la famille Abdallah et libérer deux fils du président emprisonnés. Cette fois-ci l’armée française intervient pour l’arrêter.

Condamné en 2006 à cinq ans de prison avec sursis, il décède un an plus tard, laissant derrière lui bon nombre de secrets sur les Comores. Entre autres.

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