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Anjouan au rythme des débarquements militaires (1ère partie)

Mutsamudu le 21 Juillet 2016

La nuit du dimanche 30 Mars 2008, cinq jours après le débarquement militaire,à Anjouan, aux alentours de 22 heures, l'irréparable s'est produit. La rumeur avait fini par remonter à l'Etat major, qu'après avoir presque fait le tour de certains endroits isolés de Mutsamudu, ma ville natale, j'étais revenu sur mes pas afin de me cacher dans mon domicile. Auparavant, ma maison familiale a été cambriolée et vandalisée suite aux appels au djihad du Gourou Sambi contre les dignitaires du régime Bacar. Le fait est que j'étais effectivement revenu sur mon itinéraire de départ pour deux raisons essentielles: La première consiste à brouiller les pistes de la course-poursuite engagée contre moi et la deuxième est que j'avais imaginé, à tort, qu'à partir du moment où ma maison a été cambriolée, plus personne ne viendra roder autour de chez moi.

Mon plan a bien fonctionné et je ne me le reproche pas parce que sans la dénonciation traîtresse d'un opportuniste de mauvais aloi, je n'aurais certainement pas été appréhendé. Je laisse cette personne qui se reconnaîtra certainement, face à sa conscience si tant est telle quelle en possède une.

Il était aux environs de 22 heures 30 quand mon quartier fut militairement cerné. Ma capture pouvait alors commencé. Pendant que j'étais à cent lieux d'imaginer ce qui se passait au dehors, croyant que j'étais à l'abri, les militaires de l'Union des Comores progressaient maison par maison. Sans m'en rendre compte, les éléments de l'A.N.D, après avoir pénétré en silence dans ma maison, me trouvèrent étendu sur ma terrasse, complètement pris au dépourvu. Brusquement, je me suis trouvé piégé et entouré par au moins une dizaine de soldats armés jusqu'aux dents.

Aussitôt contraint par la force de marcher pieds nus, je me suis vite rendu compte que mon arrestation, aux yeux des soldats, revêtait un air d'événement extraordinaire. Très enthousiastes, les militaires se frottaient les mains sur la belle prise qu'ils viennent de réaliser; il faut dire que les soldats issus de Ngazidja étaient les premiers à pavoiser sur mon arrestation. Pour eux, étant donné la position que j'occupais dans le régime Bacar, c'était la plus belle prise qu'ils puissent effectuer après le départ précipité du président de l'Île Autonome d'Anjouan.

Immédiatement après, il s'en est suivi des injures de toutes sortes, des propos dégradants et humiliants du genre: "Sale anjouanais; tu es la pire des espèces; ton heure a sonné et ta fin sera la plus terrible de tous; on te promet l'enfer et ce, dès ce soir; tu vas profondément regretter d'être venu au monde...etc". Des propos durs à digérer pour une armée censée venir restaurer la paix, paraît-il, en réconciliant les Anjouanais et faisant de sorte de ne pas appeler à la haine ni à la vindicte populaire. Sans plus attendre, j'ai été conduit manu-militari dans la cour de l'hôtel Al-Amal, et dans l'obscurité la plus totale, des soldats sont passés aux premiers sévisses corporels après m'avoir invité à leur remettre tout ce que j'avais sur moi. Pendant une demi-heure, j'ai été passé à tabac, recevant par-ci des crosses de Kalachnikovs, des coups de poings par-là, bousculé et poussé sur le sol nu.

Il faisait noir et les coups pleuvaient de partout et le fait que je ne les voyais pas venir les rendait encore un peu plus douloureux et un peu plus éprouvants. Mes tortionnaires se défoulèrent ainsi sur ma personne plusieurs minutes d'affilée. Les coups de rangers rivalisaient avec les coups de poings; à un moment donné, je perdis connaissance sous la puissance et la profusion des coups qui semblaient provenir de partout.

A mon réveil, je me suis trouvé étendu dans un pick-up cahotant qui roulait dans la nuit vers une destination inconnue. J'avais mal partout et le survêtement que je portais était mouillé par ce qu'on m'avait aspergé d'eau auparavant. Tout mon corps me faisait mal et mon visage était gonflé et couvert d'ecchymose. J'avais le visage douloureux et ma lèvre supérieure me faisait un mal de chien. Ce n'est qu'après que je me suis rendu compte qu'on traversait la ville de Ouani à quelques encablures de Mutsamudu. Quelques instants après, j’atterris à la brigade de Gendarmerie du même nom. Là, pour la seconde fois de la nuit, j'ai servi de poushing-ball aux soldats de monsieur Sambi. Tout le monde voulait bouffer du fameux "Sarkozy anjouanais"

(La suite de cette édition, Samedi 23 juillet 2016)

Mr DJAANFAR SALIM ALLAOUI
Secrétaire Général et Porte-parole de GNEC Rénové

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