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La sortie des Britanniques de l'UE prédite par les médias entraîne un vertigineux plongeon dans l'inconnu pour leur économie, qui risque de pâtir d'un choc d'incertitudes avec une croissance ralentie et un chômage en hausse à la clef.
La livre sterling a perdu 10% de sa valeur face au dollar dans les échanges asiatiques à l'annonce d'une probable victoire du camp pro-Brexit (photo d'illustration prise le 25 février 2013) ( AFP/Archives / BEN STANSALL )
Les partisans du maintien dans l'Union européenne en avaient fait leur principal argument de campagne mais cela n'a pas suffi: le Royaume-Uni va désormais affronter les vents tourbillonnants générés par sa décision de partir.

Dans l'immédiat, c'est une mini-tempête financière qui pourrait souffler non seulement sur la City de Londres mais aussi au large des côtes britanniques. Voir la cinquième puissance économique mondiale quitter le navire européen aura en effet un impact planétaire.

Les Bourses de Hong Kong et Tokyo ont plongé de 5%, celle de Londres et des autres grandes places financières risquent d'en faire autant, le marché obligataire va connaître de fortes tensions et la livre sterling chère aux sujets de sa majesté chutait à 1,33 dollar à Tokyo, perdant ainsi 10% dans la journée - le célèbre homme d'affaires George Soros lui a prédit une dégringolade d'au moins 15%.

Au-delà, l'impact économique devrait être majeur et même si les experts se sont écharpés sur les risques encourus, ils s'attendent dans l'ensemble à des conséquences négatives - au moins pour les années à venir- en raison d'un lourd paquet d'incertitudes.

Le gouvernement britannique a prévenu qu'une bonne dizaine d'années pourraient être nécessaires pour mener à bien les diverses négociations ouvertes par un Brexit - conditions de sortie de l'UE, négociation de nouveaux accords avec elle et conclusions de traités commerciaux avec les pays extérieurs à l'UE liés à cette dernière par une entente. Londres s'attend du coup à "une longue période d'incertitude", avec "des conséquences pour les entreprises britanniques, le commerce et l'attraction des investissements."

Les barrières commerciales pourraient être relevées pendant cette période de transition, avec 5,6 milliards de livres (7,2 milliards d'euros) par an de droits de douane supplémentaires à payer pour les exportateurs britanniques, d'après l'OMC.

En outre, "de nombreuses entreprises utilisent le Royaume-Uni comme porte d'entrée vers l'Europe et certaines d'entre elles ont prévenu qu'elles relocaliseraient leur siège européen en cas de Brexit", avertit Scott Corfe, directeur du Centre for Economics and Business Research, qui s'attend à un repli des investissement chinois et américains.

Les partisans du Brexit ont battu campagne de surcroît pour limiter l'immigration, ce qui devrait réduire l'afflux de main d'oeuvre d'Europe de l'Est et du Sud qui a dopé l'économie ces dernières années.

- Le 'Made in Britain' écorné ? -

Au final, la croissance dynamique depuis deux ans risque de se réduire et le FMI envisage un scénario défavorable où l'économie britannique sombrerait en récession l'an prochain, entraînant une remontée du chômage de 5% actuellement à 6,5% d'ici deux ans.

Cette panne redoutée devrait assécher les rentrées fiscales et l'Institut des études budgétaires (IFS) prévoit un manque à gagner annuel compris entre 20 et 40 milliards de livres d'ici à 2020 - en tenant compte de l'arrêt de la contribution britannique aux comptes de Bruxelles.

Conséquence: le Royaume-Uni devrait perdre sa précieuse note AAA que S&P lui attribue sans discontinuer depuis un demi-siècle, a prévenu l'agence de notation.

Au coeur des turbulences financières à prévoir, la City de Londres risque en plus de perdre de son attractivité: les banques craignent de perdre le droit de vendre sans entrave leurs services financiers depuis le Royaume-Uni vers les pays de l'UE.

La britannique HSBC et les américaines JPMorgan, Morgan Stanley et Goldman Sachs prévoient de transférer des milieux d'emploi hors du pays, d'après des sources internes, et la cure d'amaigrissement pourrait porter au total sur une centaine de milliers d'emplois financiers, d'après la société de lobbying TheCityUK.

Les secteurs manufacturiers comme l'aéronautique, avec l'entreprise européenne Airbus au centre des attentions, ou l'automobile en plein boom au Royaume-Uni pourraient souffrir pour leur part de nouvelles barrières tarifaires, tandis que le BTP ne pourra plus compter autant sur l'afflux migratoire.

Au-delà, c'est l'image du "Made in Britain" qui pourrait être écornée. "Il y a le Brexit et les gens voient déjà le pays s'entre-déchirer autour d'un éventuel deuxième référendum sur l'indépendance écossaise. Le Royaume-Uni ne semble plus aussi sûr que jadis", constate Scott Corfe.

Copyright © 2016 AFP.
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