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© www.habarizacomores.com (Habari Za Comores)-
On ne peut pas parler de l'histoire « politique récente » comorienne sans évoquer d'emblée le nombre de dizaines de coups d'état perpétrés dans l'archipel. Ces formes d'instabilité politique attestent sans doute l'avidité de certaines personnalités politiques, à vouloir conquérir le pouvoir politique en usant tous les moyens à leur disposition. 

En effet, parler de la vie politique aux Comores, c'est s'intéresser systématiquement à la construction d'une identité nationale, laquelle les événements de 1997 ont montré les limites du fédéralisme comorien en termes de scission, au profit d'une (ré)construction d'un ensemble commun ''udzimawamassiwa'' conçue dans le cadre d'une réconciliation nationale dit : Accord de Fomboni. En fait, l'identité nationale comorienne est celle d'un attribut historiquement éclatée, et traversée par des scissions sociales. 

Sous cet embarra, la route de la construction de la nation sera sans doute encore longue pour véritablement parler de l'Union des Comores au sens de la cohésion identitaire d'une nation (Taglioni, 2008). En effet, les Comores sont un pays qui dispose de fragiles institutions qui ne garantissent probablement pas un avenir fort inclusif et une stabilité socio-économique assurée. Toutes ces conditions d'hostilités et de dissensions sociopolitiques, ne sont pas propices à une gestion de la chose publique.

1. Le vote aux Comores : entre principe démocratique et source de tensions sociales

Il peut paraitre bizarre, voire incongru aux yeux de la classe politique et des politistes analystes comoriens, qu'on leur parle de démocratie aux Comores. En effet, le respect poli de la convention, favorable à la logique dêmos « peuple », et krátos « pouvoir » n'a guère été en compatibilité avec les conjonctures politiques et historiques aux Comores ; l'histoire l'a maintes fois montrée, elle continue de nous la montrer. Faut-il le rappeler encore, qu'au-delà du poids de la colonisation qu'ont subis pendant longtemps les Îles Comores dans l'appropriation de leur destin, s'y ajoutent les formes d'instabilités politiques qui ont fait figure de handicaps majeurs au progrès socio-économique du pays. 

Ces attitudes de nocivité politique sont de nature à produire des tensions sociales en interne, des conflits sociaux, et menaçants de beaucoup le développement de l'archipel. En effet, les multiples difficultés socio-historiques et politiques subies par les Comores, s'enracinent foncièrement dans des contextes d'appropriation du pouvoir, où chaque camp politique déploie des efforts de tout genre pour s'en accaparer et s'insurge au moindre échec. 

Les rivalités insulaires – régionales, ont été historiquement construites par les grands Hommes comoriens ; obscurcissent subséquemment les jugements de la nouvelle génération et freinent de surcroît le développement socio économique du pays. Autrement, c'est dire que, la porte de sortie de ces préjugées passe obligatoirement par une lutte acharnée d'une déconstruction mentale et du social du comorien dans ses quotidiens, afin d'espérer émerger un vivre ensemble comme le résume très certainement l'hymne national. 

Les problèmes auxquels l'archipel fait face, s'inscrivent pareillement dans des défaillances structurelles inhérentes, liées au mode de gouvernance centralisé et aux logiques électorales-comptables. En effet, si l'organisation de vote est au demeurant une expression d'une jeune démocratie, laquelle passe inéluctablement une stabilité politique, sociale et génératrice d'un État sensible aux progrès social et économique en termes d'amélioration de condition de vie ; il n'en est pas moins une condition suffisante pour garantir un scrutin honnête et pleine de transparence à l'image de ceux organisés dans les pays avancés.

Qu'il s'agisse de vote présidentiel, de gouvernorat ou bien de législatif, il est 'impensable' pour ne pas dire impossible d'organiser, un scrutin pour de vrai, transparent obéissant aux seuls choix électoraux des populations en Afrique et singulièrement aux Comores. Ne se limitant pas à la crédulité du peuple, qui s'intéresse d'ailleurs moins à la chose politique, la classe politique vêtue en costume et arrivée en voitures, sermonne l'électorat comorien, à travers des promesses utopistes, donc intenables au peuple affamé et assoiffé, dont s'y cède enfin de compte. Pourtant, la démocratie ne doit pas se limiter au seul droit à la parole, au droit de vote, elle doit exiger de la part des élus (quel que soit l'échelon) une réponse aux maux qui gangrènent nos sociétés contemporaines, sinon il serait vain de parler de démocratie, si elle ne permet qu'au peuple d'élire un président et remplir ses poches. 

2. Nécessité de refonte des mentalités sociales et institutionnelles aux Comores

a) À la recherche de bouc émissaire

Les gouvernements des pays d'Afrique se sont longtemps alignés dans une tradition d'externalisation des taches publiques, et les îles Comores n'y échappent pas. On pourrait même dire qu'elles sont au-devant de la scène. On a beau défendu le retour de Mayotte dans le giron comorien, en considérant outrageusement la France comme en partie responsable du degré de développement et de nombreux troubles politiques. 

On dit rarement, que certains comoriens sont partis solliciter l'aide de la France. Pourtant, Mayotte constitue en quelque sorte un « refuge économique et sanitaire » pour une certaine catégorie vulnérable, dont l'État comorien ne s'y prête jamais attention. Les effets catastrophiques et monstrueux (morts, noyades, expulsion, maltraite) de l'immigration vers cette île passent sous licence, et le gouvernement donne peu d'attention à cette situation. Bien sûr que ces drames sont à bannir, à réguler en mettant en exergue des perspectives d'avenir pour le peuple, parce que le temps du recours aux institutions internationales (ONU, UA) est épuisé. 

Les décisions n'ont pas eu d'effets immédiats ! Aux yeux de quelques autorités politiques comoriennes, le sous-développement pourrait être attribuable à la France. Pourtant, elle « sert modestement les intérêts » de quelques comoriens, de par sa présence à Mayotte. Les coopérations sanitaires établies entre l'hôpital national des Comores est celui de Mayotte sont illustratifs à cet égard, où certaines pathologies sont prises en charge. En fait, la pénibilité que l'économie comorienne fait face de nos jours, peut être structurellement assignée au mode de gouvernance interne, à la hiérarchie fonctionnelle et aux dysfonctionnements incessants des institutions de base.

Par ailleurs, la société comorienne s'est longtemps soumise à un système d'orthodoxie, de tolérance et de laisser-aller, héritier de la société traditionnelle, laquelle un maximum de respects à l'égard des Hommes Accomplis, y prévalaient. Dans cet élan, l'on pourrait comprendre les attitudes de passivité et de replis que la population a vis-à-vis de ses gouvernants. La perspective développée ici ne consiste pas à dire que la faute est attribuable au peuple, au contraire, nous faisons remarquer que le désintéressement du peuple dans la gestion des biens publics, renseigne d'une part la paresse de l'État à (ré)agir. 

Autrement dit, le peuple doit obliger au gouvernement de proposer des actions concrètes pour lutter contre le chômage et la pauvreté. Sous ce rapport, les mentalités, favorables à l'émergence d'un État moderne soucieux de son peuple, sont à socialiser au travers d'une culture méritocratique et non pour une culture de copinage, laquelle est source d'inégalités sociales et nuisible pour le développement du pays. Elles se traduisent dans la capacité à trancher, et à gérer la chose publique avec justesse. À plusieurs égards, l'application des valeurs et des normes conditionnent à elles seules, l'état d'avancement social et économique, sans lesquelles le progrès social est voué à l'échec. 

En ce sens, les institutions juridiques ont un rôle crucial dans la dynamique de changement de comportements, en ce qu'elles permettent de remplir par essence leurs missions officielles assignées, en traquant les réseaux de corruption et les biens mal acquis. Sous ce versant, il apparaîtrait une lueur d'espoir, et s'installe parallèlement une confiance entre le peuple et les institutions. Les fonctionnaires seraient payés régulièrement. La pratique de l'auto payement à cet égard, qui constituait un cercle vicieux, disparaîtrait pour que l'économie puisse s'épanouir.

En définitive, la composition géographique de l'archipel des Comores constitue à lui seul, un obstacle à la fois politique, et économique pour le pays.

La stratégie d'équilibre politique instituée exhibe le déclin d'une identité nationale crispée et en éclat, en ce qu'elle sous-tend définir, implicitement la fonction présidentielle comme appartenant à l'insulaire, à l'île dont le président est d'origine. Paradoxalement, cette idéologie mise en application par les autorités politiques, renferme en elle-même les faiblesses de son fonctionnement, et du coup asphyxie le décollage de l'économie. C'est dire que la stratégie rotatoire présidentielle, est d'une visée purement politique et idéologique, du fait qu'elle ne permet pas la circulation du pouvoir dans un sens d'unité et de bien-être social, mais au contraire pour satisfaire des besoins politiques insularités. 

Sous cet angle, l'on pourrait comprendre le délaissement de certaines régions de l'archipel. Le pays d'Afrique Noire le plus relativement démocratique n'a jamais eu de président Wolof, pourtant cette ethnie est majoritaire au Sénégal. L'insularisation de la fonction présidentielle concourt en fait, à l'affaiblissement de liens de solidarité, pourtant générateurs d'amour et d'espoir, comme en résume la devise nationale.

SOULTOINE Cheihina
Université Cheikh Diop de Dakar
Département de Sociologie
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