Fomboni : quand le discours du représentant du président de la Commission de l'UA devient une leçon africaine de sortie des crises

PARTAGER:

Fomboni, 17 février 2026 : quand le discours du représentant du président de la Commission de l'UA devient une leçon africaine de sortie des crises. S

Fomboni, 17 février 2026 : quand le discours du représentant du président de la Commission de l'UA devient une leçon africaine de sortie des crises


Fomboni : quand le discours du représentant du président de la Commission de l'UA devient une leçon africaine de sortie des crises

Par-delà l’archipel des Comores, l’Accord de Fomboni demeure l’un de ces compromis politiques africains dont la portée dépasse largement leur cadre national. Vingt-cinq ans après sa signature, la commémoration du 17 février 2026, marquée par le discours du représentant du Président de la Commission de l’Union africaine, rappelle une évidence souvent oubliée, qui rappelle que la stabilité politique est toujours le fruit d’un choix, rarement d’un hasard.

Signé le 17 février 2001, l’Accord de Fomboni a permis à l’Union des Comores de sortir d’une crise séparatiste qui menaçait l’existence même de l’État. À rebours des solutions imposées de l’extérieur, le processus comorien s’est construit par étapes africaines dont les consultations d’Addis-Abeba, la Conférence d’Antananarivo, puis l'étape finale qui sont les négociations décisives de Fomboni. Cette séquence illustre, dans les faits, un principe fondamental du multilatéralisme africain sur le principe que les crises africaines peuvent trouver des solutions africaines lorsque le dialogue inclusif prévaut.

Fomboni fut moins un traité qu’un compromis fondateur car il a refondé l’État autour d’un équilibre délicat entre unité nationale et autonomie des îles, tout en introduisant une innovation institutionnelle rare sur notre continent notamment la présidence tournante. Souvent critiqué, ce mécanisme a pourtant joué un rôle stabilisateur décisif dans une société politique marquée par de fortes tensions identitaires et territoriales.

Le discours de la Commission de l’Union africaine souligne donc un fait rarement mis en avant, celui des progrès institutionnels issus de Fomboni qui ont été tels qu’ils ont conduit, avec le temps, à la fermeture du Bureau de liaison de l’Union africaine aux Comores. Dans un continent où les missions politiques prolongées sont souvent la norme, cette décision constituait une reconnaissance explicite de la maturité institutionnelle atteinte par l’État comorien.

Par ailleurs, si on suit très bien le discours du représentant de l'UA, cette commémoration est aussi un rappel à la vigilance. Les accords de sortie de crise ne valent que par la fidélité à leur esprit. Fomboni reposait sur un principe central qui est l’inclusivité du dialogue. Ce sont des femmes et des hommes issus de sensibilités politiques diverses qui ont accepté de dépasser les clivages pour préserver l’unité nationale.

Parmi eux, Souef Mohamed El-Amine, alors ministre comorien des Affaires étrangères. Il a joué un rôle clé dans l’architecture diplomatique du processus. Son action a contribué à inscrire la solution comorienne dans une légitimité africaine forte, en lien étroit avec les médiateurs régionaux et les organisations internationales.

Le fait que Souef soit aujourd’hui Chef de Cabinet du Président de la Commission de l’Union africaine, après avoir servi à plusieurs reprises l’ONU et l’Union africaine, confère à cette commémoration une dimension symbolique singulière. Elle illustre la continuité entre les artisans nationaux de la paix et les cadres stratégiques du multilatéralisme africain, dans un contexte où l’expérience des accords durables demeure précieuse.

Au-delà du cas comorien, Fomboni pose ainsi une question centrale pour l’Afrique contemporaine : comment transformer un compromis politique en héritage vivant ? La réponse esquissée dans le discours est claire car c'est en préservant l’esprit d’inclusivité, en renforçant les institutions et en résistant à la tentation de l’unilatéralisme politique qu'on y arrivera.

L’ouverture annoncée par l’Union africaine vers un dispositif régional pour l’océan Indien rappelle enfin que la stabilité des Comores n’est pas seulement un enjeu national. Elle concerne un espace géopolitique stratégique, à l’interface de l’Afrique, du monde arabe et de l’Asie.

Fomboni n’est donc pas une parenthèse refermée de l’histoire africaine. C’est une leçon toujours actuelle où l’unité, lorsqu’elle est négociée et partagée, reste la forme la plus durable de la souveraineté.

Abdoulatuf Bacar

COMMENTAIRES

Chargé tous les articles Aucun article trouvé VOIR TOUT Lire la suite Répondre Annuler la réponse Supprimer Par Accueil PAGES ARTICLES Voir tout RECOMMANDÉ POUR VOUS CATÉGORIE ARCHIVE RECHERCHER TOUS LES ARTICLES Aucun article trouvé avec votre recherche Retour à l'Accueil Dimanche Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dim Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre Jan Fév Mar Avr Mai Jun Jul Aoû Sep Oct Nov Déc juste maintenant il y a 1 minute $$1$$ minutes ago Il ya 1 heure $$1$$ hours ago Hier $$1$$ days ago $$1$$ weeks ago il y a plus de 5 semaines Followers Follow CE CONTENU PREMIUM EST VERROUILLÉ ÉTAPE 1: Partager sur un réseau social ÉTAPE 2: Cliquez sur le lien sur votre réseau social Copier tout le code Sélectionner tout le code Tous les codes ont été copiés dans votre presse-papiers Impossible de copier les codes / textes, appuyez sur les touches [CTRL] + [C] (ou CMD + C avec Mac) pour les copier. Table des matières