Pourquoi laisser dormir nos milliards à Paris alors que les Comores ont faim d'investissements ?

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Pourquoi laisser dormir nos milliards à Paris alors que les Comores ont faim d'investissements ? Les accords actuels n’exigent qu’un seuil de couvertu

Pourquoi laisser dormir nos milliards à Paris alors que les Comores ont faim d'investissements ?


Pourquoi laisser dormir nos milliards à Paris alors que les Comores ont faim d'investissements ?

L’entrepreneur Daoud Halifa a récemment posé une question qui brûle les lèvres de tous ceux qui aspirent à une véritable souveraineté économique : pourquoi ne pas mobiliser 30 % de nos réserves de devises détenues auprès du Trésor français pour financer nos projets structurants ?

À l’heure où le « Grand Renouveau » est invoqué comme un mantra, il est temps de passer de la poésie politique à l’ingénierie financière. Cette proposition doit devenir l’un des piliers de notre stratégie nationale d’investissement, car elle repose sur une réalité juridique souvent méconnue : les devises déposées sur le compte d’opérations ne sont pas un don de la France, elles sont la propriété exclusive de la Banque Centrale des Comores (BCC).

Les accords actuels n’exigent qu’un seuil de couverture minimal de 20 % pour garantir la parité avec l’Euro. Aujourd’hui, nos avoirs extérieurs nets sont estimés entre 350 et 400 millions d’euros (environ 200 milliards de KMF). Près de la moitié de cette somme est logée au Trésor français. Pourtant, notre taux de couverture oscille entre 60 % et 80 %. Maintenir un tel excédent en sommeil alors que nos infrastructures crient famine représente un manque à gagner historique.

Oui, en réponse à M. Daoud Halifa, cette mobilisation est techniquement possible. Le compte d'opérations est un compte courant dont la BCC est l'unique propriétaire. L'État n’a pas à solliciter une « autorisation » de retrait, mais doit agir avec audace et stratégie.


Le spectre de l’inflation ou de la dévaluation, souvent agité pour paralyser toute initiative, ne devient une réalité que là où l’argent est gaspillé. Ce risque est nul si la ressource est allouée avec rigueur. Au lieu que cet argent demeure une épargne liquide qui rapporte des intérêts à la BCC sans créer d’emplois ni de croissance directe, je préconise, comme Daoud Halifa, qu’il soit mobilisé. Ces fonds doivent être réinjectés dans l’économie comorienne pour construire des unités de transformation, des usines, des routes ou des centrales électriques, créant ainsi des perspectives d'avenir et des emplois pour notre jeunesse.

Personnellement, je propose qu'une fois ces fonds mobilisés, nous les sanctuarisions au sein d’un Fonds Souverain d’Investissement Stratégique, créant ainsi un rempart contre les dérives. Ce capital ne doit en aucun cas financer le train de vie de l’État, son fonctionnement, les voyages officiels ou les salaires, mais se muer exclusivement en équipements et en technologies importés. C'est ici que l'ingénierie prend tout son sens : en achetant directement à l'étranger nos centrales solaires, nos infrastructures hydrauliques, nos équipements portuaires ou nos plateaux médicaux de pointe, nous créons de la richesse interne sans injecter de monnaie fiduciaire dans le circuit local.

En dépensant ces devises hors du circuit monétaire interne, nous créons de la richesse sans injecter de monnaie fiduciaire locale, neutralisant ainsi mécaniquement toute poussée inflationniste.

L’objectif est limpide : investir dans ce qui génère des devises demain. En finançant la transformation de notre vanille, de notre ylang-ylang, et en structurant notre économie bleue et notre tourisme, nous garantissons la reconstitution naturelle de nos réserves de change à l’avenir.

Cependant, le véritable défi est moral. Pour être crédible, cette démarche exige une gouvernance irréprochable, une transparence absolue et une rupture nette avec le népotisme. L'expertise technique doit remplacer le clientélisme. C’est par cette maturité stratégique et un dialogue institutionnel serein avec nos partenaires que nous transformerons notre épargne stérile en un levier souverain pour bâtir le présent.


La proposition de Daoud Halifa place les autorités monétaires face à leurs responsabilités : choisir entre une épargne stérile par peur du futur ou un investissement souverain pour bâtir le présent. Le décollage des Comores ne sera pas le fruit d'une incantation, mais celui d'une rupture courageuse avec une gouvernance qui n'ose pas encore utiliser ses propres leviers de croissance.

Par BACAR Mmadi, Cadre du parti RDCE en France

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