Quand la dictature se met à pleurer faux. Et maintenant ? Ils s’accrochent à leurs refrains usés : une tournante à détourner, une constitution à manip
Quand la dictature se met à pleurer faux
Les tambours de la dictature ne battent plus : ils geignent. Après avoir tout usé, la peur, les armes, la propagande, voilà que même l’armée, jadis vitrine de leur terreur organisée, montre des fissures. Et c’est la panique. Les cloches de la déchéance se mettent à sonner comme un carillon d’enterrement : ça sonne faux, ça sonne fort, ça sonne la fin.
Alors, ils braillent. Ils braillent comme des enfants privés de dessert : hier « on ne veut plus de la tournante », aujourd’hui « on ne veut pas de cette constitution », demain « on veut un président à vie ». Ils hurlent tout et son contraire, persuadés que ça fera illusion. Sauf qu’on sait qu’ils ne savent pas. Et eux-mêmes commencent à deviner qu’ils ne savent plus.
Le cirque tourne sans clowns. Enfin si : avec des clowns qui ne font plus rire, qui sentent que la salle s’est vidée et qui cherchent désespérément un autre chapiteau pour leurs acrobaties ratées.
Rendons-leur justice : ils auront réussi un exploit. Mettre le pays à genoux, ériger la corruption en institution, confisquer la démocratie, privatiser la justice, dilapider les fonds publics, vendre la souveraineté comme au marché aux puces… et, cerise sur le cercueil, humilier l’armée. Du travail de maître.
Et maintenant ? Ils s’accrochent à leurs refrains usés : une tournante à détourner, une constitution à manipuler, un président illégitime à sacrer roi. Mais quand tout s’écroule, pas même leurs illusions ne tiennent debout.
La dictature ne meurt jamais dans la dignité. Elle meurt en pleurnichant.
Dini Nassur

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