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Un mystérieux collectif reproche à deux professeurs d'avoir rédigé des articles sur Mayotte et a écrit au Ministre de l’Éducation Nationale pour s'en plaindre.

Le collectif Mayotte en Mouvement, dont on ne connaît pas les membres, vient d’envoyer au Ministre de l’Éducation Nationale une complainte. Dans cette lettre – qui ne brille pas pour son respect de la langue française – il se plaint dans un premier temps de la présence d'étrangers à Mayotte auxquels ce collectif attribut l'insécurité sur l'île. Les amalgames et les raccourcis sont nombreux dans ce courrier aux relents xénophobes.

Pourtant, dans le même courrier, le collectif se plaint du fait que j'ai qualifié la récente mobilisation de raciste et xénophobe sur mon blog. Il s'en prend également à un autre enseignant en poste à Mayotte qui écrit aussi sur Médiapart. Il nous est donc reproché de nous exprimer et de relater des faits. Dire que certaines revendications de cette mobilisation sont xénophobes ou que certaines actions – comme les décasages – le sont aussi, n'est pas une insulte.

C'est d'ailleurs la position de nombreuses organisations comme le Ligue des Droits de l'Homme, la CIMADE ou encore le GISTI. Dans aucun de mes articles il n'y a d'insultes ou de propos déplacés. Le devoir de neutralité auquel doivent se plier les enseignants ne concerne que leur lieu de travail ; en dehors de celui-ci, nous sommes libres de nous exprimer, comme tous citoyens et d'informer, si nous le jugeons nécessaire, des graves dérives que connaît ce territoire. C'est d'autant plus important que les médias nationaux ne parlent que trop peu de Mayotte et donnent généralement une vision biaisée des événements.

De plus, ce collectif me reproche d'exercer un des droits fondamentaux, la liberté d'expression. Combien d'individus se sont battus – et se battent encore – pour obtenir ce droit inaliénable de l'Homme ? L'Histoire nous a montré le danger que représente la censure et la délation. Mayotte, département français, fait-elle figure d'exception ?

Mais ce collectif d'anonymes va plus loin. Il affirme que nous tenons des propos injurieux à l'égard de Mayotte et des Mahorais devant nos classes. Pour ma part, des propos que je n'ai jamais tenu me sont attribués. Je ne suis pas venu ici pour proférer des insultes, c'est tout l'inverse, j'entreprends de nombreuses actions auprès de mes élèves pour améliorer la situation sur l'île. Ces accusations, très graves, le sont encore plus qu'elles sont faites par écrit à mon Ministère de tutelle et même relayées dans la presse. En effet, le journal local Kwezi a cru bon de publier cette lettre, faisant preuve d'un grand manque de professionnalisme, la rendant publique et donnant ainsi du crédit à cette calomnie. La lettre est même présente sur leur page facebook et donne lieu, dans les commentaires, à un déchaînement de haine, d'insultes et d'absurdités.

Ces dérives graves ont pour mérite de montrer, une fois de plus, que de nombreuses personnes à Mayotte n'ont pas encore assimilé les codes républicains. En effet, la justice tribale n'est plus et une série de lois régissent la vie en communauté. Tout comme il est interdit de déloger quelqu'un de chez lui par la force ou la menace – et ce même si les résidents sont en situation irrégulière – il est aussi interdit de relayer des accusations mensongères et d'attribuer à des personnes des propos qu'elles n'ont pas tenu, et ce dans le seul but de leur nuire. En plus d'être méprisables, les propos calomnieux de cette lettre enfreignent la loi et contribuent aux tensions sur l'île et à la diffusion de la haine, ce dont Mayotte n'a pas besoin.

Une plainte pour diffamation a été déposée contre ce collectif qui devra donc, si il est identifié, répondre de ses actes devant la justice. De plus, je ne suis pas prêt d’arrêter de publier des articles sur internet, de combattre toutes les formes de racisme, de dénoncer les dérives fascistes de notre société et encore moins d'enseigner. Ceux qui me disent « Mayotte tu l'aimes ou tu la quittes » n'ont pas compris que j'étais ici chez moi... comme diraient certains : NO PASARAN !

PAR DAMIEN GAUTREAU
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