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Assoumani Saandi revient sur le devant de la scène politique. Cette fois-ci, avec son propre mouvement « Badili ». Il le lance ce mercredi 12 avril à la grillade. 

Qu’est-ce que « Badili » propose au peuple comorien ? Comment compte-t-il s’y prendre face à un régime qui bâillonne ceux qui ne lui font pas allégeance ? 

Conseiller à l’assainissement puis en communication sous Azali I, Assoumani Saandi ne mouille plus son maillot pour Azali II. Bien au au contraire. Les idées qu’il promeut, sont loin d’épouser “la situation malsaine”, que traverse le pays actuellement.

Ce fonctionnaire des Nations unies compte imposer la méritocratie, aussi bien dans les sociétés d’Etat que dans les administrations publiques. 

Est-il besoin de rappeler que l’article 35 de la loi N°04-006/AU du 10 novembre 2004, portant statut général des fonctionnaires de l’union des Comores, exige que « les recrutements s’opèrent par voie de concours » ? 

L’homme qui veut incarner une alternative crédible a décidément du pain sur la planche. Il annonce son intention de combattre contre l’impunité. « Certains ne peuvent pas s’enrichir sur le dos du peuple sans poursuite possible. Les mauvaises habitudes qui s’enracinent dans nos esprits doivent disparaître », a-t-il affirmé.

Encore faut-il préciser qu’étant un mouvement politique, contre les pratiques du régime, « Badili » risque de se heurter au refus des autorités par rapport à l’organisation d’un quelconque rassemblement. « S’exprimer est un droit fondamental », affirme le leader de Badili. Comme tant d’autres. Et par les temps qui courent, ça compte peu.

S’il affirme que la position du gouvernement sur la question de Mayotte est salutaire, il dénonce, toutefois, une « récupération politique ». « Cette question est trop politisée, alors que cela concerne toute la nation. L’opposition, la société civile, tous les comoriens doivent être impliqués. Et sur ce côté, je crois que le gouvernement a raté une très grande occasion. Mais ceci est la conséquence logique du climat délétère que les autorités ont installé dans le pays », regrette-t-il.

Le verdict est aussi sans appel, au sujet de la décision présidentielle.

« Que le président décide de vider la cour constitutionnelle de ses compétences, c’est contre toute attente. Ce n’est pas dans ses cordes constitutionnellement parlant. Si les institutions ne fonctionnement pas, il a le devoir de les remettre sur les rails. Maintenant, puisque il a pris cette décision ‘’provisoirement’’, je crois qu’il réhabilitera, le plus vite possible, la Cour en se conformant à la Constitution ». 

Assoumani Saandi rappelle à l’occasion que l’orgueil n’a jamais donné une suite heureuse. Il cite l’exemple de l’ancien régime battu à plate couture aux dernières élections « malgré les liasses de billets dont il disposait ». « Cela doit servir de leçon, le comorien n’est pas dupe. Il a horreur de l’orgueil ».

TM
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