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Le bras de fer engagé entre les Comores et la France sur les expulsions de Comoriens à Mayotte, relance le débat au niveau international sur la souveraineté de l'île. Il met surtout à nu la politique coloniale de la France sur cette partie de l'Afrique et les violations répétées du droit international et des droits humanitaires par ce grand pays, qui aime à se présenter comme le premier partenaire des Comores.
Fahmi Said Ibrahim, ancien Ministre des Affaires Etrangères

Qu'on se le dise : les Comores ont agi de la manière la plus responsable, la moins lâche, en refusant d'accueillir des Comoriens expulsés de Mayotte, parce qu'ils ne présentent pas de titre de séjour devant l'agresseur occupant, tout désigné par l'Onu : la France.

C'est la politique du chiffre entretenue par la France qui a été mise en cause. Car à Paris, ce ne sont pas les morts qui dérangent vraiment, ce ne sont pas non plus les violations de la vingtaine de résolutions adoptées par l'assemblé générale des Nations qui demandent à la France de restituer l'île aux Comores qui gênent. Si c'était le cas, il y a longtemps que Mayotte aurait été restituée. En fait, c'est juste une question de politique intérieure française. C'est le fait que dans sa lutte contre l'immigration, les Comoriens refoulés de leur terre, sans baluchon, représentent plus de 80 % des expulsés de France.

Un chiffre qui conforte un électorat d'extrême-droite, toujours courtisé aussi bien par la Droite comme la Gauche dans ce pays Depuis que le ministre Fahmi a inspiré la mesure aux Comores, les pressions se font de plus en plus fortes pour faire céder un gouvernement intérimaire qui n'a justement pas les coudées assez franches pour agir. La France prend des mesures de restriction de visas et adopte des attitudes menaçantes dont la seule prétention est de soulever les Comoriens contre un gouvernement qui enfin agit simplement dans son droit sur la question.

Ce gouvernement peut comprendre qu'en portant le débat sur la question de Mayotte à Bruxelles, obtenant des journaux européens une place de choix dans le traitement de la question grâce à une seule conférence-diner organisée par le ministre comorien des Relations extérieures, les Comores, aux yeux de la France, sont entrées par effraction dans la cage. La France s'apprête à nous faire ressortir en nous humiliant davantage. Parce que sur la question, c'est la communication qui nous a fait jusqu'ici défaut.

Nous nous sommes laissés confinés dans des journaux comoriens qui n'atteignent guère un lectorat de 20.000 personnes, comoriens pour la plupart. Les blogs et les sites qui relaient la question sont maintenus en vase en clos. Ces derniers mois, la diplomatie comorienne, avec peu de moyens, perce dans les hautes sphères, jadis réservées aux Français pour déverser leur bile. L'actuel ministre donne au pays une dignité que ses prédécesseurs avaient inhumée.

La France ne peut avec un empressement qui a surpris le monde entier dépêcher des avions pour protéger une zone exclusive aérienne, bombarder la Libye pour protéger la population civile, en application d'une seule résolution de l'Onu et croire qu'elle peut impunément violer, en toute tranquillité, une vingtaine de résolutions sur la souveraineté des Comores, issues de la même organisation, qui lui sont de surcroit exclusivement destinées. La France agit dans un territoire duquel elle devait déguerpir depuis 36 ans. La France s'est rendue coupable de plus de 16.000 morts et déplacements forcés de populations.

Les Comores ne peuvent aujourd'hui revenir sur leurs décisions, qu'en obtenant, en contrepartie, la levée du visa Balladur, ou au minimum un calendrier connu des phases s'acheminant vers son retrait pur et simple. A défaut, ce gouvernement risque de porter un coup dur à la voix des Comores, en risquant surtout de confondre la diplomatie comorienne avec une supercherie permanente.

La France n'a plus à nous imposer ses postulats, parce qu'aucun Français n'est en danger dans notre pays. Les Comores sont une terre d'humanité, de solidarité, de droit. C'est leur partie occupée par la France, Mayotte, qui se transforme en camp et en une zone de non-droit à ciel ouvert. Il est temps pour la France de remballer à Mayotte ses fils barbelés, de lever les camps militaires, d'amarrer les bateaux rapides de la Police qui pourchassent en mer nos frêles kwasas et de laisser vivre les Comores unies dans la paix et la dignité.

Ahmed Ali Amir (Al-watwan) ---1er Avril 2011
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