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Hamada Madi, Secrétaire général de la Commission de l’océan Indien revient pour Chine-Magazine.Com sur la présence de la Chine dans l’Océan Indien. Comorien, originaire de la plus petite île de l’archipel des Comores, Mohéli, après des études juridiques et une spécialisation en droit international à l’université de Kiev, Hamada Madi est retourné dans son pays et s’est très vite lancé dans l’action publique.

« J’étais convaincu que les Comores, pays indépendant depuis 1975 seulement, avaient besoin de gens passionnés et formés pour assurer son développement et permettre la construction d’une authentique démocratie. J’ai eu l’honneur d’occuper très jeune de hautes fonctions dans l’appareil d’Etat, notamment comme directeur de cabinet de la présidence, ministre d’Etat chargé de la Défense et de l’Intérieur, Premier ministre et président durant la transition. 

J’ai aussi fondé la radiotélévision des Comores, ce qui se sait moins mais dont je suis très fier. En juillet 2016, j’ai été désigné comme Secrétaire général de la Commission de l’océan Indien. C’est une nouvelle étape qui m’amène cette fois-ci à servir tous nos pays de l’Indianocéanie dont j’ai la conviction qu’ils forment une communauté de destin capable de répondre collectivement aux défis majeurs de notre temps, notamment en matière de sécurité et de développement durable ». 

– Quel soutien la Chine apporte-t-elle aux pays membres de la COI, depuis qu’elle est devenue « pays observateur »au sein de la COI ? 

A l’évidence la République populaire de Chine voue un certain intérêt à notre organisation et ce depuis plusieurs années. C’est tout à fait logique d’ailleurs quand on sait que l’Etat chinois considère l’océan Indien comme une zone d’intérêt économique et commercial majeur pour ses intérêts. D’où son souci de bien comprendre les enjeux de la région pour adapter sa politique extérieure. La COI étant une organisation régionale de proximité, la seule en Afrique composée exclusivement d’îles, il me semble que la Chine nous considère donc comme un partenaire de dialogue naturel. C’est pourquoi Pékin, à travers sa représentation diplomatique à Maurice, apporte chaque année depuis 2012 un appui financier au renforcement des capacités du Secrétariat général. L’accession de la Chine au statut d’observateur auprès de la COI en 2016 est, j’en suis convaincu, de nature à resserrer les liens de ce grand pays avec notre organisation et avec notre région. La Chine a la capacité de devenir un contributeur significatif de l’aide au développement en finançant un projet régional dans un domaine d’intérêt commun. C’est un des axes de notre dialogue avec elle.

– La présence de la Chine dans l’océan Indien s’est accrue ces dernières années, faisant concurrence aux partenaires traditionnels dans la région, comme l’Inde et les Etats-Unis, que pensez-vous de la montée de la présence chinoise dans la zone océan indien ? 

Elle est naturelle ! La fin de la guerre froide s’est soldée par la fin de la bipolarité du monde. Et ce n’est pas une hégémonie qui a pris sa place mais bien une nouvelle configuration, totalement inédite, celle d’un monde multipolaire à mesure que de nouvelles puissances économiques et commerciales émergeaient. En Chine, cette émergence économique s’est accompagnée d’une volonté politique de peser sur le cours des relations internationales. L’adage est connu : les Etats n’ont pas d’amis, seulement des intérêts et ceux-ci sont largement guidés par la géographie et l’histoire. Or la présence chinoise dans l’océan Indien est un fait ancien. Ce à quoi nous assistons aujourd’hui dans notre région n’est finalement qu’un regain d’influence qui va bien sûr dans le sens des intérêts chinois mais aussi, me semble-t-il, de ceux de nos Etats membres.

Ceci étant dit, il reste sans doute à mieux connaître les ambitions du gouvernement chinois en matière d’aide au développement qui constitue aussi un axe important de toute politique étrangère et un pilier majeur d’influence pour toute grande puissance.

– Après Djibouti, la Chine pourrait se doter d’une seconde base navale au Pakistan, certains experts évoquent la construction d’un « collier de perles » par la Chine, créant ainsi une chaîne de bases navales dans l’océan Indien. Que pensez-vous de cette perspective militaire et peut-elle représenter une menace pour les pays membres de la COI ? 

Rappelez-vous que la Chine est l’un des cinq Etats membres du Conseil de sécurité de l’ONU ! A ce titre, elle est en quelque sorte l’un des garants de la sécurité et de la stabilité mondiale.

Pour ce qui concerne notre région, la zone de l’océan Indien occidental est traversée par des autoroutes maritimes majeures. C’est plus de 30% du trafic maritime marchand mondial et 50% du commerce d’hydrocarbures qui y transitent. Il y a ici des intérêts économiques, commerciaux et géopolitiques majeurs qui intéressent naturellement les Etats riverains de notre océan mais aussi de grands acteurs mondiaux comme la Chine, les Etats-Unis et la France.

Il ne faut pas oublier non plus que les enjeux de sécurité maritime sont importants dans notre espace océanique. La piraterie maritime a conduit à une mobilisation internationale parce que c’était le commerce international qui s’en trouvait affecté. La Chine a joué sa partition en déployant des moyens navals aux côtés d’autres puissances. La communauté internationale cherche donc à sécuriser ses intérêts et notamment son commerce extérieur. C’est ce raisonnement qui explique aussi la présence de la Chine au sein du Groupe de contact sur la piraterie au large des côtes somaliennes que préside la COI depuis janvier 2018.

Quant à la création de bases navales chinoises dans le Grand océan Indien, elle doit être vue comme l’expression d’une « realpolitik étrangère » qui s’inspire fortement de la théorie d’Alfred Mahan selon laquelle la puissance maritime est indispensable à l’émergence d’une authentique puissance. C’est d’autant plus vrai pour un Etat comme la Chine qui est aujourd’hui « l’usine du monde » et qui importe de façon massive les matières premières qui lui font défaut sur son sol. La soutenabilité de son modèle passe donc par la mer. De ce fait les bases chinoises sont des avant-postes nécessaires à la chaîne logistique de Pékin vers les voies de commerce et les zones d’opération.

– La stratégie du « collier de perles » dans l’océan Indien pour protéger leur « Route de la Soie maritime » peut-elle accroître le commerce entre la Chine et les pays de la COI ? 

Je l’espère. Cette nouvelle route de la Soie qu’a présenté publiquement le président Xi Jinping est une forme d’adaptation de son pays à la mondialisation des échanges. La Chine a un projet politique qui est de parvenir à maitriser les contours et les flux de la globalisation au lieu de la subir. C’est pour elle une priorité nationale.

Vu de notre fenêtre COI, il y a un intérêt de la part de nos Etats membres vis-à-vis de ce projet et plus largement vis-à-vis de la politique chinoise dans la région. Nous espérons fortement que cette nouvelle ceinture commerciale en gestation s’accompagnera de nouveaux axes de coopération dont nous pourrons aussi bénéficier. Par Chine Magazine
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