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Le travail soumis aux séances plénières relatif à l'axe 1 illustre si besoin était, la gravité des maux qui rongent le pays. Voilà des experts nationaux chargés de l'axe central "GOUVERNANCE POLITIQUE, CONSOLIDATION DE LA NATION ET EDIFICATION DE L’ETAT" d'assises nationales dont le pays attend un renouveau fondamental, qui caractérisent leur travail ainsi : "Cette étude ne saurait être tenue pour exhaustive et complète,…

La complexité du problème et la diversité des situations nationales ne permettent qu’une systématisation sommaire et forcement incomplète." N'est-ce pas se moquer de notre pays ? Comment pouvez-vous, avec toutes les compétences qu'on vous reconnaît, accepter d'assumer une telle responsabilité ? Une grande partie du diagnostic que le pays attendait concerne la place et le rôle de l'intelligentsia comorienne. Les intellectuels comoriens (dont je fais partie d'une certaine façon) s'illustrent par leur capitulation face au pouvoir de l'argent et de la notabilité, leur veulerie face à leurs intérêts mesquins, une certaine démission nationale. Votre étude en fournit un témoignage honteux et accablant.

Et effectivement, le travail que vous avez présenté est sommaire, absolument inacceptable dans le contexte des assises nationales.Vous vous êtes contentés de description plate, de survol des régimes qui se sont succédé, des institutions successifs. Vous avez énuméré des points forts et des points faibles sans analyser les dynamiques à la base des changements institutionnels. Vous n'avez pas analysé la mise en œuvre de ces institutions, l'absence flagrante de respect des lois fondamentales du pays. A vous suivre, on aurait tendance à penser que la faute se trouverait dans les institutions et pour finir vous avez présenté un plaidoyer contre la Tournante et proposé de la supprimer. Ce qui fournit de l'eau au moulin à ceux qui vous soupçonnent d'avoir agi sur commandes, par pur et vil opportunisme. 

Pourquoi avoir ignoré notre expérience ?

Vous avez fait débuter votre analyse à l'époque coloniale, à partir de 1946, l'autonomie interne. Pourquoi avoir ignoré la période pré coloniale ? Notre pays s'était doté d'une organisation avant sa colonisation. Il avait son Etat, bien sûr pas l'état moderne mais un Etat qui fonctionnait sur la base de structures, de règles, de valeurs, des lois qui punissaient les fautifs, etc. A l'époque le "grand mariage" jouait un rôle central dans l'organisation de la société et la promotion de notre culture. A l'époque le bien public n'était pas volé comme aujourd'hui, la dignité des notables était incontestable !

Vous glorifiez la période coloniale en affirmant que "les Comores ont connu une nette évolution des institutions politiques et administratives" Vous parlez même "d'acquis" de cette période que l'indépendance n'aurait pas permis de consolider ! Si la France nous a rattachés à Madagascar et nous en a détachés, elle a simplement tenu compte d'une réalité qui s'imposait à elle : l'unité de l'Archipel. L'Etat colonial a toujours été concentré dans les capitales, très éloigné des citoyens. Les gens vivaient dans leur village avec leur système et percevaient l'Etat colonial comme quelque chose d'extérieur dont on voudrait tirer parti.

Votre façon de poser la problématique est suspecte : "pourquoi, après 42 années d’indépendance, les Comores n’ont pas pu sortir du sous-développement, et pire encore, elles se sont embourbées dans des crises politico-institutionnelles quasi-permanentes ? Est-ce que la déclaration unilatérale de l’indépendance et, par conséquent, le retrait de l’aide technique de la France explique tous ces difficultés ?" En somme c'est l'indépendance unilatérale qui serait la cause fondamentale de la descente aux enfers du pays ! Inimaginable !

Pourquoi n'avoir pas consacré une partie de votre étude à la corruption, au clientélisme, etc.?

Pourquoi on vole l'argent de l'Etat sans sourciller ? Pourquoi on vole l'argent des villages ? Pourquoi on vole l'argent des mosquées ? Pourquoi le pillage des deniers publics est devenu un sport national avec primes à l'appui ? Pourquoi les communautés villageoises défendent-elles leurs voleurs ? Pourquoi le pays n'a pas encore réussi à mener une lutte contre la corruption malgré la "tolérance zéro", la commission contre la corruption ? Comment mesurer l'impact de la corruption dans l'édification de l'Etat comorien ? Pourquoi est-ce qu'on ne respecte pas les lois ? Pourquoi les présidents, voire même les gouverneurs se comportent-ils en sultan ?

Pourquoi n'avoir pas examiné largement certains obstacles à l'édification de l'Etat comorien ? 
Dans son livre à paraître, "une démocratie sans opinion" un jeune doctorant comorien, Mmadi Hassani, invite à "repenser notre société du point de vue de ce qu’elle a dans sa structure d’hostile à toute perspective de progrès " et il avait en vue le anda et son "cycle linéaire", qui fait primer les usages au détriment des rêves, qui soumet l'intelligence à la notabilité. Il soulevait aussi la problématique de la religion, islam religion d'Etat ou Etat laïque, les conflits qui surgissent et menacent la stabilité du pays.

L'expérience Ali Soilihi mérite une étude approfondie

Le premier coup d'Etat téléguidé par la France. L'inauguration de l'instabilité à coup de putsch. La réunion des conditions qui ont permis à Maore de prendre le large. Coup de massue sur la tête du bébé Etat comorien.

Mais aussi et peut être surtout tentative sans précédent de création d'un Etat comorien sur la base de nos réalités singulières, sans copier-coller des lois françaises, un Etat proche des citoyens via les muduria. Tentatives de rompre avec les principes féodaux, de bâtir une économie nationale répondant aux besoins des masses. Tentative d'édification nationale à travers la culture, la promotion de la langue, etc. Tentative de rupture avec la France et de défense des intérêts nationaux comoriens. Un Chef d'Etat, le seul jusqu'ici, qui avait une vision de son pays.

Une expérience rompue brutalement par le régime des mercenaires revenus au pouvoir en mai 1978. Ahmed Abdallah et les siens ont tout fait pour tout raser comme si la période révolutionnaire était une malheureuse parenthèse lugubre à vite oublié !

Une expérience originale dont il faut s'approprier et tirer tous les enseignements si on veut reconstruire un Etat comorien au service des Comoriens et une nation comorienne unie en rangs serrés pour lutter contre la pauvreté.

Idriss (0802/2018)
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