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Quand on parle d’ l’émergence, on pense souvent à l’économie, aux moyens les plus rapides et plus faciles pour s’enrichir. Or un développement durable passe au préalable par une main-d’œuvre qualifiée, sur la formation des élites dans tous les domaines, en un mot, sur une éducation de qualité visant entre autres, à mettre en place « conscience nationale ». Si le développement a besoin des ressources humaines bien formées en nombre suffisant, le problème des langues se pose avec plus d'acuité dans les domaines d'éducation et de formation. Ces deux principaux moyens d'ajustement des ressources humaines sont le monopole du français qui n'est pas la langue la plus utilisée par la majorité de la population. Devant un tel paradoxe, les exigences de développement n'attendront sans doute pas une diffusion plus grande du français. La langue comorienne est de plus en plus perçue comme de élément inhérent au développement du pays. Cependant, les modalités de mise à profit de cette langue restent à déterminer.

Etant donné que la langue est ainsi au cœur de tout développement et que les Comores sont un pays où coexistent plusieurs langues, des réflexions sur la gestion de ces dernières s’avèrent indispensable, d’où cette attention sur la politique et aménagement linguistique comorienne 

En ce qui nous concerne ici, la notion de politique linguistique doit être conçue comme étant l’ensemble de mesures prises par l’Etat sur l’utilisation des langues dans un pays. Tandis que l’aménagement implique généralement des décisions et il englobe aussi tous les choix relatifs aux domaines et aux modes d’intervention. Cette distinction entre politique linguistique et aménagement ou planification linguistique ne fait l’unanimité chez les théoriciens. Dans Office québécois de la langue française, on ne sépare pas la politique linguistique du ménagement linguistique :

« La notion de politique linguistique est la notion la plus large. Elle renvoie à toute forme de décision prise pour orienter et régler l'usage d'une ou de plusieurs langues. Elle englobe donc les notions d'aménagement et de législation linguistique. » 

Autrement dit, l’aménagement linguistique se trouve inclus dans politique linguistique. En conséquence, on ne peut parler d’un aménagement sans politique linguistique. Contrairement cette idée d’inclusion, Jean-Michel Eloy affirme que :

« Pour nous, parler de politique linguistique n’est pas parler d’aménagement linguistique, les deux notions sont loin d’être équivalentes. L’étude qui suit, portant sur le discours d’évaluation, viendra le confirmer. « La politique linguistique » est à nos yeux un chapitre de la science politique, « une politique linguistique » est une réalisation ou un programme politique identifiable, enfin « L’aménagement linguistique » est l’ensemble des actes et des discours de mise en œuvre d’une politique linguistique explicite, il s’apparente à une technologie. Le rapport de ces termes à l’étude du langage et des langues n’est bien sûr jamais simple et direct. »

Nous allons retenir cette dernière définition dans la mesure où elle va nous servir de mieux analyser notre sujet sur la politique linguistique des Comores qui est « une réalisation ou un programme politique identifiable ». Mais qui manque de cet « l’ensemble des actes et des discours de mise en œuvre d’une politique linguistique explicite » donc l’aménagement linguistique. En effet, l’Etat comorien reconnait trois langues officielles : le français, l’arabe et le shikomori. En dépit de ce politique linguistique qui reconnait trois langues officielles, nous observons une situation diglossique très remarquable.

« Bien qu'il existe trois langues officielles, elles ne sont pas égales entre elles: c'est d'abord le français, notamment à l'écrit, puis le comorien (à l'oral) et, loin derrière, l'arabe. »

La loi de 1985 reconnait deux langues officielles, (art. 2): «Les langues officielles sont le français et l'arabe.» Il fallait attendre le texte du 23 décembre 2001 pour ajouter le shikormori parmi les langues officielles. 

Au fil des années toutes lois régissant sur l’utilisation de ces langues dites officielles donnent primauté à la langue des colons. La langue française reste langue de l’administration, l’enseignement…

En conséquence, la plus part de la population trouve un grand intérêt d’apprendre la langue française tout en négligeant carrément leur langue maternelle. Dans les familles aisées, les parents ne s’expriment qu’en français devant leurs petits et ils envoient ces derniers dans des écoles où ne s’exprime qu’en français. Tout ceci pour leur offrir la meilleure chance de bien réussir leurs études. Car un apprenant qui ne parle pas les français, quel que soit son intelligence, il est toujours considéré faible ainsi il aura moins de chance de réussir.

Et ce qui en découle, aujourd’hui, dans presque tout l’archipel, on rencontre des jeunes nés aux Comores, scolarisés aux Comores et qui ne sont pas capables de prononcer un mot en shikomori. C’est le cas de la plus part des élèves de G.S. Adboulhamid, G.S. Mouigni Baraka (Moroni), G.S. Kibala, G.S Lumière (Mutsamudu) et cette liste n’est pas exhaustive.

Comme nous pouvons le constater dans cet article, on n’accorde pas d’importance à la langue nationale. Même si des lois sur l’utilisation de shikomori dans certains domaines ont été votées, mais elles ne sont pas décrétées, elles ne sont pas appliquées. Dans d’autres cas, des lois sur l’utilisation de la langue nationale sont votées et décrétées mais elles ne sont pas appliquées. Dans la mesure où les conditions nécessaires pour mettre en place la planification de cette politique ne sont pas réunies. Cela rejoint l’idée de Luis-Jean CALVET quand il définit la politique linguistique comme « l’’ensemble des choix conscients concernant les rapports entres langue(s) et vie sociale » et la planification linguistique comme étant la « mise en pratique concrète d’une politique linguistique. » et il ajoute que ces définitions 

« sont certes utiles […] Elles sont utiles parce qu’elles permettent de distinguer le champ des décideurs politiques, qui font des choix, et celui des techniciens, qui les appliquent. » 

En ce sens on ne peut qu’admettre que la politique linguistique des Comores n’est pas complète. En effet, elle manque «des techniciens » des agents du terrain, des sociolinguistes et des linguistes, des consultants pouvant mettre en place l’application les lois établies par les « décideurs politiques. »

Face à ce manque de considération de la langue nationale, une série de questions se pose. Partant du fait qu’une langue est véhicule une culture, peut-on parler de la conservation d’une culture comorienne tout en négligeant l’enseignement de la langue androgène ? Peut-on parler de l’hégémonie d’un sentiment nationale, de l’amour de la patrie, d’une « conscience nationale » dans une méconnaissance totale de l’histoire, des valeurs culturelles ? Peut-on parler d’un enseignement de qualité dans un état où l’on ne considère aucun aspect de la langue maternelle de l’apprenant ? Bref, une émergence est-il pensable sans l’unité du peuple ? 

Nos connaissances ne nous permettront pas de faire le tour de l’ensemble de l’interrogation. Nous nous contenterons donc de prendre position sur les apports de la valorisation de la langue nationale dans le développement du pays en mettant l’accent sur la langue de l’enseignement-apprentissage. Plusieurs réponses peuvent en découler. On entendrait souvent : « parce que nous cette langue est pauvre en vocabulaires », « nous devons utiliser le français parce que nous sommes francophones », « parce que le français est une langue d’ouverture internationale

LE SHIKOMORI NOTRE IDENTITE, NOTRE RICHESSE

Au moyen Age, en Europe, l’édification de la grammaire commençais proliférer quand ressenti le besoin « d’unifier des peuples dont les composantes régionales et féodales sont en guerre entre elles. » Plus tard, l’expression « une langue, un peuple, une nation » aidait à limiter les territoires nationaux et « se reconnaître comme appartenant à une collectivité unique, grâce au miroir d’une langue commune que chacun tendrait à l’autre, langue censée être la même pour tous et dont l’homogénéité serait le garant d’une identité collective. » 

Autrement dit, la langue était donc la carte d’identité nationale sans laquelle on peut reconnaitre appartenance sociale d’un individu. Cela nous rappelle « l’incident » de 1998 où wa-ndzuwani étaient chassés de Ngazidja. Et « wa-ngazidja » n’étaient pas capable de se distinguer de wa-ndzuwani puisque ces derniers n’avaient pas des étiquettes. Alors ont fait recours à la langue. Pour les reconnaitre, ils demandaient qu’on répète après eux certains mots et expressions. Ainsi, ils faisaient répéter, entre autres, le mot « ndimu » lequel wa-ndzuwani prononce « ndrimu ». Il convient de dire que l’utilité d’une langue ne se limite pas sur la simple fonction de communication mais elle a aussi cette fonction de carte d’identité nationale et sert aussi la création d’une « conscience nationale ». 

« La langue est nécessaire à la constitution d’une identité collective, qu’elle garantit la cohésion sociale d’une communauté, qu’elle en constitue d’autant plus le ciment qu’elle s’affiche. Elle est le lieu par excellence de l’intégration sociale, de l’acculturation linguistique, où se forge la symbolique identitaire. Il est également clair que la langue nous rend comptables du passé, crée une solidarité avec celui-ci, fait que notre identité est pétrie d’histoire et que, de ce fait, nous avons toujours quelque chose à voir avec notre propre filiation, aussi lointaine fût-elle »

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Nous retenons ici que la langue est un héritage commun véhiculant l’histoire ainsi que le mode de vie et la vision du monde d’une communauté. Noam Chomsky semble dire la même chose quand il considère la langue comme « une performance innée », « un patrimoine commun à une communauté linguistique. »

Si nous nous s’abstenons à cette idée de concevoir la langue comme étant le gardien de la culture, l’outil conservateur et créateur d’une identité nationale, de l’hégémonie d’un peuple, on pourrait alors admettre que sans la conservation, sans la promotion, sans la connaissance de shikomori donc de l’identité culturelle, il serait difficile, voire impossible de parler d’un sentiment national, de l’amour de la patrie aux Comores. 

« L'identité culturelle est une richesse stimulante qui accroît les possibilités d'épanouissement de l’espèce humaine en incitant chaque peuple, chaque groupe à se nourrir de son passé, à accueillir les apports extérieurs compatibles avec ses caractéristiques propres et à continuer ainsi le processus de sa propre création. »

Autrement dit, l’intolérance, le racisme, le sectarisme dont souffre le pays résultent de cette négligence de notre histoire, de notre patrimoine commun, de cette ignorance de nos valeurs culturelles. Ce qui nous mène directement à se demander cette question d’actualité. Pourrait-on espérer un développement d’un pays où règne l’esprit de parti, l’égocentrisme ? Le pays pourrait-il émerger avec cet esprit de sectarisme ?

LES PAYS EMERGENTS 

Dans ces dernières décennies, la notion des « économies émergentes » est l’un des thèmes les plus abordés dans le monde entier. En Union des Comores, la question de «l’émergence » se trouve au cœur de tout débat, que ça soit politique, social, religieux…elle est souvent sujette de moquerie. Cela en résulte sur le fait que le président de l’union des Comores, Al-Imam Azali Assoumani prévoit de mettre en place une politique capable d’amener le pays vers « l’émergence » d’ici à 2030. L’idée est mal reçue par l’ensemble de la population pour de raison : soit on l’a mal compris soit on l’a bien compris mais on n’y croit pas.

Soulignons qu’il n’existe pas une définition stable correspondant à cette notion de « pays émergents ». Chaque chercheur la définit selon son contexte. 

Selon l’encyclopédie en ligne, Wikipédia,

« Le concept de pays émergents né dans les années 1980 avec le développement démarchés boursiers dans les « pays en développement ». Le premier à utiliser le terme « émergent » est Antoine van Agtmael, économiste néerlandais à la Société financière internationale en 1981 pour parler de pays en développement offrant des opportunités pour les investisseurs ». 

Il est à noter aussi que ce ne sont pas tous les pays en développement qui sont considérés comme « pays émergents » mais juste un poigné de pays qui se distingue des autres. Sur ceux, on parle souvent des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Sud Afrique).

« L’émergence économique s’inscrit dans une logique d’ouverture économique vers çl’extérieur dans le cadre du libre-échange qui caractérise les échanges internationaux sous l’égide de la rationalité de la vision classique de l’économie internationale. »

Quels sont alors les critères d’un pays dit un émergent ? Les caractéristiques communes à tous les pays émergeant sont, entre autres, une imposante population des capacités technologies ; « la taille gigantesque de réservoir de main d’œuvre. » cela implique qu’un pays qui se veut d’être émergent doit au préalable chercher instruire sa population. Ce qui revient à l’idée de l’alphabétisation de la population donc de l’enseignement et que « L'homme est à l'origine du développement ». Cela dit, l’Etat comorien doit songer d’abord à l’alphabétisation de la pulpation qui est majoritairement analphabète. « L'alphabétisation est une condition indispensable du développement culturel des peuples. » Autrement dit, l’émergence du pays doit passer par la formation, l’éducation, l’enseignement de qualité. Sur ce principe, Ban Ki-moon, secrétaire général des nations unies précise que :

« L’éducation est un droit fondamental et le socle du progrès dans tous les pays. Les parents ont besoin d’informations en matière de santé et de nutrition pour offrir un bon départ à leurs enfants. Les pays prospères sont tributaires d’une main d’œuvre qualifiée et instruite. Les défis posés par l’éradication de la pauvreté, la lutte contre le changement climatique et la réalisation d’un développement réellement durable dans les décennies à venir nous obligent à travailler la main dans la main. Grâce aux partenariats, au leadership et à des investissements judicieux dans l’éducation, nous pouvons transformer les vies des individus, les économies nationales et le monde dans lequel nous vivons. »

Retenons que pour un développement durable, la formation de la population concerne toutes les tranches d’âges. Dans la mesure où il ne s’agit pas seulement former les jeunes d’une façon à développer la force d’entreprendre mais il s’agit d’instruire les encadreurs de ces jeunes. 

Si l’émergence des Comores dépendra de la qualité de l’enseignement, on doit alors s’interroger sur le comment arriver à un enseignement de qualité. 

Soulignons ici que les études menées sur le niveau de l’enseignement en 2006 par PASSEC montrent que le 60% des enseignants de primaire et de secondaire n’ont pas atteint les niveaux A2 en français. Et ce non maitrise de la langue de scolarisation constitue un handicap sur l’ensemble de l’enseignement. En effet, Cela fait que le niveau des élèves baisse de moins en moins. Et l’insécurité linguistique touche non seulement les enfants mais aussi les étudiants ainsi que les enseignants.

POURQUOI ENCORE LE FRANÇAIS ?

Plusieurs réponses peuvent en découler. On entendrait souvent : « parce que nous notre langue est pauvre en vocabulaires », « nous devons utiliser le français parce que nous sommes francophones »,« parce que le français est une langue d’ouverture internationale…

Après les indépendances des années 60, des pays africains ont hérité les politiques linguistiques coloniales qui consistaient à utiliser les langues occidentales comme langues d’enseignement. Dès lors, la question des langues d’enseignement s’est posée dès les indépendances, et même avant dans des cercles d’intellectuels dénonçant un enseignement qui symbolisait la domination coloniale. En effet, avant les indépendances, des intellectuels africains luttaient pour avoir des méthodes et des programmes scolaires proprement africains mimant les réalités du continent ou encore des programmes conçus par des africains, adaptés aux réalités de des chaque recoins du continent comme le suggère Senghor dans ce témoignage :

« Je ne m’étendrai pas longtemps sur les manuels scolaires ; je ne m’attarderai pas à démontrer qu’ils doivent répondre notre principe du bicéphalisme comme à la diversité des milieux. Il serait facile de prouver, des instituteurs de village me l’ont prouvé, que le fameux Mamadou-Bineta fait merveille en brousse. Mais il n’est pas fait pour des élevés de Dakar : il ne leur parle pas de mille choses familières aux citadins ; je rêve d’un manuel pour chaque école et même, songeant au Télémaque, d’un manuel pour chaque élève. J’attends, je rêve plus, le Mamadou-Bineta du citoyen, et ce livre du cours moyen qui groupera les meilleurs pages d’écrivains coloniaux noirs […] les uns éclairant et complétant les autres » 

Ce témoignage de Léopold Sédar Senghor, traduit une volonté de concevoir des manuels scolaires qui miment à la fois les spécifiés de chaque région et les diversités culturelles africaines. De ce fait, le leadeur sénégalais, met en cause la fameuse méthode Mamadou-Bineta qui est la deuxième méthode française pour des élèves Africains. Le célèbre Mamadou-Bineta d’André Davesne publié aux éditions Istra, 1930, était utilisé dans toutes les colonies françaises durant plusieurs années. Cette méthode unique pour tout l’Afrique a contribué à mettre fin l’utilisation des langues nationales dans les colonies noire-africaines françaises. C’est pourquoi Senghor comme d’autres leadeurs exprimait cette volonté d’élaboration d’une méthode africaine conçue par des chercheurs africains capables d’y intégrer les réalités de chaque région.

Au lendemain des indépendances, d’autres leadeurs nationalistes africains ont repris la lutte. Sur ceux, J.-P. Makouta-Mboukou (1973) est consacrée à ce problème et s’est longuement interrogé sur cette question : « faut-il continuer à enseigner la langue française au détriment des langues nationales ?» Substituer totalement la langue française par une ou des langues africaines dans l’enseignement des pays d’Afrique noire reste encore un grand défi à relever. Car non seulement la plus part de ces pays ont plusieurs langues endogènes mais celles-ci ont une pauvreté du vocabulaire scientifique

Toutefois, par l’appui de la CONFEMEN et l’initiative de l’ELAN (l’école et langues en Afrique), en Afrique noir francophone quand on introduit la langue maternelle des apprenants comme langue d’enseignement et matière, le français sera introduit comme matière progressivement jusqu’à prendre complétement le relai de la LM à partir de 4e année du primaire. Parmi ces pays qui ont bénéficié l’initiative de l’ENA, nous pouvons citer Cameroun, RD Congo, Mali, Niger, Sénégalo, Benin Burkina, Burundi. Cette initiative a contribué à rehausser le niveau de l’enseignement dans ces pays. 

Par contre dans d’autres pays dont les Comores, La gestion des langues demeure telle qu'elle a été définie et organisée par l'administration coloniale. 

Il convient d’admettre alors que si, comme le montrent nos explications, le facteur de langue constitue un obstacle important pour l'éducation donc pour le développement des Comores, pourquoi ne pas remettre en cause la politique linguistique dans le système éducatif ? Si les études montrent que « la scolarisation en langue nationale est parmi les principaux facteurs d’amélioration de la qualité et de la pertinence de l’apprentissage », pourquoi ne pas tout simplement donner au shikomori une place dans l’enseignement apprentissage?

ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE ET SHIKOMORI

L’argument le plus courant contre l’introduction de shikomori dans l’enseignement apprentissage porte sur la pauvreté en vocabulaire scientifique de cette langue.

La langue comorienne est « une langue apparentée au swahili de la famille bantoue. Le comorien appartient à la sous-famille du bantou oriental, lequel comprend également le swahili. Quelque 33 % de son vocabulaire est issu de l'arabe.» Cette appartenance au swahili facile les recherches et les études syntaxiques et morphologiques de la langue comorienne. Par conséquent, des chercheurs comoriens comme Mohamed Ahmed-Chamanga et Moinaecha Yahaya ont réalisé plusieurs travaux avancés sur le shikomori. Il s’agit des dictionnaires, des ouvrages sur la structure, la morphologie… Citons aussi les projets de thèse en cours sur le shikomori et la prolifération d’une littérature d’expression comorienne qui ne cesse de s’accroitre. En un mot, le shikomori est une langue à part entière ayant le gabarit d’être enseignée ou être une langue d’enseignement. 

L’UNESCO présume que :

« Une langue méconnue de l’école peut ou doit figurer en tant que matière dans les programmes scolaires, mais ne devrait pas être l’unique moyen d’accès aux matières éduquées » 

Si nous abstenons aux résultats des enquêtes menées en 2013 sur le nombre des utilisateurs du français dans le pays révélant que seul 22% de la population est francophone, nous conclurions qu’aux Comores, la « langue méconnu de l’école » (le français) demeure le « moyen d’accès aux matières éduquées ». Tout comme l’enfant s’est socialisé dans sa famille, il va se socialiser à l’école et la langue va constituer un élément essentiel de ce processus de socialisation. Pourtant dans le cas des enfants comoriens, le processus de socialisation est marqué par une rupture linguistique non négligeable : la langue de l’école n’est pas celle de la maison, la langue de l’école est la « langue méconnue » des apprenants. Admettons que ces enfants auront plus de chance de réussir si la langue de début de leur scolarisation était la langue utilisée à la maison. Selon l’UNECO, « L’utilisation de la langue maternelle de l’école en tant que moyen d’enseignement au primaire est une condition nécessaire à l’égalité de chemin de réussite. »

Force est de comprendre que quand on maitrise bien sa langue maternelle, sa culture, cela facilite l’acquisition d’une langue.

Il ne s’agit pas de remplacer le français par le shikomori, mais de faire en sorte que ces deux langues aient un rapport de complémentarité, que l’une intervient là où l’autre ne peut parvenir. En outre, la scolarisation dans les classes d’initiation peut se faire exclusivement en shikomori et en enseigner le français en tant que langue étrangère. Puis après, le moment où les apprenants se familiarisent bien voire comprennent mieux le française, alors la fonction peut être renversée. C’est-à-dire le français devient langue d’enseignement et enseigner le shikomori comme une matière. Par Anil Benjamin
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