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Il suffit de lire les faits divers dans les journaux locaux pour réaliser l’ampleur du désastre. Pas une semaine ne passe sans que la presse malgache relate des actes de banditisme: attaques à main armée, kidnapping, vols de bovidés... Certains touristes victimes d’agressions en ont gardé un mauvais souvenir. Madagascar serait-elle en passe de devenir un Far West?
Vue générale d'Antananarivo. La capitale malgache compte aujourd'hui plus de 2,6 millions d'habitants dont la grande majorité se concentre dans des bidonvilles qui l'entourent.© Photo Reuters/Thomas Mukoya
Malgré les appels de détresse de la population, les autorités n’arrivent pas à enrayer le phénomène de l’insécurité, écrivait Madagascar Matin à la veille des fêtes du Nouvel an. Alors que les bandits semaient la terreur dans plusieurs régions du pays.

«Les bandits seraient en possession d’armes encore plus performantes que celles de la police», rapporte l’Express de Madagascar.

Les actes de banditisme se sont amplifiés en 2017, y compris dans la capitale et ses environs. Les brigands n’hésitent pas à tuer leurs victimes après les avoir dépouillées de leurs biens. Ils n’ont plus peur des policiers et cherchent même à les narguer, déplore la presse malgache.

«Surtout ne pas leur opposer la moindre résistance»

Luc Raoeliariseheno est directeur de publication du groupe MATV (Madagascar Télévision). Pour lui, la montée en puissance de l’insécurité est l’une des conséquences de la pauvreté qui frappe la Grande île et particulièrement les jeunes, abandonnés à leur sort.

«On peut tuer pour très peu, pour quelques euros. Ce sont parfois de jeunes enfants qui ont quitté très tôt l’école ou qui ne l’ont jamais fréquentée. Des jeunes qui sont aveuglés par tout ce qu’ils voient autour d’eux dans la capitale: belles voitures, belles maisons. Ils ont même créé des gangs dans le nord de Madagascar où ils sévissent en bandes organisées. Et gare à celui qui se retrouve sur leur chemin. Il ne faut surtout pas leur opposer la moindre résistance», explique-t-il à Géopolis Afrique.

«On risque sa vie à tout moment»

Les mises en garde abondent sur les réseaux sociaux à l’intention des touristes tentés par cette destination qui fut longtemps considérée comme un petit paradis

«J’ai roulé ma bosse aux quatre coins du monde. J’ai l’habitude de me fondre dans le paysage et de communiquer avec les locaux. Mais là, c’est vraiment le pays dans lequel je me suis senti le plus mal. Tout est corrompu», avertit un touriste effrayé par le degré d’insécurité qu’il a découvert dans la Grande île qui serait devenue un pays où «la mort guette» l’imprudent visiteur.

«On risque sa vie à tout moment», écrit un internaute qui y a séjourné en 2017. «Sur les routes, on se fait braquer. Dans les villes, on se fait détrousser et agresser même de jour. Sur les plages isolées, on risque de se faire matraquer à coups de gourdins», affirme-t-il.

Des propos «alarmistes» que refuse de cautionner Luc Raoel, le directeur de publication du groupe MATV.

«Ce sont des cas isolés qui sont médiatisés et donnent une très mauvaise image au pays. Certains touristes imprudents se rendent dans des zones considérées comme rouges. C’est le cas de deux étudiantes suisses qui ont été hébergées l’année dernière par une famille paysanne dans un village isolé du centre-ouest. Le village a été attaqué par les voleurs de zébus et l’une des deux filles a été malheureusement violée par les malfaiteurs. Il s'agit de personnes qui se retrouvent au mauvais endroit et au mauvais moment».
Des zébus de Madagascar, symboles de richesse. Ils sont particulièrement recherchés par les voleurs de bovidés appelés «dahalos» qui écument le sud du pays. © Photo AFP/Guiziou Franck

Des gendarmes pris en otages par des voleurs de zébus

Si les actes de banditisme restent préoccupants dans les grandes villes, c’est surtout le monde rural qui en est la principale victime. Dans le sud et le sud-ouest de l’île, les voleurs de zébus, communément appelés «dahalos», font des ravages. Ils n’hésitent pas à prendre des gendarmes en otage. Dans certaines localités, les bovins ont totalement disparu, explique Luc Raoel à Géopolis Afrique.

«Ils ont des indicateurs dans chaque village. Ils attaquent par surprise des cibles bien identifiées au préalable. Ils sont généralement armés et arrivent en tirant des coups de feu en l’air. Face à des villageois apeurés, ils s’emparent de leurs biens avant de lever le camp.»

L’industrie florissante du kidnapping

Dans la Grande île, les enlèvements contre demande de rançon sont devenus monnaie courante. En 2017, la police a répertorié une trentaine de cas d’invasions de villages suivis de rapts sur la côte ouest de Madagascar.

«Les malfaiteurs attaquent pour s’emparer des bovins. Et quand ils n’en trouvent pas, ils s’en prennent aux familles des paysans nantis qu’ils kidnappent et réclament des rançons pour les libérer. Quand les ravisseurs frappent dans la capitale, les rançons sont énormes. Elles peuvent s’élever jusqu’à 10 milliards de francs malgaches (plus de 50.000 euros). Les ravisseurs ciblent particulièrement les Indo-Pakistanais et les étrangers de nationalité française.»

En 2017, les dahalos ont commis une centaine d’enlèvements. Les autorités malgaches reconnaissent que l’insécurité reste l’ennemi public N°1 sur la Grande île. Cette année, c’est 30% du budget de l’Etat qui sera alloué à la lutte contre ce fléau, a annoncé le Premier ministre Olivier Mahafaly.

L’enjeu est de taille. Il s’agit de rassurer une population en détresse, mais aussi de protéger l’industrie du tourisme dont le pays a grandement besoin. Par Martin Mateso ©Geopolis.francetvinfo.fr
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