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Déclaration du Comité d’Ouzioini pour les Assises
Notre défi national

Les Assises nationales, avec tous les défauts et risques de manipulations qui subsistent encore, pourraient être un premier pas vers un retour national à la chose publique. En ce sens, le Président de la République ne s’est pas trompé, car elles pourraient représenter la première pierre du renouveau des Comores. Mais si l’organisation des Assises est une nécessité, cela est loin d’être suffisant. En effet, l’absence de propositions claires, d’une vision idéologique et d’une analyse politique de la part des partis politiques dits officiels, pour servir de base de réflexion et de discussion, est soit une erreur politique soit une stratégie de sabotage à peine dissimulée. 

En conséquence de quoi, les Assises risquent d’être un simulacre de plus, tout simplement parce que les acteurs politiques nationaux et internationaux (partis, décideurs politique et économiques, acteurs de la société civiles, etc.), ne prennent, ni la politique comorienne, ni les motivations du président Azali au sérieux. Et ils ont tort, car de son côté, le Prédisent de la République les considère avec le sérieux nécessaire. En effet, à défaut de pouvoir en faire la pierre fondatrice du renouveau des Comores, ces Assises peuvent tout au moins nous permettre de nous retrouver dans l’espace public pour débattre des véritables enjeux de notre société afin de construire un projet commun : rien que cela, ce sera un grandpas pour émerger de la grande nuit du sous-développement. 

Cependant, pour mener cette lutte, il faut abandonner les vieilles chimères politiques et œillères idéologiques. Nous devons accepter que la défense du peuple ne soit pas uniquement une question de lutte de classe ; et qu’il ne s’agit certainement pas de l’opposition d’une catégorie sociale,ethnique ou insulaire contre une autre. 

Depuis la fin de la colonisation, tous ce que la génération politique de l’après indépendance a réussi à construire de manière profonde c’est le désespoir national, la méfiance collective et un désintérêt de la chose public, au final la mort de l’intérêt général. La dure réalité est que depuis l’indépendance, les acteurs politiques comoriens ont délaissé le peuple dans l’idéologie ou dans la pratique. Et cette tendance a créé une fracture entre les politiques et le peuple, entre le peuple et la politique, enfin entre le citoyen et l’Etat.
Au début, avec le sursaut des décolonisations, les pères de l’indépendance obtiennent le soutien du peuple par la création de l’image d’une France qui contrôle tout aux dépends des Comoriens, peuple et politiques. 

Ensuite, la fracture advient lorsque le peuple prend conscience qu’il est vrai que la France contrôle tout à sa guise, mais cela se fait surtout avec l’aide de nos politiciens nationaux. Ceci est d’autant plus tragique pour le peuple que du point de vue purement politique, il a conscience que les Comoriens sont les seuls vrais coupables de cette situation. Paradoxalement, la France est responsable, mais cela ne fait pas automatiquement d’elle une coupable politique : aussi difficile que ce soit pour les Comoriens de l’admettre, la France fait ce que font et feront toutes les puissances étatiques, ce que les Comores feraient s’ils étaient à sa place. 

La lutte du peuple pour le peuple Comorien c’est surtout et avant tout la lutte d’une société dans sa diversité et pour la sauvegarde et la construction d’une société riche de sa diversité sociale. 

Pour l’authenticité de cette lutte, nous ne devrons jamais oublier que notre modèle de société et notre modèle de gouvernement ne peuvent et ne doivent pas être de simples pâles copies d’une bourgeoisie occidentale qui n’en finit plus de montrer ses limites aujourd’hui indépassable sans changement de modèle ; ni une triste copie d’une bourgeoisie arabo-islamique dont la religion qui est sensée nous rapprocher n’est plus qu’un prétexte pour cimenter leurs intérêts de classe avec le sang et la misère des peuples en guise de mortiers .

Par voie de conséquence, la reconstruction nationale doit puiser ses fondements dans la réalité sociale vécue par les Comoriens. 

Le premier point essentiel de cette réalité, est que la Nation comorienne est divisée entre plusieurs sociétés qui elles-mêmes sont divisées en plusieurs conceptions du monde, qui cohabitent certaines fois dans une indifférence dysfonctionnelle. Les Comores, c’est une superposition de langues, de cultures, de traditions, de croyances, d’origines et de modes de gouvernement. A l’intérieur de chaque domaine existe inéluctablement une élite, et pourtant, aucun des domaines n’a réellement pensée ses conditions d’existence et son rapport aux autres domaines. Alors qu’au quotidien, la vie sociale du Comorien se déroule grâce à la collaboration de toutes ces superpositions qui produisent une manière originale de gérer le vivre ensemble.

En définitive, l’échec historique de la génération d’élite nationale de l’après indépendance, qu’elle soit intellectuelle, politique, religieuse ou sociale, est de ne pas avoir pensé ou conceptualisé les relations que nous établissonsquotidiennement entre toutes ces entités superposées puisque c’est dans ces relations que réside notre originalité en tant que peuple. 

En effet, bien que la société comorienne soit une société de superposition territoriale, culturelle, traditionnelle et même dans les formes de gouvernement du vivre ensemble, la présence de cette multitude de superpositions n’empêche pas l’émergence profonde et claire d’un sentiment d’appartenance à une unité : nous sommes tous Comoriens. Nous posons sur l’univers dans lequel nous évoluons un regard singulier dont l’originalité tient à cette existence concomitante de ces superpositions fruits de notre histoire individuelle, territoriale, sociale et nationale. 

Le comité d’Ouzioini pour les Assises nationales espère que la nouvelle génération pourra, avec l’aide du nouveau Président, surmonter le défi d’imaginer et de réaliser les Comores de demain. Cependant, nous devons avoir conscience que cette création ne sera possible que si l’ensemble de la population prend ce chantier à cœur et en main. Pour ce faire, nous devons rétablir la confiance en luttant avec le peuple pour les Comores.

Ainsi, le défi que les Comores d’aujourd’hui doivent relever, pour demain sortir de la grande nuit du sous-développement, est à la fois politique et social. Nous devons construire une démocratie politique qui prenne en compte nos particularités et une démocratie sociale puisée dans nos valeurs profondes pour venir compléter et renforcer cette démocratie politique. 

Assad MOHAMED
Pour le comité d’Ouzioini pour les Assises
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