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Près de 40 000 personnes exilées mortes en Méditerranée : un crime contre l’humanité 

Le CADTM rappelle qu’au cours de ces dernières années, 40.000 personnes sont mortes en tentant de traverser la Méditerranée. C’est une conséquence de la décision de l’Union européenne de fermer ses frontières. D’où l’accusation de crime contre l’humanité. Ce drame renvoie à celui qui se déroule entre Anjouan et Mayotte depuis que le gouvernement français a instauré l’obligation d’un visa pour que les ressortissants de l’Union des Comores puissent se rendre à Mayotte.
Chacune de ces morts est un drame intolérable.
Mais plus intolérable encore sont les morts dont on ne veut pas parler.
La partie de l’océan Indien séparant la Grande-Comore, Anjouan et Mohéli de Mayotte est devenu un cimetière marin pour des centaines et des centaines de Comoriens. Un cimetière dont aucun gouvernant français ne veut entendre parler.

Les victimes des naufrages de kwassas le sont cinq fois. 

1 - Victimes, lorsque N.Sarkozy, ministre de l’intérieur d’Édouard Balladur, a institué le ’visa Balladur’. Dans les faits, ce ’visa’ n’est rien d’autre qu’une interdiction pour les Comoriens d’accéder à leur famille Mahoraise [1]. Jusque-là, les Comoriens pouvaient se rendre à Mayotte — pour des raisons familiales ou pour des soins — et revenir dans leur île à bord de transports sûrs. 

2 - Victimes, lorsqu’après avoir été rançonnées par les trafiquants-passeurs, gangsters créés par l’interdiction Sarkozy-Balladur, elles périssent noyées lors du naufrage de leur frêle esquif. 

3 - Victimes lorsque leur mort est méprisée de tous, cachée, tue, étouffée pour que la République si solidaire et fraternelle — en paroles — ne soit pas publiquement confrontée au déshonneur et à la honte de ces milliers de morts provoquées. 

4 - Victimes également lorsqu’ayant survécu aux dangers de ces traversées de la mort, les abris de fortune que les survivants érigent pour s’abriter sont détruits et leurs occupants agressés du fait d’excitations à la haine proférées en toute impunité par des responsables au nombre desquels a figuré un préfet. 

5 - Victimes enfin, morts ou vivants, tous les Comoriens amputés d’une de leur île [2] et ostracisés par tous les gouvernements qui se sont succédés en France depuis 1974 [3]. 

Jean

Extraits de l’article du CADTM

Désormais les chiffres sont connus ; ils sont régulièrement publiés dans les médias. Quelle que soit leur origine, pour les exilées et les exilés qui tentent le passage vers l’Europe, du détroit de Gibraltar à la Mer Égée en passant surtout par la Libye, la traversée de la Méditerranée est meurtrière : le passage clandestin sur les embarcations précaires, fournies à grand prix par des passeurs, a provoqué 3283 morts en 2014, 3785 en 2015, 5143 en 2016, 3116 en 2017 (sur un total cette dernière année de 5362 exilées et exilés décédés dans l’ensemble du monde : chiffres fournis par l’Organisation internationale pour les migrations – OIM).

En effet, depuis la signature des accords de Schengen (le 26 mars 1995) l’UE a assorti le principe de la libre circulation des personnes en son sein de l’interdiction d’entrée sur son territoire, de manière générale, à tout ressortissant extra-européen ne possédant pas un visa. En l’occurrence sont particulièrement visés les ressortissants de l’Afrique subsaharienne, les réfugiés d’Érythrée et du Soudan, sans compter les exilés des pays en situation de guerre au Proche- et au Moyen-Orient.

Ainsi donc les institutions européennes et, selon des modalités qui leur sont propres, les différents pays membres de l’UE en interdisent l’accès aux victimes de faits de guerre, de répressions politiques, de catastrophes écologiques et d’inégalités dans le dénuement entretenu par une mondialisation purement économique et néo-coloniale au profit des pays les plus riches. Cette politique de fermeture et de répression à l’égard de celles et ceux qu’on accuse d’ « immigration illégale » est consciemment organisée par la Commission européenne en collaboration avec les pays de l’UE. Les conséquences en sont connues : outre les violences subies sur leur chemin vers l’Europe et jusqu’en Europe même (répression policière, racket, coups et blessures, viols, enfermement dans des camps de rétention, voire réduction en esclavage), chaque année des milliers de migrants, hommes, femmes et enfants, trouvent la mort par naufrage en Méditerranée.

Les quarante milliers de disparitions et de morts entraînés par cette politique inscrivent sans doute ce chiffre sinistre dans la définition globale (et non juridique) que l’on a pu donner d’un crime contre l’humanité : soit « la violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d’un individu ou d’un groupe d’individus inspirée par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux » ; et ceci par une action politique délibérée (Feldman 2003).

Mais, du point de vue juridique, rappelons surtout qu’au-delà de la persécution d’un groupe ou du recours systématique à la disparition forcée, l’article 7 du « Statut de Rome » de la Cour pénale internationale (17.7.1998) désigne également comme crime contre l’humanité « les autres actes inhumains de caractère analogue (i. e. : meurtre, déportation, emprisonnement, réduction en esclavage, torture, persécution, etc.) causant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé physique ou mentale » ; et cela « lorsqu’il est commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque ».

[1] Depuis l’instauration du visa Balladur, les expulsions organisées depuis Mayotte représentent 35% du taux annuel de reconduites à la frontière.

[2] L’archipel des Comores a été admis comme Etat membre de l’ONU suite à deux résolutions : n° 376 du 17 octobre 1975 du Conseil de sécurité et n° 3385 (XXX) du 12 novembre 1975, de l’Assemblée générale. L’Assemblée générale de l’ONU a admis les Comores en soulignant « la nécessité de respecter l’unité et l’intégralité de l’archipel des Comores composé des îles d’Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Mohéli, comme le soulignent la résolution 3391 (XXIX) du 13 décembre 1974 et d’autres résolutions de l’assemblée générale ». La Constitution comorienne indique en son article 1 que les Comores regroupent les quatre îles, ce qui était le résultat du référendum de 1974 sur l’indépendance, organisé sous le contrôle de l’ONU, sur les quatre îles.

[3] Témoignages, à plusieurs reprises, a publié les tribunes du Pr. André ORAISON démontrant l’illégalité des actions de la France à l’encontre de l’ensemble Comorien et s’est aussi penché sur les possibles solutions permettant de sortir enfin de cet imbroglio aux meurtrières conséquences.
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